Rheinmetall en lice pour un contrat des Forces armées

Par Stéphanie MacFarlane
Rheinmetall en lice pour un contrat des Forces armées
Rheinmetall s’est associé à sa compagnie soeur Rheinmetall MAN Military Vehicules. Cette dernière produit ce type de véhicules militaires. (Photo : Gracieuseté)

Les Forces armées canadiennes (FAC) veulent moderniser leur parc de véhicules logistiques légers et lourds. Un contrat en ce sens serait accordé en 2023. Avec ses deux partenaires, Rheinmetall, une entreprise de Saint-Jean-sur-Richelieu spécialisée en technologie de défense et de sécurité, se positionne pour remporter cet appel d’offres dont la valeur se situe entre 1 G$ et 5 G$.

Les véhicules logistiques légers et lourds, qui comprennent aussi des remorques, des modules de véhicules et des ensembles de protection blindée, sont utilisés par les FAC pour le transport du personnel, de l’équipement et des approvisionnements en appui aux opérations menées au Canada et à l’international. Ceux actuellement utilisés sont en service depuis environ 25 ans, d’où le besoin de les moderniser.

En plus de la fourniture des véhicules, des remorques et des modules interchangeables, le contrat inclura notamment les mises à niveau et le soutien en service à long terme des unités. La durée de l’entente est estimée à environ 20 ans.

«Ce projet tombe dans les cordes de Rheinmetall comme groupe technologique basé en Allemagne, mais aussi avec ce qu’on fait à Saint-Jean-sur-Richelieu», expose Mathieu Voghel, directeur des programmes, Systèmes de véhicules chez Rheinmetall Canada.

Qualifications
Les premiers échanges avec les FAC au sujet de ce contrat ont débuté en 2011. En 2019, les entreprises ont été invitées à se qualifier. Cinq sont en lice, dont Rheinmetall. Dans le cadre de ce contrat, elle a uni ses forces avec sa compagnie soeur Rheinmetall MAN Military Vehicules (RMMV), basée à Munich en Allemagne, et l’entreprise ontarienne Navistar Defence Canada. Leur partenariat est baptisé Équipe 45°N.

Ses compétiteurs sont General Dynamics Land Systems (London, Ontario), Iveco Defence Vehicles (Bolzano, Italie), Mack Defense (Pennsylvanie, États-Unis) et Oshkosh Defense Canada (Wisconsin, États-Unis).

Rôle
Au sein de l’Équipe 45°N, Rheinmetall Canada aura un rôle de premier plan à jouer, notamment durant l’exécution du contrat, indique Mathieu Voghel. Rheinmetall Canada est un intégrateur de systèmes. Son expertise permet de lier les multiples systèmes entre eux afin d’avoir un tout cohérent.

Quant à RMMV, elle conçoit des véhicules militaires. Environ 15 000 de ses bolides sont utilisés en Australie, en Angleterre, en Norvège et en Allemagne, notamment. «Ce sont des camions très robustes, éprouvés et fiables», mentionne M. Voghel.

Navistar, de son côté, a déjà livré 1300 véhicules militarisés au ministère de la Défense du Canada lors d’un autre contrat et plus de 43 000 véhicules à l’OTAN et aux pays alliés depuis 2003.

Uniquement chez Rheinmetall à Saint-Jean, une trentaine d’employés travaillent sur ce projet afin de préparer la soumission. «On implique aussi beaucoup de partenaires et de fournisseurs. La somme de toutes les personnes qui travaillent à supporter la préparation de cet appel d’offres est considérable. C’est un programme d’envergure internationale. Il faut adresser ça en conséquence», poursuit M. Voghel.

Dès 2023
Rheinmetall a bon espoir d’obtenir le contrat. Dans le cas contraire, elle ne mettrait pas tous ces efforts et n’aurait pas accepté d’accorder une entrevue au Canada Français à ce sujet. «On a décidé d’investir temps et ressources parce qu’on croit définitivement à nos chances de remporter ce contrat», poursuit M. Voghel.

Rheinmetall déposera son offre dans les prochains mois. Les soumissions seront évaluées en fonction de multiples critères, dont l’aspect technique, incluant des tests avec le matériel, le prix et les retombées économiques engendrées au Canada.

«Le contrat sera octroyé en 2023», enchaîne Mathieu Voghel. Les premières unités seraient livrées en 2025 et en 2026. Et les dernières le seraient en 2030.

Dizaines d’emplois
L’obtention d’un tel contrat aurait des répercussions majeures à Saint-Jean-sur-Richelieu. «Clairement, ça aurait des impacts positifs sur nos installations à Saint-Jean. Des estimations sont actuellement réalisées pour définir l’ampleur de ces modifications. C’est le genre de programme qui aurait des retombées positives autant pour Rheinmetall que pour la région», souligne Mathieu Voghel.

Ce programme générerait de nombreux emplois. «On parle de plusieurs dizaines d’emplois consolidés ou créés. Au niveau pancanadien, on parle de quelques centaines d’emplois directs. À eux s’ajoutent les emplois indirects. C’est un apport majeur», dit-il.

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