Ces animaux qui font des provisions

Par Denis Henri
Ces animaux qui font des provisions
Le Tamia rayé

Dans l’une de mes toutes premières chroniques, datée du 27 septembre 2006, il était question des trois stratégies qu’adoptent les animaux du Québec leur permettant de passer l’hiver. Certains quittent vers d’autres régions afin d’y trouver leur nourriture: ce sont les migrateurs. D’autres entrent en léthargie et restent ainsi une bonne partie de l’hiver absents de leur environnement: ce sont les hibernants. Finalement, les autres devront, d’une manière ou d’une autre, braver les rigueurs de l’hiver jusqu’à ce que le printemps vienne adoucir leur quotidien: ce sont les hivernants.

Comment doivent-ils se préparer à affronter cette saison si rigoureuse? Outre la température froide de l’hiver, comment réussissent-ils à bien s’alimenter malgré le manque flagrant de ressources alimentaires? Peuvent-ils compter sur l’abondance de dame Nature ou doivent-ils se préparer des provisions en vue de périodes de disette?

 

Plusieurs espèces réussissent à se constituer de véritables petits trésors alimentaires qui leur seront très utiles lorsque les conditions météorologiques seront maussades et que la nourriture se fera de plus en plus rare. Pourriez-vous en nommer quelques-uns?

 

C’est incontestablement chez les mammifères que l’on trouve le plus d’espèces qui font des provisions de nourriture pour affronter l’hiver. Pour ce qui est des autres vertébrés, ni les amphibiens, ni les reptiles, ni les poissons ne font des provisions. Ces derniers se nourrissent au fur et à mesure de leur appétit tandis que les deux autres groupes entrent en hibernation pour l’hiver et n’ont donc nullement besoin de faire des réserves de nourriture. Cependant, pour la plupart des espèces qui hibernent, elles doivent augmenter leur masse de graisse, carburant essentiel à leur survie de six à huit mois d’inactivité.

 

Les oiseaux

 

C’est d’ailleurs le comportement d’un oiseau qui m’a donné l’idée d’écrire cette chronique. Comme je dispose de six mangeoires d’oiseaux dans ma fenêtre de cuisine, j’ai eu le bonheur d’y observer le va-et-vient d’un petit groupe de Geais bleus, affairés à engouffrer bon nombre de graines de tournesol et allant ainsi les disposer dans des caches situées tout autour de la maison. Ces caches, principalement situées au sol, doivent être rapidement revisitées avant que la neige vienne recouvrir le tout.

 

Tous les autres membres de la famille du Geai bleu font des provisions, soit la Corneille d’Amérique, le Grand Corbeau ainsi qu’un représentant qui est rarement vu en Montérégie, soit le Mésangeai du Canada.

 

Toujours chez les oiseaux, nos deux espèces de sittelles (à poitrine blanche et à poitrine rousse) cachent aussi de la nourriture, mais dans leur cas, ce sont les fissures de l’écorce des arbres qui constituent leurs principales cachettes. La Pie-grièche grise aussi, après avoir capturé et tué un petit rongeur, peut aller le coincer dans un arbre et y revenir quelques jours plus tard, lorsque le besoin se fait sentir.

 

Finalement, les membres de la famille des chouettes et des hiboux aussi peuvent cacher des petits animaux dans des caches et revenir les y dévorer plus tard. Le Petit-duc maculé, malgré sa très grande discrétion, est assez présent dans le Haut-Richelieu et il n’est pas rare de découvrir une bonne quantité de petits mammifères tout gelés au fond d’une cavité d’arbre ou dans un gros nichoir d’oiseaux destiné initialement au Canard branchu.

 

Mammifères

 

Pour ce qui est des mammifères, les souris, hermines, belettes, rats-musqués, castors, lynx et renards font aussi des provisions pour l’hiver, mais les représentants de la famille qui sont passés maîtres dans l’art de faire des réserves sont de loin les sciuridés ou, si vous préférez, les écureuils. Écureuil gris (ou noir), Écureuil roux, Grand et Petit Polatouche (écureuil volant) et le très mignon petit Tamia rayé (suisse) cachent des quantités incroyables de nourriture à l’automne.

 

Pour ceux qui croient encore que ces animaux vont oublier leurs caches, sachez que plus de 90% de ces réserves seront utilisées et vidées avant la venue du printemps… pas toujours par celui qui les y a cachés!

 

Ce n’est certes pas leur mémoire qui les aidera dans cette tâche de retrouver toute cette nourriture dissimulée, mais leur extraordinaire sens de l’odorat.

 

Vous pouvez me contacter par courriel à henri.denis@sepaq.com

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Gagnon Roger
Gagnon Roger
1 année

18 novembre 2011 – 2 geais bleus qui transportent une quantité incroyable de noix. Déjà une quinzaine de voyages; À la quantité qu’ils accumulent je m’interroge sur l’hiver qui vient. Réponse au printemps

Anne
Anne
1 mois

Bonjour,
Hier j’ai découvert une sacrée réserve de noix sous un sac de déchets verts qui était là depuis 3 mois. Quel animal a pu faire ça ?
Plus de 200 noix 🤭