Les lingettes ne vont pas dans la toilette

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Par Gilles Berube
Les lingettes ne vont pas dans la toilette
Une pompe bloquée par des matières qui ne vont pas dans la cuvette de toilette. (Photo : Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu)

Les lingettes désinfectantes ne vont pas à la toilette. Pas plus que les masques protecteurs et les gants de nitrile ou de latex. Ces objets de protection jetables vont à la poubelle. Dans le réseau d’égouts, ils bloquent les pompes et nuisent au fonctionnement des équipements de traitement des eaux usées.

Ce n’est pas une nouveauté: les cuvettes de toilette ne sont pas des poubelles. Tous les ans, la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu mène une campagne auprès des citoyens pour les sensibiliser à ne pas tout jeter à la toilette. Dans le contexte actuel, l’utilisation de lingettes, de masque et de gants est en hausse importante. Des municipalités ont commencé à éprouver des problèmes de fonctionnement de leur réseau d’eau usée.

À Saint-Jean, la station d’épuration n’a pas connu ce genre de problème jusqu’à maintenant, indique Sébastien Marquis, chef de la Division assainissement. À l’entrée de l’usine, un système de dégrillage retient les matières solides grossières. Cependant, dans les postes de pompage, ces objets viennent obstruer les pompes et nuisent à leur fonctionnement. Ils peuvent même causer des pannes et le bris des équipements et entraîner des refoulements d’égout.

Le problème est plus aigu avec les lingettes. Plusieurs fabricants inscrivent sur leurs emballages que ces produits sont biodégradables et peuvent être jetés dans la cuvette de toilette. Il faut faire attention avec le terme biodégradable, observe M. Marquis. Bien des matières se dégradent naturellement (même le pétrole), mais le temps nécessaire au processus de décomposition peut être très long. «Ces mentions sur les emballages ne nous aident pas», ajoute notre interlocuteur.

Matériau

Notre interlocuteur ne sait pas de quel matériau sont faites les lingettes. Chose certaine, elles ne se dégradent pas en quelques heures. Une lingette jetée à la toilette se retrouve dans le réseau d’égout. En chemin, l’eau sera pompée vers l’usine d’épuration. Il est possible que la lingette soit aspirée sans problème par la pompe, mais elle peut aussi l’obstruer.

Si elle continue dans le réseau, elle sera retenue à l’étape du dégrillage, à la station d’épuration. Les résidus captés à l’étape du dégrillage sont expédiés à un lieu d’enfouissement. «Au final, ça revient à la même chose que de la jeter à la poubelle», souligne M. Marquis.

Les gants et les masques ne sont pas plus dégradables. Ils peuvent aussi obstruer les pompes. Cependant, il s’en jette moins dans les toilettes. Le contexte actuel est particulier, mais M. Marquis rappelle que la cuvette de toilette n’est pas une poubelle. On ne doit jamais y jeter des articles comme des cotons-tiges, des cheveux, des pansements adhésifs, des tampons et serviettes hygiéniques, des condoms et des mégots de cigarette. Même chose pour la gomme à mâcher, les résidus de table, les gras, huiles et graisses, la peinture et les solvants et les médicaments périmés.

 

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