Un travailleur social au service des entrepreneurs

Par Stéphanie MacFarlane
Un travailleur social au service des entrepreneurs
Michel Milot, directeur général de la Chambre de commerce et de l'industrie du Haut-Richelieu, et Louis Lemieux, député de Saint-Jean. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Un projet imaginé par le député de Saint-Jean, Louis Lemieux, pourrait faire des petits ailleurs au Québec. Voulant venir en aide aux entrepreneurs de la région, le politicien a trouvé ce qu’il croit être la solution pour les épauler: un programme de soutien psychologique. Un travailleur social, qui sera chapeauté par la Chambre de commerce et de l’industrie du Haut-Richelieu (CCIHR), ira à la rencontre des chefs d’entreprises de toutes tailles pour les écouter, mais aussi pour les guider vers les bonnes ressources.

L’idée a germé dans l’esprit de Louis Lemieux à force de recevoir des appels d’entrepreneurs découragés ou ne sachant pas vers quelles ressources se tourner pour obtenir de l’aide, notamment les programmes de soutien financier lié à la COVID-19. En plus des aides provinciales, Ottawa offre aussi du soutien. «Ça devient compliqué», convient Louis Lemieux, en entrevue avec Le Canada Français.

Après réflexion, une solution s’est imposée: offrir aux entrepreneurs un service de soutien à l’image d’un travailleur de rang qui aide les agriculteurs. «Ce sera un travailleur social qui va aller à la rencontre des entrepreneurs, qui va leur demander comment ils vont et qui va aborder les problèmes. Cette personne pourra les référencer vers les bons services et les bons programmes. Son aide va s’arrêter au moment où on s’assoit devant les livres de comptabilité. Ça vient répondre à un besoin que je sens dans la communauté», explique Louis Lemieux.

À travers cela, il souhaite que les entrepreneurs aient accès à un accompagnement et à de l’écoute de qualité. «Un travailleur social est quelqu’un qui est habitué de gérer les crises, les angoisses et les peurs», poursuit-il.

Chambre de commerce
Louis Lemieux a confié à la CCIHR la gestion du projet. Le directeur général, Michel Milot, félicite l’initiative qui s’inscrit dans la mission de la Chambre de commerce.

«On veut aider les entreprises, les guider, les rassurer et leur parler des programmes. Je dis souvent que l’entrepreneur est seul avec son conjoint et son banquier. Certains ont besoin d’une écoute, d’autres de conseils sur les programmes. C’est ce qu’on vise. Peut-être aussi que certains vont avoir besoin de conseils parce qu’ils ne seront plus capables de rouvrir et ne savent pas quoi faire. C’est fort possible», dit-il.

M. Milot souhaite amorcer le programme dans la troisième semaine de janvier. D’ici là, un travailleur social sera embauché. Le service sera offert gratuitement à tous les entrepreneurs du Haut-Richelieu et des Jardins-de-Napierville, qu’ils soient membres ou non de la CCIHR.

Financement
Le programme de soutien psychologique est financé à même le budget discrétionnaire de Louis Lemieux, de la députée de Huntingdon Claire IsaBelle et de certains ministres du gouvernement Legault.

Une somme de 50 000$ est actuellement disponible. Elle permettra d’offrir une aide pour une période allant de six à huit mois. La CCIHR a fait des demandes d’aides financières pour ce projet, mais elles ont été refusées.

«On va aller de l’avant pour montrer que le programme est viable et qu’il est nécessaire. On fera une deuxième demande pour essayer d’obtenir un peu d’aide financière quelques semaines après le début», mentionne M. Milot.

De son côté, Louis Lemieux continuera de solliciter ses collègues à l’Assemblée nationale pour obtenir des sommes supplémentaires afin de prolonger le programme pour s’arrimer avec la crise qui s’étire. «Ce n’est pas parce que le vaccin contre la COVID-19 arrive que tout se règle. C’est même au redémarrage que les choses se compliquent», enchaîne Louis Lemieux.

Il ajoute que son idée a enthousiasmé d’autres députés. Si bien que le projet du Haut-Richelieu pourrait être dupliqué ailleurs au Québec. «C’est toujours plaisant d’avoir des yeux qui regardent ce qu’on est capable de bâtir dans le Haut-Richelieu. Ça va nous faire plaisir de partager notre expérience avec les autres régions», conclut Michel Milot.

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