Forte hausse des primes d’assurance auto et habitation

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Par Stéphanie MacFarlane
Forte hausse des primes d’assurance auto et habitation
Aussi bien vous faire à l’idée qu’il va vous en coûter plus cher pour assurer votre auto et votre maison cette année. Le coût des primes va bondir de 10 à 15%, voire 20% dans certains cas. (Photo : Deposit)

Une hausse salée vous attendait lors de votre renouvellement d’assurance habitation et automobile ? Sachez que les augmentations sont répandues à l’ensemble des assurances de dommages et le Haut-Richelieu n’y échappe pas. Les changements climatiques, les fréquents dégâts d’eau et l’abondance des technologies dans les véhicules expliquent cette flambée des prix.

En assurance automobile, la prime moyenne pour 2020 s’établira à 565 $, en hausse de 15 %, souligne Jean-François Bessette, courtier et président de Roméo Bessette & Fils. L’ensemble des technologies incluses ces dernières années dans les voitures, par exemple les aides à la conduite, les différents senseurs et les véhicules électriques, ont fait augmenter le montant de la réclamation moyenne de 40 % en un an, explique M. Bessette.

Jean-François Bessette

Ainsi, un simple miroir, qui auparavant pouvait coûter 250 $, peut maintenant nécessiter une réclamation de quelques milliers de dollars. « Avant, pour un pare-brise brisé, on pouvait dire à notre client de prendre une entente de paiement avec son réparateur plutôt que de réclamer à l’assureur. Maintenant, un pare-brise peut coûter plus de 1200 $ à remplacer en raison de la technologie. Ça change le tableau », ajoute Pierre Paré, courtier et président de Paré Assurances. « Ce n’est pas le nombre de réclamations qui a augmenté, c’est le coût. Et depuis deux ans, c’est catastrophique », poursuit M. Paré.

Habitation

En assurance habitation, la situation n’est guère mieux. Pierre Paré mentionne que les hausses de prime oscilleront entre 10 et 15 %. « L’augmentation de la fréquence de la réclamation est un point important », indique Jean-François Bessette. Les dégâts d’eau sont nombreux, notamment causés par les bris de toilette ou de chauffe-eau, ou encore les réfrigérateurs connectés à la plomberie. « La qualité des objets a diminué. Ils brisent plus souvent », mentionne M. Bessette.

Les incendies causent aussi davantage de dommages. L’augmentation du nombre de réclamations touche aussi les immeubles à logements. « Les propriétaires ne font pas autant de travaux qu’ils le devraient. Le parc immobilier est vieillissant et mal entretenu », ajoute M. Bessette.

Changements climatiques

Pierre Paré

Les changements climatiques ont également un rôle à jouer dans l’augmentation des primes. Jean-François Bessette illustre le tout par une image. « Le domaine de l’assurance, c’est comme une grosse chaudière dans laquelle tous les propriétaires contribuent. Ensuite, tout le monde paie pour les réclamations. » Et le monde des assurances est international.

« Au Canada, il y a une vingtaine d’assureurs qui contrôlent le marché. Ces compagnies sont assurées par des réassureurs qui sont encore plus gros et qui sont partout dans le monde. Quand il y a une catastrophe quelque part, on écope indirectement ici », souligne Pierre Paré. Ainsi, quand un sinistre survient, par exemple les feux de forêt en Australie ou encore une tornade à Gatineau, cela a une incidence sur les primes dans le Haut-Richelieu.

Selon le Bureau d’assurance du Canada (BAC), les conditions météorologiques extrêmes ont causé pour 1,3 G$ de dommages assurés au pays l’an dernier. « 2019 s’est classée au septième rang pour l’année des pertes assurées les plus élevées jamais enregistrées », écrit le BAC.

À elle seule, la tempête de vent et de pluie qui a forcé le report de l’Halloween a causé 250 M$ de dommages assurés dans l’est du Canada, dont 189 M$ au Québec.

Correction

Tant pour le marché de l’automobile que de l’habitation, les deux courtiers interrogés soulignent que le marché de l’assurance de dommages se corrige.

En assurance automobile, Jean-François Bessette souligne que la valeur moyenne des véhicules a augmenté, mais les primes sont restées stables depuis dix ans. « Tous les assureurs ont décidé d’augmenter en même temps. C’était quelque chose de prévisible. Il y a un rattrapage qui doit se faire », souffle-t-il.

 

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