Les travaux de l’usine de compostage enfin lancés

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Par Valerie Legault
Les travaux de l’usine de compostage enfin lancés
(Photo : Gracieuseté)

Les premiers bâtiments de l’usine de compostage de Compo-Haut-Richelieu apparaîtront cet été dans le paysage du rang des Cinquante-Quatre. La zone tampon de l’ancien site d’enfouissement de Saint-Athanase a été déboisée cet hiver pour faire place à la plateforme d’une capacité de 50 000 tonnes par année. Le coût total du projet s’élève à près de 28 M$.

La pinède de 9,83 hectares qui servait d’écran au site d’enfouissement n’est plus. Compo-Haut-Richelieu avait besoin d’une aire libre de 7,43 hectares pour concrétiser son centre de compostage régional.

Une bande tampon de 15 mètres a été conservée sur trois des quatre côtés du lot. Le ministère de l’Environnement exige que soit gardée intacte une partie boisée de 86 mètres de profondeur au fond du terrain. Celle-ci doit servir de corridor faunique entre un boisé situé de l’autre côté du rang des Cinquante-Quatre et le Grand Bois, à Mont-Saint-Grégoire.

«Les pins de la zone tampon du site d’enfouissement arrivaient en fin de vie, affirme Louise Fecteau, directrice générale de Compo-Haut-Richelieu. L’ingénieur forestier et le biologiste à qui nous avons demandé un avis nous ont dit la même chose. De un, ils ont été plantés trop près les uns des autres. De deux, la terre argileuse dans laquelle ils poussent ne constitue pas un sol adéquat pour eux.»

Choix logique
Compo-Haut-Richelieu a fait l’acquisition du terrain visé pour son usine de compostage en 2016. «Beaucoup de gens pensaient que nous allions construire notre plateforme sur le site d’enfouissement. Ça aurait coûté une fortune en décontamination», indique Mme Fecteau.

Elle rappelle du même souffle que l’usine n’aurait pas pu être construite dans un parc industriel à Saint-Jean-sur-Richelieu. Son aménagement doit répondre à une longue liste de conditions. La plus importante concerne la distance séparatrice entre les résidences et les autres secteurs d’activités.

«Le Haut-Richelieu est zoné vert [agricole] mur à mur, dit-elle. Le seul terrain qui ne l’est pas est ici, sur le rang des Cinquante-Quatre.» Le fait de composter les matières organiques à côté d’un site d’enfouissement ne comprend pas que des inconvénients, au contraire. «Ça va nous permettre de faire le suivi des émanations. Nous allons le faire à partir d’un puits d’observation afin d’éviter que des biogaz se retrouvent dans nos installations. C’est une superposition parfaite des besoins pour le projet», fait-elle valoir.

50 000 tonnes
Le centre de compostage régional aura une capacité de 50 000 tonnes de matières organiques par année. Compo-Haut-Richelieu estime que de 25 000 à 27 000 tonnes proviendront de la MRC du Haut-Richelieu. Le reste sera acheminé à partir des MRC voisines, comme celles de Rouville et Roussillon.

Les matières organiques constituent presque la moitié de nos déchets. Selon Recyc-Québec, il faut calculer 149 kilos de matières organiques générées par personne par année. Cela représente 47% de l’ensemble de nos poubelles. Les matières recyclables comptent pour 37% et les autres déchets, seulement 16%.

Ouverture
La construction de l’usine débutera cet été. L’arrivée des équipements est prévue à l’automne. La livraison de la plateforme de compostage aura lieu au premier trimestre de 2022. Compo-Haut-Richelieu y traitera ses premières matières organiques vers le mois de mai ou juin 2022.

D’ici là, la quasi-totalité des matières collectées dans la MRC est acheminée jusqu’à une plateforme de compostage à Moose Creek, en Ontario. Pourquoi Compo-Haut-Richelieu préfère-t-il envoyer ses matières organiques à 180 kilomètres d’ici au lieu d’attendre que sa propre usine soit prête?

«Ça fait cinq ans qu’on se fait demander quand le compostage va commencer, répond Louise Fecteau. Le <@Ri>timing<@$p> parfait n’existe pas. Il faut un an et demi pour planifier les collectes. Quand la fin approche, il faut aller de l’avant.»

Arbres récupérés
Pour répondre aux exigences du ministère de l’Environnement, Compo-Haut-Richelieu doit prévoir quatre mégadômes pour les différentes phases de maturation du compost. L’un d’entre eux agira comme biofiltre pour neutraliser les odeurs lors de la première phase de traitement.

On se servira notamment des pins abattus sur la zone tampon pour l’alimenter. Pour l’instant, les troncs sont empilés à l’extrémité sud-est du terrain.

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Marc
Marc
15 jours

Bravo, St-Athanase va recevoir une belle usine inutile de compostage sur son territoire au coût de 30 millions de dollars. On est vraiment des champions à St-Jean, alors qu’on est même pas capable d’offrir ‘eau courante et les égouts à tous les citoyens et de St-Athanase; oui vous avez bien lu… Mais bon les élus vont se gargariser de cette fausse réalisation ridicule. Bien hâte de voir réagir les candidats de St-Athanase à la prochaine élection municipale; le compostage une priorité mais pas l’eau courante et les égouts, c’est pitoyable…