La Ville veut sauver deux ormes matures

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Par Gilles Berube
La Ville veut sauver deux ormes matures
Le fongicide est injecté directement dans les racines. (Photo : Le Canada Français – Jessyca Viens-Gaboriau)

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu veut sauver deux ormes matures de son domaine grâce à un traitement qui a démontré son efficacité.

Un de ces ormes est situé sur le terrain de la bibliothèque de Saint-Luc et l’autre dans le parc Alcide-Côté, dans le quartier Saint-Edmond. Contremaître de l’équipe de foresterie, Angelo Geromin a convaincu la direction du Service des travaux publics d’investir dans cette opération, qui coûte entre 1200$ et 1500$ l’arbre.

«C’est cher», concède-t-il, mais l’investissement vaut la peine pour préserver de magnifiques spécimens d’un arbre de plus en plus rare dans la région. M. Geromin observe que la Ville de Québec traite les ormes dans le voisinage de la Colline Parlementaire depuis quelques décennies. Et ça fonctionne.

L’orme est un arbre majestueux, notamment par grande sa taille, mais aussi par sa silhouette en parasol. Longtemps on l’a privilégié pour les aménagements urbains. On en retrouvait un peu partout sur le territoire de la ville. Il bordait la jetée du canal de Chambly sur presque toute sa longueur, comme le rappellent des photos historiques des lieux.

Maladie hollandaise

Puis, la maladie hollandaise a frappé. Sur toute leur aire de répartition en Amérique, les différentes espèces d’ormes ont été ravagées par la maladie, rappelle le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs sur son site internet. La maladie hollandaise est causée par deux champignons microscopiques, qui se développent dans les vaisseaux transportant la sève. Ils bloquent ainsi la circulation de la sève, entraînant la mort de l’arbre en moins de trois ou quatre ans.

Les champignons sont transmis d’un arbre à l’autre par des scolytes, explique M. Geromin. Ce sont des petits insectes qui vont pondre leur œuf sur les arbres malades ou morts. Ils creusent des galeries sous l’écorce. Les spores (semences) de champignon adhèrent à leur corps. L’insecte les dissémine ensuite en se déplaçant sur des arbres sains. En Amérique, la maladie est apparue dans les années 30. Au Québec, elle a été identifiée pour la première fois en 1944, à Saint-Ours, dans la vallée du Richelieu.

Inventaire

Avec la crise de l’agrile du frêne, la Ville a réalisé un inventaire précis des arbres sur le domaine public. Il ne reste plus que ces deux ormes sur les propriétés de la municipalité, note M. Geromin. Ils sont matures et en bonne santé. Ils ne présentent aucune trace de la «graphiose» de l’orme, selon l’expression formelle pour désigner la maladie. Ils valent l’effort de les conserver.

Le traitement coûte entre 1200 et 1500$, mais il est bon pour trois ans. C’est une entreprise de Gatineau, Arboris, qui est venue faire le traitement. Celui-ci consiste à injecter le fongicide Arbotect-20 directement dans les racines à l’aide d’une multitude de petits tubes. L’opération dure une couple d’heures, le temps que l’arbre absorbe le produit.

À l’échelle du Service des travaux publics et du budget de plantation et de traitement des arbres, la dépense est modeste. M. Geromin tenait tout de même à la publiciser pour sensibiliser les propriétaires privés. Les ormes sont tout aussi rares sur les propriétés privées.

Sans le savoir, des propriétaires possèdent de magnifiques spécimens sur leur terrain, souligne notre interlocuteur, qui a quelques exemples en tête. C’est notamment le cas au cimetière, où un orme sera traité. À la pièce, le traitement peut sembler coûteux, mais il n’est pas donné non plus de faire abattre un arbre de grande taille.

 

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Matt
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Matt

Wow, la fille est efficace.