Les policiers équipés de pistolets à impulsion électrique

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Par Marie-Josée Parent
Les policiers équipés de pistolets à impulsion électrique
Le suspect reçoit une décharge électrique de 52 000 volts à 12 milliampères. (Photo : Jessyca Viens-Gaboriau)

Les policiers de Saint-Jean-sur-Richelieu ont un nouvel outil à leur ceinturon. Depuis le mois d’avril, douze agents sont formés pour utiliser le pistolet à impulsion électrique.

Communément appelé le taser gun , l’équipement se veut une alternative à l’emploi de la force.

«Nous avons maintenant deux policiers en tout temps qui ont une arme à impulsion électrique, annonce André Fortier, directeur du Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu. C’est une option de plus pour eux.»

L’équipement peut servir dans plusieurs contextes, notamment lorsqu’une personne est en crise, refuse d’obtempérer ou est intoxiquée par l’alcool ou la drogue. «Si la vie du policier est en danger, c’est une arme qui s’emploie parfaitement dans le modèle de l’emploi de la force pour neutraliser l’individu», précise André Fortier.

Décharge de 52 000 volts

Le pistolet à impulsion électrique possède deux cartouches. Les sondes qu’elles contiennent sont reliées à deux filins. Quand le policier appuie sur la détente, la cartouche se déploie.

Lorsque les sondes touchent le suspect, ce dernier reçoit une décharge électrique de 52 000 volts à 12 milliampères. «C’est l’équivalent de 19 coups de bâton à la seconde, pendant cinq secondes. Aussitôt que le cycle est terminé, la douleur arrête», explique Simon Ouellet, moniteur en emploi de la force pour le Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu.

La paralysie est de cinq secondes. Le policier doit appuyer à nouveau sur la détente pour prolonger le cycle qui peut s’étirer jusqu’à 15 secondes.

Une fois maîtrisé et menotté, l’individu doit être transporté à l’hôpital où un médecin retirera les sondes. Soulignons qu’elles peuvent transpercer les vêtements, même un manteau d’hiver.

Dissuasif

Avant de presser la détente, le policier peut faire une démonstration de l’utilisation du pistolet. Il sort l’arme de son étui, puis il pointe deux rayons laser en direction de l’individu. Ils marquent l’endroit où les sondes vont pénétrer la peau. L’agent peut ensuite faire entendre le bruit de la décharge.

«Avec quelqu’un qui est conscient, nous allons idéalement privilégier le mode démonstratif. Selon les données du Service de police de Montréal, il est efficace dans 82% des situations et les suspects vont collaborer», indique Simon Ouellet.

S’ils doivent se résoudre à utiliser l’arme, les policiers doivent éviter de viser la tête, la poitrine, la région du cœur ainsi que les organes génitaux.

Deux utilisations

Depuis avril, les forces de l’ordre se sont servies de cet outil à deux reprises, dont une fois cette semaine pour maîtriser un individu intoxiqué dans le Vieux-Saint-Jean.

«À l’autre occasion, nous avions une personne en crise qui souhaitait se faire tirer par la police. Lorsqu’il a vu le taser gun , il a changé de plan. Il a voulu fuir les policiers en retournant à l’intérieur de sa demeure. C’est là que nous avons appuyé sur la détente», raconte Simon Ouellet.

À trois occasions, l’équipement a été utilisé en mode démonstratif. Les suspects ont alors été appréhendés sans résistance.

Il s’agit d’un investissement de 19 000$ pour le Service de police de Saint-Jean-sur-Richelieu, ce qui comprend l’achat des appareils, l’aménagement de casiers sécuritaires pour le rangement et la formation.

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