Vivre dignement coûterait moins cher à Saint-Jean qu’ailleurs

Par mlabrie
Vivre dignement coûterait moins cher à Saint-Jean qu’ailleurs
En 2023, le revenu viable après impôt d'une famille johannaise composée de quatre personnes, dont deux enfants fréquentant un centre de la petite enfance (CPE), est évalué à 70 092$ annuellement, selon l'étude réalisée par l'Institut de recherche et d'informations socioéconomiques (IRIS). (Photo : (Photo Le Canada Français - Archives - Julien Saguez))

Un couple avec deux enfants doit avoir un revenu net total d’au moins 70 092$ par année pour combler tous ses besoins et vivre convenablement à Saint-Jean-sur-Richelieu. C’est ce que révèle une récente étude réalisée par l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS). Il s’agit du plus petit seuil financier à atteindre parmi les villes de l’est de la Montérégie passées sous la loupe par l’organisme indépendant.

L’IRIS a publié la semaine dernière une étude qui définit pour la toute première fois le revenu viable des résidents de municipalités situées hors des grands centres urbains. Le revenu viable permet d’évaluer l’argent nécessaire par année pour atteindre un « niveau de vie digne et sans pauvreté », précise l’IRIS.

Les résultats sont basés sur les données socioéconomiques recueillies auprès des habitants dans 33 villes réparties dans sept territoires différents en Montérégie (l’ouest de la Montérégie, l’agglomération de Longueuil et l’est de la Montérégie), ainsi qu’en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine et sur la Côte-Nord (trois MRC).

Depuis 2017, l’étude ne portait que sur sept grandes villes de la province, soit Montréal, Québec, Trois-Rivières, Saguenay, Sept-Îles, Gatineau et Sherbrooke. « La réalité des personnes vivant hors des grands centres diffère sensiblement de celle des habitants de ces sept villes », souligne d’entrée de jeu Guillaume Tremblay-Boily, chercheur associé à l’IRIS et auteur de l’étude.

La possibilité de se déplacer en transport en commun peut contribuer à baisser le coût de la vie, notamment en évitant d’avoir besoin d’un ou même de deux véhicules. Le niveau de revenu viable est également affecté par les dépenses importantes associées à l’éloignement par rapport aux grands centres, fait-on état dans l’étude.

Famille moyenne

Saint-Jean-sur-Richelieu, qui compte désormais un peu plus de 100 000 habitants, est la deuxième ville en importance de la Montérégie, après Longueuil.

En 2023, le revenu viable après impôt d’une famille johannaise composée de deux personnes avec deux enfants fréquentant un centre de la petite enfance (CPE), est évalué à 70 092$ annuellement. Ce type de ménage forme 23% de la population à Saint-Jean. Leur revenu médian net se situe à 113 000$ par année.

Sur les sept villes de l’est de la Montérégie évaluées par l’IRIS, Saint-Jean est l’endroit où le revenu viable est le plus bas. À titre de comparaison, le revenu viable est de 75 500$ à Marieville, soit autour de la moyenne de la région, tandis qu’il est de 82 128$ à Verchères, soit le plus élevé de l’est de la Montérégie parmi les villes sélectionnées par l’IRIS.

Budget

Pour en arriver à établir le revenu viable d’environ 70 092$ net annuellement pour une famille de quatre qui souhaite demeurer à Saint-Jean, l’IRIS a simulé un budget annuel. Les plus importants postes de dépenses budgétaires des ménages de quatre personnes sont pour les besoins de nécessités (16 090$), comme les meubles, l’internet, le téléphone, les produits de soins personnels, les vacances, le fonds de prévoyance, la marge de manœuvre, etc.

Des sommes au budget sont aussi attribuées à l’alimentation (15 426$), au logement locatif (12 744$) et au transport et déplacement (11 659$) qui inclut une voiture. Les vêtements (5618$), les frais de garde (5139$) et les soins de santé non remboursés (3416$) figurent dans le calcul.

Par ailleurs, le revenu pour une personne vivant seule à Saint-Jean-sur-Richelieu, qui représente environ le tiers des ménages, est de 31 030$, soit le plus bas parmi l’ensemble des 33 localités sélectionnées par l’IRIS pour l’étude, qui inclut des villes en Gaspésie et sur la Côte-Nord.

Il en coûte plus cher de vivre dans les municipalités rurales puisque les distances à parcourir pour avoir accès à des biens et services sont plus grandes, ce qui a un effet sur le coût du panier d’épicerie et sur celui du transport.

Transport

Les villes de la Montérégie qui se dotent d’un système de transport collectif efficace permettent à plus de citoyens d’atteindre le revenu viable, indique le rapport de l’IRIS. «Saint-Jean-sur-Richelieu dispose d’un réseau d’autobus relativement efficace, incluant des liaisons directes vers Montréal. Nous avons donc calculé qu’il était possible pour une personne seule de fonctionner sans voiture.

« Pour une personne seule et la famille de quatre personnes, nous incluons un titre mensuel de transport collectif zone 3, qui couvre Saint-Jean-sur-Richelieu, les liaisons vers la Rive-Sud (La Prairie, Brossard) et les lignes directes vers Montréal », explique Guillaume Tremblay-Boily dans son étude.

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JEAN YVES P
JEAN YVES P
7 mois

Et il y a pleins de choses a faire sans que ca coute un bras ! Surtout l’été