Évolupak doublera sa superficie au coût de 10 M$

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Par Stéphanie MacFarlane
Évolupak doublera sa superficie au coût de 10 M$
L'entreprise EvoluPak est située sur la rue Pierre-Caisse, à Saint-Jean-sur-Richelieu. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

L’entreprise Évolupak, située sur la rue Pierre-Caisse à Saint-Jean-sur-Richelieu, construira un nouveau bâtiment afin de doubler sa superficie. Ce projet évalué à 10 M$ permettra de créer une vingtaine de nouveaux emplois.

Autrefois connue sous le nom de Hanet Plastique, Évolupak se spécialise dans la conception d’emballages alimentaires thermoformés recyclables comme les contenants de champignons, de carottes, de laitues et de biscuits.

Ces récipients sont conçus à partir de plastique recyclé et sont entièrement recyclables. «Nous utilisons du plastique numéro 1 PET [NDLR: polytéréphtalate d’éthylène], le plus facile à recycler», précise Stéphane Rouge, le directeur général d’Évolupak.

L’entreprise est située sur un vaste terrain dont la partie arrière qui donne sur la rue Boucher n’est pas aménagée. À cela s’ajoute une bande de terrain de 34 692 pieds carrés récemment achetée à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Celle-ci va de la rue Pierre-Caisse à la rue Boucher.

Construction

Évolupak érigera sous peu un nouveau bâtiment de 40 000 pieds carrés. La bâtisse sera adjacente à l’usine déjà en place et sera construite à l’arrière de sorte que les camions pourront y accéder par la rue Boucher.

L’objectif, précise Stéphane Rouge, est que la construction soit terminée en juin 2019 afin que cette nouvelle portion de l’usine soit opérationnelle en septembre.

Cette bâtisse abritera deux nouvelles extrudeuses récemment acquises en Autriche. Celles-ci consomment moins d’énergie en plus d’occuper moins d’espace. Le bâtiment abritera aussi des silos intérieurs, où sera entreposée la matière première, ainsi que deux équipements qui se trouvent présentement dans l’usine.

Emplois

Environ une vingtaine d’emplois s’ajouteront à la cinquantaine déjà en place. Actuellement, l’entreprise johannaise compte 42 employés en production et une dizaine dans les bureaux.

Le chiffre d’affaires est estimé à 10 M$. Avec ce projet, Évolupak souhaite doubler sa capacité de production d’ici trois ans.

L’entreprise johannaise occupera une superficie de 87 000 pieds carrés sur un terrain totalisant 277 116 pieds carrés. «On aura encore la possibilité d’agrandir», précise M. Rouge.

Modernisation

Outre la construction d’un nouveau bâtiment, Évolupak prévoit moderniser, dès 2020, les opérations à son usine actuelle afin d’avoir les caractéristiques d’une industrie 4.0 d’ici les cinq prochaines années. Cela passera par l’informatisation, notamment l’ajout de tablettes électroniques et de scanneurs pour assurer le suivi de la production.

La production sera aussi davantage automatisée, entre autres avec l’ajout de senseurs et de robots sur les équipements. «Les machines ont un certain âge, mais elles fonctionnent bien et on les connaît par cœur. On va juste rajouter certaines fonctionnalités, souligne M. Rouge. Actuellement, on est comme dans les années 1980. J’aimerais rapidement qu’on arrive en 2020.»

Cet investissement, dont la valeur n’est pas encore chiffrée, s’ajoutera aux 10 M$ qui seront investis pour l’autre projet.

Ressources humaines

Ces améliorations s’accompagnent aussi de changements au niveau des ressources humaines. «L’un des buts est de rendre linéaire notre production afin de ne pas slaquer d’employés lorsque la production baisse et d’avoir du travail à l’année. Les employés ont besoin de conditions de travail intéressantes», précise M. Rouge, en poste depuis septembre.

Les horaires de travail ont aussi été revus, passant de quarts de 12 heures à des quarts de 8 heures, répartis du lundi au vendredi. «L’usine fonctionnait sept jours sur sept. Je voyais la fatigue des gens et on attendait que la machinerie brise pour la réparer, explique M. Rouge. On a moins de volume, mais une plus belle qualité de produit. Et on peut entretenir la machinerie.»

Environnement

La quasi-totalité (90%) de la matière première utilisée provient des États-Unis. Il s’agit de plastique post-industriel. L’entreprise johannaise aimerait bien s’approvisionner directement du bac bleu des Québécois, mais Stéphane Rouge mentionne que seuls 14% des bacs bleus sont recyclés en Amérique du Nord.

Il explique qu’actuellement les recycleurs ne trient pas et ne nettoient pas le plastique provenant de ces bacs diminuant ainsi la qualité de la matière. Or, en Europe, dit-il, les matières sont séparées dans les bacs de collecte selon leur propriété.

Stéphane Rouge aimerait qu’à l’instar de l’Union européenne, le Canada bannisse le plastique à usage unique (numéro 6 et 7) comme les pailles.

«Ça améliorerait la qualité des matières que l’on retrouve dans le bac bleu et ça enlèverait les plastiques dans les sites d’enfouissement et les océans», poursuit Stéphane Rouge.

Il rappelle que les plastiques portant les numéros 1, 2 ou 3 sont recyclables. «Le plastique a mauvaise presse, mais s’il est bien utilisé, c’est un produit qui a de l’avenir», ajoute M. Rouge.

L’objectif d’Évolupak, dit-il, est de réutiliser au maximum la matière. «C’est pour ça qu’on fait nous-mêmes notre extrusion. On récupère le plastique qu’on n’utilise pas. Tous les déchets qu’on génère sont réutilisés», note M. Rouge.

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