Fort ralentissement de la construction et de la rénovation

Par Stéphanie MacFarlane
Fort ralentissement de la construction et de la rénovation
Il y a eu 155 permis pour des logements neufs émis durant les six premiers mois de l’année 2022. On en dénombrait 222 l’an dernier. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Les projets de construction et de rénovation dans le secteur résidentiel à Saint-Jean-sur-Richelieu sont en forte baisse. Le nombre de nouvelles unités créées est le deuxième plus faible en 11 ans. Quant aux permis délivrés, ils sont en baisse de 20%. Il peut toutefois s’agir d’une diminution momentanée en tenant compte du fait que le nombre de demandes d’informations est en hausse au Service de l’urbanisme de la Ville.

Du 1er janvier 2021 au 1er juin 2021, 220 permis ont été alloués pour réaliser des projets divers tels qu’une réparation, une amélioration au bâtiment, un agrandissement ou une transformation. Pour la même période en 2022, il y en a eu 176, soit 20% de moins.

La valeur des travaux n’a toutefois diminué que de 7,3% pour la même période, passant de 14 M$ à 13 M$. Entre 2012 et 2022, la valeur des rénovations résidentielles a varié de 4,2 M$ à 18,9 M$. Ces données n’incluent pas les projets de rénovation de cuisine ou de salle de bain ni les travaux esthétiques. À Saint-Jean-sur-Richelieu, un permis de rénovation n’est nécessaire que lorsqu’il y a un changement de divisions dans la résidence.

Boum

Au premier semestre de 2021, la valeur des rénovations résidentielles avait bondi de 201 % comparativement à 2020. À ce moment, le Service de l’urbanisme, de l’Environnement et du Développement durable (SUEDD) était très chargé.

Malgré la baisse des émissions de permis, le SUEDD demeure occupé. «La charge de travail est restée sensiblement la même. Elle s’est simplement déplacée. En 2021, on avait une hausse au niveau des demandes de permis. Cette année, on a une augmentation au niveau du contact client. On a reçu 3000 appels et courriels de plus entre janvier et juin qu’en 2021», expose Julie Bourdon, chef de division – Permis et inspections au SUEDD.

Ces demandes, pour réaliser des projets dans le futur, sont variées, mais cela ne signifie pas qu’elles se concrétiseront. Mme Bourdon croit que les gens s’y prennent d’avance en raison de la hausse du prix des matériaux et des délais d’approvisionnement.

Les gens s’informent plus rapidement contrairement aux années passées où ils embarquaient directement dans leur projet. Cette année, ils s’informent possiblement pour planifier pour 2023. On pourrait donc connaître un autre boum l’an prochain», indique Julie Bourdon.

Régime transitoire

L’entrée en vigueur le 1er mars dernier du régime transitoire de gestion des zones inondables, des rives et du littoral peut aussi expliquer la hausse des requêtes. Ce nouveau régime vise les activités réalisées dans les milieux hydriques. Il est mis en oeuvre à travers plusieurs règlements.

Il change la donne pour tous les projets en zone inondable, autant les piscines, les remises, les agrandissements que les rénovations. Cela a eu pour conséquences d’augmenter le nombre de questions des citoyens et les délais de réponse.

Avant l’entrée en vigueur de ce régime transitoire, une demande d’information pouvait être traitée en 15 minutes. Maintenant, une à deux heures peuvent être nécessaires pour traiter la même requête.

«C’est en raison de l’ampleur du régime transitoire. On doit regarder quatre règlements. Ça fait en sorte que ça ralentit et que ça augmente un peu les délais», note Mme Bourdon. Actuellement, une demande de permis, lorsqu’elle est complète, peut prendre une trentaine de jours à être traitée. Les citoyens sont donc invités à prévoir leur projet et à allouer suffisamment de temps à leur requête.

Logements neufs

Moins populaire que l’an passé, la piscine demeure tendance. De janvier à juin 2022, 310 permis ont été délivrés, contre 359 un an auparavant.

Il y a eu 155 permis pour des logements neufs émis durant les six premiers mois de l’année 2022. L’an passé ? On en dénombrait 222. «Avec l’incertitude au niveau des marchés et des taux hypothécaires, les gens regardent davantage à rénover leur bâtiment plutôt que de le vendre et de s’acheter une nouvelle propriété», poursuit Mme Bourdon.

Depuis 2012, date depuis laquelle les statistiques sont disponibles sur le site Web de la Ville, il n’y a qu’en 2015 que l’on compte moins de nouvelles unités. Cette année-là, il y en avait eu 125 pour les six premiers mois. Pour les autres années, le nombre de logements neufs créés oscillait entre 125 et 564. Quant à la valeur totale de ces unités, elle variait de 20 M$à 48 M$.

Pour ce qui est des milieux institutionnel et industriel, les deux chantiers qui retiennent l’attention dans les données du SUEDD sont la construction de l’usine de compostage de Compo-Haut-Richelieu et l’agrandissement de l’Hôpital du Haut-Richelieu.

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