Difficultés d’approvisionnement pour les concessionnaires

Par Stéphanie MacFarlane
Difficultés d’approvisionnement pour les concessionnaires
Les concessionnaires sont aux prises avec des problèmes d'approvisionnement. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Long délai de livraison pour les véhicules neufs, peu de voitures d’occasion à vendre, des cours et des salles d’exposition à moitié vides, les concessionnaires automobiles du Haut-Richelieu n’échappent pas aux difficultés d’approvisionnement. La clientèle est toutefois au rendez-vous et les ventes sont excellentes.

Les trois concessionnaires automobiles de Saint-Jean-sur-Richelieu interviewés par Le Canada Français ont un inventaire actuellement composé de 10 % à 33 % de ce qu’ils ont habituellement.

Chez Coupal & Brassard Mitsubishi, l’inventaire compte normalement 60 véhicules. En ce moment, il n’y en a pas tout à fait 20. Chez Déry Toyota, des 125 voitures normalement disponibles à ce temps-ci de l’année, il n’y en a qu’une dizaine. Et du côté de Racine Chevrolet Buick GMC Corvette, les stocks sont généralement composés de 250 véhicules neufs et d’occasions. Ces temps-ci, environ 55 voitures composent l’inventaire, dont une quinzaine sont neuves.

Pénurie
Outre la forte demande, l’un des principaux problèmes est la pénurie de circuits intégrés qui affecte bon nombre d’industries. «La production n’a pas diminué tant que ça. Pour certains modèles qui nécessitent beaucoup de puces électroniques, la cadence a ralenti pour se concentrer sur des modèles qui en ont un peu moins», indique Yves Ladouceur, associé principal chez Coupal & Brassard.

La situation actuelle en Colombie-Britannique retarde aussi certaines livraisons, notamment parce que des voitures sont prises au port de Vancouver ou encore sur des navires. «On a plusieurs véhicules qui devaient arriver dans les prochains jours. On les attend maintenant à la fin du mois de décembre ou au début du mois de janvier», ajoute M. Ladouceur. Déry Toyota n’est pas affectée pour le moment par la situation météorologique de l’Ouest canadien, mais anticipe d’éventuelles répercussions. Les concessionnaires s’attendent à ce que les inventaires se regarnissent au printemps 2022.

Demande
La demande pour les véhicules neufs demeure forte. «Les gens achètent. On fait nos chiffres chaque mois», résume Serge Hébert, directeur des ventes chez Déry Toyota. «Les commandes qui s’en viennent sont déjà vendues», ajoute Florian Boire, propriétaire de Racine Chevrolet Buick GMC Corvette.

Les clients doivent toutefois être patients. Dans certains cas, l’attente est de quelques semaines. Dans d’autres, cela se compte en mois et ça peut même aller jusqu’à un an.

Des véhicules sont aussi parfois livrés avec des options manquantes qui ne mettent pas en péril la conduite et la sécurité. Par exemple, les sièges chauffants.

Les éléments chauffants sont mis en place, mais la puce électronique qui permet de les faire fonctionner est absente. Lorsque la pièce est disponible, le concessionnaire l’installe.

Changements
Cette situation qui sort de l’ordinaire apporte des changements dans les façons de faire. Les clients sont invités à prévoir leur achat plusieurs mois à l’avance. «Les gens qui veulent un véhicule ce printemps seraient mieux de penser à le commander pour être certains d’avoir ce qu’ils veulent», illustre M. Boire.

Une fois la voiture livrée, certains concessionnaires permettent à leurs clients de faire un essai routier avant d’en prendre possession. «Si une commande est annulée, la voiture est généralement revendue dans un délai de 48 à 72 heures», souligne Florian Boire.

Véhicules d’occasion
La situation vécue avec les automobiles neuves crée une rareté de véhicules usagés. «Notre meilleur approvisionnement de voitures d’occasion est l’échange avec les véhicules neufs, mais on ne fait pas d’échanges. Et dans les encans, les véhicules sont vendus aux États-Unis ou en Colombie-Britannique parce qu’ils se vendent plus cher qu’au Québec», explique François-Martin Déry, copropriétaire de Déry Toyota et Occasions Déry. «Habituellement, entre 50 et 70 % de notre approvisionnement en voitures d’occasion provient des échanges», ajoute M. Boire. «Notre inventaire de véhicules usagés a diminué de 25 %», poursuit M. Ladouceur.

Valeurs
Au Québec, les véhicules neufs ne peuvent se vendre plus cher que le prix demandé par le fournisseur. François-Martin Déry souligne qu’une voiture neuve est actuellement un meilleur achat qu’un véhicule d’occasion.

Ces derniers n’échappent pas à la loi de l’offre et de la demande. Certains, comme les camionnettes et les véhicules utilitaires sport, peuvent se vendre plus cher qu’un neuf. «Celui qui paie présentement pour une voiture d’occasion, c’est parce qu’il en a vraiment besoin. On rachète des véhicules à nos clients plus cher qu’on leur a vendus il y a six mois», expose Florian Boire.

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