La grippe aviaire frappe les oies des neiges de plein fouet

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Par Valerie Legault
La grippe aviaire frappe les oies des neiges de plein fouet
Une vingtaine d'oies mortes ont été alignées sous le pont Félix-Gabriel-Marchand en attendant d'être ramassées. (Photo : Le Canada Français - Laurianne Gervais-Courchesne)

Le virus de la grippe aviaire assombrit le spectacle des oies des neiges sur la rivière Richelieu cet automne. Depuis la fin de semaine dernière, des carcasses jonchent les berges de part et d’autre du bassin, en amont du pont Félix-Gabriel-Marchand. Du jamais-vu dans la région.

Le passage des oiseaux migrateurs offre un portrait grandiose. On estime leur nombre entre 80 000 et 100 000 en ce moment. Chaque matin, les oies des neiges s’élèvent dans le ciel pour se repaître dans les terres agricoles des environs. Cependant, certaines n’ont plus la force de les suivre. Quand les milliers d’oies sont au loin, on remarque beaucoup plus facilement les laissées-pour-compte au bord de la rive.

La tête tombante, secouées de tremblements et de tics nerveux, les oies malades peinent à se mouvoir. Elles ne tentent même pas de fuir à l’approche des passants. Quelques-unes sont si désorientées qu’elles finissent sur la voie publique, comme sur la rue MacDonald ou le chemin des Patriotes.

Lundi midi, le long du canal de Chambly, Parcs Canada avait recensé une quinzaine de carcasses d’oies échouées. Quelques-unes étaient même prises dans la glace, près de la passerelle de la rue Notre-Dame.

Il y en avait encore sur la rive est. Une vingtaine d’oies mortes ont étaient alignées sous le pont Félix-Gabriel-Marchand en attendant d’être ramassées.

Signalement
«Nous avons fait un signalement au ministère de la Faune, qui soupçonne qu’il s’agit de cas de grippe aviaire. Il nous a recommandé de ramasser les carcasses avec des sacs doublés, des gants, des lunettes de protection et des masques, puis de les jeter aux ordures», indique la porte-parole de Parcs Canada, Audrey Godin-Champagne.

En après-midi, une camionnette de l’agence gouvernementale parcourait la bande du canal pour constater l’ampleur des dégâts. Le ramassage des carcasses s’est poursuivi le lendemain, mais il y a fort à parier que d’autres oies des neiges viendront y pousser leur dernier souffle. Hier (mercredi) matin, un petit groupe d’oiseaux affaiblis et isolés se tenait au même endroit.

Le Canada Français a tenté de communiquer avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte aux changements climatiques, de la Faune et des Parcs. Au moment de mettre sous presse, personne n’avait répondu à nos questions.

Très contagieuse
La grippe aviaire risque de faire plusieurs victimes parmi les oies blanches cet automne. La souche H5N1 se transmet surtout chez les oiseaux de proie et les oiseaux migrateurs. Elle est très contagieuse et surtout, hautement pathogène. Les spécimens qui contractent le virus n’ont quasiment aucune chance de survie.

C’est du jamais-vu, affirme Réal Boulet, du Club d’ornithologie du Haut-Richelieu. «J’observe ce phénomène pour la première fois. On voit toujours une, deux ou trois carcasses par année, mais ce n’est pas suffisant pour que les gens s’inquiètent», dit-il.

Les oiseaux survivent à une foule de phénomènes, rappelle Réal Boulet. Le virus de la grippe aviaire en est un parmi d’autres. Le Canada compte environ un million et demi d’oies des neiges. Il ne croit pas que leur population soit en danger.

Pas de jeunes
Ce qui est dommage, c’est que les oies des neiges ont connu une saison de nidification très difficile au printemps dernier. Le gel a persisté dans le Grand Nord, si bien que 40% d’entre elles seulement ont essayé de nicher. «Je ne vois pas de jeunes cette année», constate M. Boulet.

Les citoyens sont nombreux à avoir alerté la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Les signalements indiquent une forte concentration d’oies mortes au parc Martial-Bessette, dans le secteur Iberville, et à la hauteur de l’île Sainte-Thérèse. Ces deux endroits contenaient environ 250 carcasses.

«Nous faisons affaire avec L’Ami de la faune pour le ramassage des animaux sur les terrains qui nous appartiennent», indique Marie-Pier Gagnon, conseillère en stratégies numériques et en relations médias à la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu. Elle ajoute que les citoyens peuvent faire une requête en tout temps sur le site de la Ville pour signaler d’autres oies mortes, dans la section «Nous joindre».

Précautions
Il appartient aux citoyens de disposer de façon sécuritaire des oies des neiges qui échouent sur leur terrain. Il faut prendre certaines précautions afin d’éviter la propagation du virus. Il faut tout d’abord éviter de toucher la carcasse à mains nues. Utilisez un sac de plastique doublé et portez des gants jetables si vous en avez.

Entrez les mains dans le sac et saisissez la carcasse au travers du sac. Retournez-le graduellement sur la carcasse et nouez-le. Mettez le sac et les gants aux ordures. Lavez-vous les mains avec du savon et de l’eau et évitez de toucher à vos yeux, à votre bouche ou à votre nez lors de la manipulation et après celle-ci. Si vous remarquez une bague sur un oiseau, vous pouvez noter le numéro de la bague ou le prendre en photo pour le signaler en ligne à reportband.gov.

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Martine Marsolais
Martine Marsolais
1 mois

Effrayant, c’est quoi ça, est-ce que c’est les avions qui garoche de la boucante populante, ce qu’on voit depuis plus qu’avant la COVID-19