Un surplus de 20,2 M$ dégagé par la Ville en 2020

Par Stéphanie MacFarlane
Un surplus de 20,2 M$ dégagé par la Ville en 2020
La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a dégagé un excédent de 20,2 M$ en 2020. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu a dégagé un excédent de 20,2 M$ en 2020. Des subventions gouvernementales inattendues jumelées à la flambée du marché immobilier ainsi qu’une réduction des dépenses causée par la pandémie de la COVID-19 expliquent ce surplus rarement vu. Certains élus ont toutefois appelé à la prudence, notamment parce que le gouvernement pourrait demander à la Ville de rembourser certaines sommes.

Pour 2020, la Ville avait adopté un budget équilibré qui s’élevait à 173 177 177$. Or, ses revenus réels ont plutôt été de 185 274 608$, en hausse de 12 097 431$. Quant à ses dépenses, elles se sont soldées à 165 077 034$, soit 8 100 143$ de moins que le budget initial. L’excédent de fonctionnement de la Ville s’élève ainsi à 20 197 574$.

Plusieurs éléments expliquent cet écart. La Ville a reçu des subventions gouvernementales totalisant 8,1 M$ pour pallier les pertes de revenus en lien avec la COVID-19, ainsi que des sommes spécifiques pour son réseau de transport en commun.

Québec a demandé aux municipalités que son aide financière, versée sur deux ans, soit entièrement comptabilisée dans les états financiers de 2020.
«Saint-Jean-sur-Richelieu n’est pas la seule municipalité à dégager des surplus financiers cette année. La subvention vient gonfler notre chiffre de 2020», a indiqué le maire Alain Laplante, mardi soir à l’assemblée publique alors qu’il présentait les états financiers. Cette somme représente 69% des revenus excédentaires.

Immobilier
Les coffres de la Ville ont aussi profité de la folie immobilière. Plus de résidences unifamiliales ont été vendues en 2020 et elles se sont vendues plus cher. Les droits de mutation – la fameuse taxe de bienvenue – ont été 43% plus élevés en 2020 qu’en 2019 (+ 4,6 M$).

À titre indicatif, le prix moyen d’une maison unifamiliale était de 290 335$ en 2019, selon les données de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) tirées de Centris. L’an dernier, le prix moyen était plutôt de 371 537$. En prenant les taux de 2021, les droits de mutation pour une résidence unifamiliale vendue au prix moyen sont passés de 2771$ à 3989$ en un an. Il s’est vendu 1199 maisons l’année passée à Saint-Jean-sur-Richelieu. À cela s’ajoutent les condos et autres transactions immobilières.

La Ville a aussi tiré des revenus supplémentaires de 1,2 M$ en taxes et tarifs pour les nouvelles constructions et les compteurs d’eau. Enfin, les revenus provenant du transport en commun et des activités de loisirs ont diminué de 3,7 M$.

Dette à long terme
Quant aux dépenses, elles ont été moins nombreuses au niveau des honoraires professionnels et techniques (- 3,4 M$) et de la rémunération (- 3,8 M$). Le report de projets en technologie de l’information et celui de la réhabilitation du site d’entreposage extérieur Caldwell ont permis d’économiser 500 000$, tandis que l’hiver peu rigoureux a coûté 300 000$ de moins à la Ville.

La dette à long terme s’élève à un peu plus de 2000$ par habitant, soit à environ 198,5 M$. En 2020, la Ville a investi près de 45 M$ en immobilisations, dont 35 M$ dans ses infrastructures (rue, eau et égout). Quant au service de la dette, il a légèrement diminué en raison des faibles taux d’intérêt.

Prudence
Lors de leur tour de parole, en fin d’assemblée, plusieurs conseillers municipaux ont exprimé le souhait que les excédents soient investis dans les infrastructures et des projets porteurs qui génèrent des taxes à long terme.

De son côté, Yvan Berthelot a appelé ses collègues à la prudence. «Même si c’est un montant de 20 M$ qui est inscrit aux états financiers de 2020, c’est trompeur parce que ce sont des subventions qui sont pour 2020, 2021, 2022 et peut-être même 2023. Et on s’attend à ce que des sommes soient récupérées pour le transport en commun, par exemple, si on n’atteint pas certains objectifs. Il ne faut pas trop s’emballer.»

Des propos qui ont trouvé écho auprès du maire Laplante. «Je suis d’accord avec M. Berthelot. Il ne faut pas partir en peur [avec les projets]», a-t-il dit, en entrevue avec Le Canada Français, citant en exemple qu’une piscine coûte 50 M$.

En lien avec l’aide gouvernementale pour le transport en commun, M. Laplante précise que la Ville ne sait pas si elle va respecter les objectifs. «On va être prudent avec une partie de l’argent», poursuit-il.

Les surplus devraient être affectés à la séance du mois de mai.

Rappelons qu’en 2019, l’exercice financier avait permis à la Ville de générer un surplus de 6 754 236 $.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires