Des ventes plus encourageantes pour les Fêtes

Par Stéphanie MacFarlane
Des ventes plus encourageantes pour les Fêtes
(Photo : Le Canada Français - Julien Saguez)

Après un Noël bien différent en 2020, les consommateurs s’apprêtent à vivre un temps des Fêtes un peu plus normal cette année. Et cela se reflète dans le magasinage de Noël, soulignent les commerçants interviewés par Le Canada Français.

Contrairement à l’an dernier, où les commerces avaient dû fermer leurs portes dès le 26 décembre en raison de la pandémie, aucune menace de fermeture ne plane cette année. Cela a notamment un effet sur l’achalandage.

Celui-ci est plus réparti dans le temps, résume Réjean Dostie, propriétaire de la Librairie au Carrefour. «C’est mieux comme ça parce qu’on a plus de temps pour discuter avec les clients. On est moins dans le rush», ajoute-t-il, en précisant que l’affluence est bonne. Au Sports Experts, l’achalandage est revenu pratiquement à la normale, souligne Zacharie Héroux.

Du côté du Carrefour Richelieu, son directeur général, Benoit Rolland, indique que l’achalandage n’est pas revenu à son niveau de 2019, mais qu’il est plus élevé que l’an passé. M. Rolland rappelle qu’en 2020, les commerçants étaient soumis à des règles plus strictes, notamment au niveau de la capacité limitée en magasin, ce qui créait des files d’attente.

Dès octobre
Plusieurs consommateurs ont tout de même commencé leurs emplettes des Fêtes à l’automne. «Les gens se sont pris plus d’avance cette année pour les cadeaux de Noël. Ça a commencé en septembre et en octobre», souligne Mélissa Morais, gérante du magasin Stokes de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Zacharie Héroux mentionne que le Sports Experts vend en grande quantité des articles qu’il vendait moins par le passé, notamment des équipements de ski de fond. «On a commandé plus tôt pour avoir plus de stock. Les gens se sont pris d’avance. Ça a commencé en octobre», indique M. Héroux, faisant entre autres référence aux difficultés d’approvisionnement.

L’industrie du jeu et du livre connait aussi ses difficultés d’approvisionnement, notamment en raison des pertes de conteneurs et des retards provoqués par les catastrophes naturelles dans l’Ouest. Réjean Dostie indique que la situation se porte mieux dans le livre que dans le jouet.

«On s’attend de faire une bonne année. On a prévu le coup. On a augmenté notre choix de livres et on a diminué l’offre des jouets parce qu’on savait qu’il y aurait des pénuries dans les jeux et les jouets», poursuit-il.

Habitudes
Les habitudes de magasinage ont aussi évolué. Réjean Dostie a l’impression que les gens bouquinent un peu moins qu’avant la pandémie. Les clients arrivent avec une idée précise ou une liste. «Les gens se sont déjà fait une idée avant en faisant leurs recherches sur l’Internet. Ils restent moins longtemps qu’avant dans les magasins», constate Réjean Dostie.

Il observe aussi un glissement des ventes vers le Web. «Nous avons un site transactionnel. Heureusement qu’il fonctionnait déjà bien depuis plusieurs années. Il y a eu une augmentation importante l’an dernier. On pensait que ça diminuerait avec la réouverture des magasins et la fin de certaines restrictions, mais c’est quand même resté fort», dit-il en précisant que les ventes numériques ne représentent toutefois pas la majeure partie de ses ventes.

Chiffre d’affaires
Le chiffre d’affaires à la boutique Tristan du Carrefour Richelieu est relativement stable. L’affluence est moindre, tout comme le lèche-vitrine. Mais «les personnes qui entrent achètent», souligne la gérante Suzanne Bilodeau. Elle ajoute que les vêtements trouveront une place sous le sapin de Noël. «Les gens prennent le temps de choisir un morceau à offrir», dit Mme Bilodeau. Au Sports Experts, il n’y a pas de profil particulier qui se dégage. «Beaucoup de gens cherchent des idées-cadeaux et d’autres ont de longues listes», mentionne Zacharie Héroux.

Selon le Sondage sur le magasinage des Fêtes 2021 de Deloitte, les consommateurs ne sont pas non plus enclins à s’attarder dans les magasins: 44% affirment qu’ils veulent limiter le temps qu’ils passent à regarder, écrit la firme dans sa publication annuelle. Pour ce qui est de l’expérience de magasinage des Fêtes, les Canadiens recherchent la commodité et la facilité. Près de la majorité des consommateurs (44%) compte faire leurs achats en une seule séance de magasinage et se rendre dans plusieurs magasins situés à proximité l’un de l’autre, avance Deloitte.

Partys de Noël
La possibilité pour les gens de se réunir pour le temps des Fêtes rend l’atmosphère agréable dans les boutiques. «Je pense que les gens sont plus zen. L’ambiance est bonne», note M. Héroux.

D’ailleurs, depuis que les modalités pour les rassemblements privés (maximum de 20 personnes adéquatement vaccinées) pour le temps des Fêtes ont été précisées, certains morceaux de vêtement sont recherchés.

«On vend des robes cocktail et des hauts brillants depuis que le gouvernement a dit qu’on pouvait être 20 personnes. Les gens sont dans l’esprit des Fêtes. Ils ont hâte et ils sont contents qu’on puisse fêter Noël. L’an passé, ils n’avaient rien eu», dit Suzanne Bilodeau.

Budget
Selon le Sondage sur le magasinage des Fêtes 2021 de Deloitte, les Canadiens comptent dépenser environ 1841$ pour les Fêtes. Il s’agit d’un important rebond de 31% par rapport à 2020, et même d’une hausse de 8% par rapport à 2019, avant la pandémie. La firme précise que ce montant comprend une tranche de 569$ réservée aux cadeaux et cartes-cadeaux pour les amis et la famille. En 2019, une somme de 485$ avait été réservée pour les cadeaux.

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