Un grand intérêt pour les pots de conserve

Par Mario Wilson
Un grand intérêt pour les pots de conserve

Mon père avait l’habitude de dire que ce qui est vieux n’a pas nécessairement une valeur monétaire extraordinaire. Il avait bien raison. J’ai déniché ces pots de conserve en verre sur une couverture de laine, étendue sur le gazon pendant la méga vente de garage de la municipalité il y a deux semaines.

J’ai bien réalisé qu’il n’y avait pas que la vente de Brimfield qui recelait de petits trésors; des amis n’ont pas manqué de me le mentionner.

Mon intérêt pour les pots de conserve du genre date de longtemps. À l’époque, j’avais conclu un marché avec Roger St-Mars, vendeur de chaussures bien connu de la grand-rue de Saint-Jean. Je nettoyais le sous-sol de son magasin et je gardais tout ce qui m’intéressait; pour lui, il n’y avait pas grand-chose de valeur dans ce fouillis, ce capharnaüm qui dormait là depuis tant d’années.

Je n’avais découvert que quelques pots de conserve signés GEM, dont la valeur marchande de l’époque totalisait un montant d’environ 50$. On devinera que ceux de la chronique de cette semaine, signés CROWN, furent coulés chez nous, au Canada. Plusieurs compagnies canadiennes à travers une variation de près de 60 modèles, fabriquèrent ces pots pour les ménagères qui pratiquaient ce type de conservation des aliments à la campagne autant qu’à la ville.

Aucune résistance

À la recherche de jouets pour l’extérieur, notre fille nous a ramené quelques années en arrière, à cette belle époque où les antiquités pullulaient lors de ce grand rassemblement de chercheurs de trésors. Il reste encore des gens qui se débarrassent de leurs vieux objets, ceux qu’ils ont péniblement gardés dans leur sous-sol pour ne pas froisser les parents qui cajolaient ces vieux souvenirs (et l’histoire qui les accompagne comme toujours, évidemment).

J’ai vu une boîte de vieux pots, comprenant ces cinq pots CROWN, pour une somme de 5$. Je n’ai pas pu résister. Quand on sait que les grands pots se détaillent une quarantaine de dollars et que les plus petits tournent autour de douze dollars, j’ai assurément fait une bonne affaire.

Ne reste qu’à les nettoyer, les ébouillanter (on n’est jamais trop prudent!) et finalement y entreposer les nouilles à soupe, macaronis ou légumes déshydratés pour la soupe. Ne jamais laisser les enfants jouer avec les couvercles, le verre et les petites mains ne font habituellement pas bon ménage. Et peut-être qu’un jour, l’ami d’un ami, responsable des décors pour une production canadienne, m’empruntera mes beaux pots aquamarine pour une scène dans la cuisine d’une maison ancestrale.

Alors là, une belle histoire se joindra à mes petits contes pour les enfants de ma petite-fille; ces pots furent comédiens (muets) dans une production cinématographique. Le vieux grand-père laissera le soin à ses descendants de vendre ces vieilleries, après que ces pots aient dormi sur le dessus de l’armoire antique pendant tant d’années.

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