Recensement 2016: Saint-Jean consacrée banlieue de Montréal

Photo de Gilles Berube
Par Gilles Berube
Recensement 2016: Saint-Jean consacrée banlieue de Montréal
(Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu est maintenant formellement considérée comme une banlieue de Montréal. Selon les données du recensement de 2016, le nombre de navetteurs qui vont et viennent de Montréal justifie d’intégrer Saint-Jean à la région de Montréal.

Statistique Canada établit une hiérarchie dans les territoires de recensement. Une «région métropolitaine de recensement» (RMR) doit compter une population d’au moins 100 000 habitants. Ce n’est généralement pas le territoire d’une seule municipalité. Il y a ensuite les agglomérations de recensement (AR), qui compte de 10 000  à 99 999 habitants.

Jusqu’en 2011, Saint-Jean-sur-Richelieu était une AR même avant la fusion municipale. L’agglomération de Saint-Jean était alors composée de subdivisions de recensement, celles de Saint-Jean, d’Iberville, de Saint-Luc et de Saint-Athanase. Avec plus de 95 000 habitants au dernier recensement. Saint-Jean était sur le point de devenir une RMR avec à  la clé une riche source de statistiques mensuelles. C’est finalement un autre concept statistique qui l’a rattrapée en l’intégrant à la RMR de Montréal.

Le rattachement d’un territoire à une RMR dépend de deux choses, explique Peter Murphy, chef Concepts et régions géographiques à Statistique Canada. D’une part, il faut que les territoires soient limitrophes. La ville de Saint-Jean-sur-Richelieu est la voisine immédiate de Saint-Philippe, La Prairie, Brossard, Carignan et Richelieu, toutes des municipalités faisant partie de la RMR de Montréal.

Navettage

Le deuxième critère est le navettage des travailleurs dans les deux sens. Il s’agit du nombre total de travailleurs de Saint-Jean qui occupent un emploi sur le territoire de la RMR de Montréal et de résidants de la RMR de Montréal qui viennent travailler à Saint-Jean. Lorsque ce total atteint 40% de la population active occupée de l’agglomération ou subdivision de recensement, celle-ci est intégrée à la RMR.

C’est sur la base du recensement de 2011 que Statistique Canada a décidé de rattacher Saint-Jean-sur-Richelieu à la région métropolitaine de Montréal. Selon M. Murphy, le navettage est révélateur de l’intégration économique d’un territoire. En 2011, 13 840 Johannais occupaient un emploi dans 26 municipalités de la région métropolitaine, principalement à Montréal, mais aussi à Longueuil et Brossard. En outre, 4225 citoyens provenant de 22 municipalités de la RMR de Montréal venaient travailler à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Au total, 18 065 personnes voyageaient quotidiennement entre les deux territoires pour se rendre au travail. En 2011, la population active occupée comptait 44 155 personnes à Saint-Jean-sur-Richelieu. Le nombre de navetteurs représentait 40,9% de la population active occupée. Le seuil de 40% venait d’être franchi.

Subdivision

Au recensement de 2016, Saint-Jean-sur-Richelieu a donc été considérée comme une subdivision de recensement de la RMR de Montréal, perdant du coup son statut d’AR. Une fois cette étape franchie, il n’y a plus de retour en arrière. Même en atteignant les 100 000 habitants, la ville restera une subdivision, au même titre que Laval ou Longueuil.

Au recensement de 2016, le portrait a légèrement changé, selon les données fournies par M. Murphy. Les entreprises de Saint-Jean occupaient 4825 travailleurs de la RMR de Montréal pendant que 13 580 citoyens de Saint-Jean se rendaient travailler dans la région métropolitaine. Au total, 18 405 personnes faisaient la navette entre les deux régions. Cependant, la population active de personnes occupées à Saint-Jean a significativement augmenté pour atteindre 47 715 travailleurs. Le ratio est tombé à 38,5%.

D’être maintenant formellement considéré comme une banlieue de Montréal ne causera pas vraiment de surprise. Peu probable que ça changera quelque chose dans l’immédiat. On peut cependant rappeler qu’au moment de créer la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), le gouvernement du Québec a calqué son territoire sur celui de la RMR de l’époque. Depuis, les limites du territoire de la CMM n’ont pas été revues même si des municipalités ont été ajoutées à la région de recensement.

Dans un rapport publié en 2014, la CMM ciblait Saint-Jean comme une bonne candidate pour intégrer son territoire.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
1 Commentaire
plus ancien
plus récent plus voté
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires
Rheault Gilles
Rheault Gilles
4 années

J’avais hâte au jour que Saint Jean ferait parlé de la région du grand Montréal.Dont Saint-Jean est désormais considéré faisant partie du Grand Montréal.Tres fier de savoir.