Cultivons notre tolérance à la frustration

Cultivons notre tolérance à la frustration
Le sport, la méditation et la psychothérapie peuvent être des démarches importantes dans le processus d'apprentissage de la régulation de la frustration. (Photo : Deposit)

Texte de Line Lacaille, psychothérapeute

La crise de la COVID-19 est, pour petits et grands, une période de frustration certaine. Plusieurs ont dû annuler des projets, alors que de nouvelles dispositions nous sont imposées en raison des conséquences de la pandémie. La frustration se manifeste comme une émotion lorsque la contrainte empêche la réalisation d’un désir, d’un rêve ou d’un projet.

On remarque de plus en plus de gens exprimer ouvertement leurs déceptions et leurs frustrations. La plainte, la résignation, la rumination, l’apitoiement, l’appel à la justice et l’agressivité sont quelques-uns des comportements qui peuvent se manifester chez une personne ne pouvant réguler cette frustration.

La tolérance à la frustration est un mécanisme d’autorégulation qui se développe très tôt dans la vie. Dès qu’il y a conscience de soi, il y a frustration. Comme le dit le psychologue-clinicien de l’adolescence, Philippe Jeammet, «tout apprentissage suppose une certaine capacité de tolérance à la frustration et à l’échec». Tout ne se passe pas toujours comme on le veut dans la vie et il faut le comprendre rapidement pour évoluer vers ses besoins et développer sa persévérance.

Des outils

Avant l’âge de six ans, l’enfant aura besoin d’être aidé dans la régulation de ses frustrations. C’est dans l’amour, la reconnaissance de ses émotions et la discipline que nous pouvons l’enseigner aux enfants. Donner les outils pour apprendre à son enfant à tolérer sa frustration, c’est lui donner un cadeau utile pour toute la vie.

Et à l’opposé, empêcher son enfant de faire l’expérience de la frustration, c’est le priver d’un atout important du développement de l’estime de soi, de la capacité à gérer ses émotions et à faire face aux difficultés inhérentes à la vie elle-même.

Fausses croyances

Quand la tolérance à la frustration est problématique, de fausses croyances peuvent se forger comme tentative de compréhension de l’émotion. Pourtant ces rationalisations ne feront que nourrir les émotions négatives.

Voici quelques exemples de ces croyances: les choses me sont dues; la vie est juste; j’investis dans un projet donc il se déroulera comme prévu; si je veux quelque chose c’est que j’en ai besoin et que je le mérite ou bien encore que je doive réussir tout ce que j’entreprends et que j’ai de la valeur uniquement quand j’obtiens ce que je veux.

Reconnaître ses émotions et les fausses croyances qui peuvent y être associées est le premier pas vers la régulation de la frustration. S’il est difficile de tolérer les frustrations que vous vivez actuellement, inutile de vous accabler, de vous en vouloir.

Nouvelles avenues

Il ne suffit parfois que de parler de ses émotions avec un proche pour trouver de nouvelles avenues pour ses projets et ainsi apaiser ses émotions. Sachant que nous devenons plus fort à être bienveillant avec nous-mêmes qu’à nous critiquer, il est préférable de se prendre avec douceur. La frustration est une émotion normale.

Dans un deuxième temps, un regard plus ajusté sur la vie peut aider à diminuer la frustration. Rien ne nous est dû dans la vie et la nature n’a rien de juste. Le contentement, la persévérance et l’estime de soi sont de bien meilleurs prédicteurs de bonheur que tous les biens matériels, les voyages et les relations que nous pourrions exiger. D’ailleurs les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé sur le suicide dans le monde nous montrent des taux de suicide beaucoup plus importants dans les pays riches que dans les pays pauvres.

Le sport, la méditation et la psychothérapie peuvent être des démarches importantes dans le processus d’apprentissage de la régulation de la frustration. La frustration est un signal interne qui peut nous permettre d’apprendre à identifier nos fausses croyances, nos besoins et nos limites et, parfois, il faut chercher de l’aide pour apprendre à identifier la justesse de nos signaux internes.

Chaque jour, vous pouvez consulter la page Facebook icimédias – COVID-19: l’équilibre quotidien afin d’y trouver des inspirations pour augmenter votre résilience.

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