Centre d’action bénévole d’Iberville: dix années à lire et faire lire

Centre d’action bénévole d’Iberville: dix années à lire et faire lire

Johanne Lorrain en pleine lecture animée d'un conte.

Crédit photo : (Photo Le Canada Français – Rémy Boily)

Grâce au soutien du Centre d’action bénévole (CAB) d’Iberville Le programme «Lire et faire lire» fête cette année son dixième anniversaire à Saint-Jean-sur-Richelieu.

Le programme «Lire et faire lire» a été lancé en France il y a près d’une vingtaine d’années à l’initiative notamment de l’écrivain Alexandre Jardin. Il est implanté au Québec depuis une quinzaine d’années et depuis maintenant dix ans à Saint-Jean, raconte Joël Phaneuf, coordonnateur à l’action bénévole, au CAB Iberville. L’antenne locale est maintenant l’une des plus importantes au Québec.

Lire et faire lire est un programme éducatif reposant sur le bénévolat. Chaque semaine des personnes retraitées se rendent dans les écoles pour lire des histoires aux enfants de la maternelle et de la 1ère année. Le but est de donner le goût de la lecture aux enfants, de leur transmettre le plaisir de la lecture. En plus, l’activité favorise les échanges intergénérationnels.

À Saint-Jean, l’équipe compte 35 bénévoles qui se rendent dans neuf écoles primaires de la ville. Il s’agit des écoles Hamel, Sacré-Cœur, Notre-Dame-de-Lourdes et du Pélican, à Iberville, et des écoles Bruno-Choquette, Saint-Lucien, Saint-Gérard, Saint-Eugène et J.-A.-Bélanger, à Saint-Jean.

Histoire

Chaque semaine, les bénévoles se déplacent en équipe de quatre dans chacune des écoles pour faire la lecture d’une ou deux histoires aux enfants. Chaque séance de lecture dure 30 minutes par classe. Celle-ci est alors divisée en quatre groupes de cinq ou six enfants. L’activité se tient à huit reprises l’automne et autant de fois à la session d’hiver.

Ce sont les bénévoles qui choisissent les livres qu’ils vont lire aux enfants. Ils peuvent piger dans une réserve que le CAB a constituée au fil des années. L’organisme a également une entente avec la bibliothèque municipale, qui permet aux bénévoles d’emprunter un plus grand nombre de livres.

Après 10 ans, peut-on mesurer l’impact d’un tel programme? M. Phaneuf l’ignore. Le professeur Martin Lépine, de la Faculté d’Éducation de l’Université de Sherbrooke, se spécialise dans l’enseignement de la lecture à l’école primaire. Il n’a jamais eu connaissance d’une étude sur l’impact du programme Lire et faire lire, mais il ne doute pas de son utilité.

Fondement

Il souligne que les études abondent sur l’importance de non seulement apprendre à lire tôt pour les enfants, mais aussi d’acquérir le goût de la lecture. «Savoir lire, c’est le fondement de la réussite scolaire», commente-t-il. Toutes les matières font appel à la lecture, même les mathématiques. Si on ne sait pas lire, on ne peut pas comprendre une question de mathématique, encore moins en exprimer la solution.

La lecture animée par les parents, les grands-parents a une influence sur la réussite scolaire, assure-t-il. Des vidéos sur You Tube nous montrent souvent des poupons, livre en main, qui jacassent. «C’est de la lecture, dit M. Lépine. D’accord, ils ne décodent pas les lettres, mais ils construisent un sens», assure-t-il. C’est déjà un indice du plaisir de lire. Aimer lire, ce n’est pas juste pour la réussite scolaire ou le plaisir de la littérature. C’est aussi un outil pour devenir un citoyen éclairé et critique du monde qui l’entoure, ajoute le professeur.

Cette année, 550 élèves profitent du programme à Saint-Jean, précise Joël Phaneuf. Actuellement, le CAB recrute des bénévoles, indique-t-il. Parmi ses bénévoles, plusieurs sont retraités de l’enseignement, mais essentiellement, il faut être patient et aimer le contact avec les enfants, explique M. Phaneuf. Il avoue que l’équipe compte peu d’hommes. Les personnes intéressées peuvent le contacter au 450-347-1172, poste 283.