Une ferme brassicole biologique à Saint-Blaise-sur-Richelieu

Par Stéphanie MacFarlane
Une ferme brassicole biologique à Saint-Blaise-sur-Richelieu
Jason Audette et Samuel Oligny, deux des quatre propriétaires de la Terre à Boire. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Du grain à la bouteille. De la terre au verre. Voilà l’objectif de la Terre à boire, une ferme brassicole et une distillerie artisanale biologique qui vient de voir le jour à Saint-Blaise-sur-Richelieu. Si l’entreprise propose déjà six bières produites à partir d’ingrédients issus de ses terres, elle souhaite aussi se lancer dans la production de spiritueux comme le gin et le whisky.

Terre à boire a récemment vu le jour sur la terre familiale située sur la rue Principale à Saint-Blaise-sur-Richelieu. La terre a été acquise par la famille Oligny en 1977, et ses cultures ont été converties au biologique en 2014. Elles sont certifiées par Ecocert Canada.

Le projet de devenir des brasseurs et des distillateurs a germé à l’hiver 2016. «L’idée est d’utiliser nos grains pour la transformation. Il y a très peu de distilleries et de brasseries qui font du grain à la bouteille», indique Jean-Guy Oligny, copropriétaire de Terre à boire avec Linda Nadeau, Samuel Oligny et Jason Audette.

Cultures variées
De l’orge brassicole, du blé, de l’avoine, du sarrasin, du seigle et du houblon sont cultivés sur les 102 hectares de la ferme. Les céréales biologiques issues de la terre sont vendues à d’autres microbrasseries québécoises. D’ailleurs, l’entreprise a remporté le prix de meilleure orge brassicole biologique du Québec en 2019.

Les trois kilomètres de haies brise-vent ont aussi leur certification biologique. Aronias, sureaux, cerises, framboises, amélanches, noix et baies de la viorne trilobée y poussent. Ces petits fruits issus de cette barrière végétale sont utilisés comme aromate dans la fabrication des alcools.

De l’argousier et de la camerise s’ajouteront. Une petite cabane à sucre complète le portrait. «On y va avec les grains, les fruits et les fleurs de saison», poursuit Samuel Oligny, copropriétaire et brasseur.

Biologique
Terre à boire serait la deuxième ferme brassicole biologique au Québec. Et lorsqu’elle commencera à distiller, elle deviendrait la deuxième distillerie biologique de la province. «Mais on serait les seuls à combiner une brasserie et une distillerie biologique», souligne Samuel Oligny.

Actuellement, Terre à boire brasse six bières, dont une bière de blé à l’aronia, une blanche aux sureaux et une pale ale à l’épinette. «La beauté d’une ferme brassicole, c’est qu’on utilise nos grains. Chaque brassin est unique et d’une année à l’autre, ça évolue. Ce ne sont pas les mêmes aromes. On y va selon ce que la nature a à offrir», enchaîne Samuel Oligny.

L’entreprise veut aussi commencer à distiller. Elle planifie produire différents spiritueux, notamment du gin, de la liqueur de sureau, de la vodka et du whisky.

Travaux
Si les terres sont cultivées biologiquement depuis plusieurs années, la bâtisse a demandé deux années d’ouvrage. L’ancienne grange a été démontée afin d’en conserver les pièces.

Ces dernières ont servi à construire le nouveau bâtiment de près de 5000 pieds carrés, dont la fondation a été coulée en août 2019. Des morceaux de l’ancienne église de Saint-Blaise-sur-Richelieu, dont les appuie-bras des bancs, ont aussi été insérés dans le décor. «On essaie de donner une deuxième vie aux choses», mentionne Linda Nadeau.

L’endroit accueille notamment une boutique et un salon de dégustation avec vue sur les champs de céréales. Les clients peuvent aussi s’installer à l’extérieur sur l’une des tables de pique-nique.

Salle de brassage
La salle de brassage accueille des fermenteurs de 1000 litres, acquis au Québec, ainsi qu’un alambic en provenance de la Colombie-Britannique. Il y a suffisamment d’espace pour ajouter de l’équipement et augmenter les capacités de production. La famille Oligny veut aussi construire un chai pour faire vieillir ses alcools.

Des installations extérieures ont également été érigées, dont des toilettes et un accès à l’eau potable. La famille a la volonté d’accueillir des campeurs, notamment ceux qui utilisent Terego. Cette plateforme web permet à ses membres d’aller camper gratuitement avec leur VR chez un producteur agroalimentaire.

Actuellement, quatre personnes à temps plein et six à temps partiel travaillent à Terre à Boire.

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claude perrier
claude perrier
1 mois

Bravo bon courage vous êtes génial