Autant de fermetures de commerce que d’ouvertures en 2020 à Saint-Jean

Par Stéphanie MacFarlane
Autant de fermetures de commerce que d’ouvertures en 2020 à Saint-Jean
Plusieurs commerces ont leurs portes durant la pandémie, dont Pastel Café Gourmand, situé sur la rue Richelieu. (Photo : Le Canada Français - Laurianne Gervais-Courchesne)

Malgré la pandémie, le bilan commercial 2020 sur le territoire de Saint-Jean-sur-Richelieu dressé par la division Développement économique de la Ville est relativement stable si on le compare à celui de 2019. Ce portrait pourrait toutefois changer en 2021 si la crise de la COVID-19 s’étire, retardant du même coup la véritable relance économique.

L’an dernier, 79 nouvelles entreprises ont ouvert leurs portes à Saint-Jean-sur-Richelieu, soit 69 commerces et entreprises de services ainsi que 10 bureaux de professionnels. Toujours en 2020, un total de 84 entreprises ont cessé leurs opérations, dont 25 bureaux de professionnels. Le territoire termine donc l’année avec un déficit de cinq entreprises.

En 2019, 67 nouveaux commerces avaient débuté leurs activités et 78 avaient fermé leurs portes.

Sophie Latour, chef de la division Développement économique de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, note que plusieurs projets d’affaires ont vu le jour en pleine pandémie. Pensons à Érablement bon, Tacos Nachos Tex Mex, Boutique Piman, la Fabrique à saucisse, la Brasserie moderne No. 7, Option Keto Plus, Bistro X’ze Place et Pastel Café Gourmand. D’autres commerces ouvriront également sous peu, notamment une boutique spécialisée dans la vente de disques vinyles sur la rue Richelieu.

Locaux vacants
L’an passé, 37 entreprises se sont relocalisées ailleurs sur le territoire. Parmi elles, notons 13 Chocolats qui a quitté les Halles pour le centre-ville, Rookery qui a traversé la rue Richelieu et À plats ventes qui se situe désormais au Centre professionnel Dorchester.

Quant au taux de vacance des locaux, il se situe à 13% alors qu’il était à 14,5% l’année précédente. Selon les secteurs commerciaux, ce taux varie entre 2% et 15%. À la fin de 2020, 290 locaux totalisant 97 000 mètres carrés étaient disponibles en sol johannais. En 2019, il y avait 326 locaux à louer pour un total de 130 000 mètres carrés.

«En 2020, c’est un bilan positif malgré la pandémie de COVID-19. Les années 2020 et 2019 sont similaires. Pour nous, ce sont des mouvements qui ont l’air d’être dans la normalité», observe Sophie Latour.

Dynamisme
Son équipe suit l’évolution des statistiques sur une base mensuelle, en plus d’être en contact avec les entrepreneurs. Le portrait de 2020 l’a donc plus ou moins surpris. «On sentait qu’il y avait de nouveaux projets et la COVID-19 n’était pas nécessairement en cause lors des fermetures», ajoute-t-elle, citant en exemple la fin des activités des bars Tequila, Cognac et Route 66 dans le Vieux-Saint-Jean. Ces derniers ont été vendus.

Mme Latour n’était pas en mesure de chiffrer le nombre de fermetures véritablement attribuables à la COVID-19. «On savait que certains entrepreneurs réfléchissaient à cesser leurs activités. D’autres ont ouvert de nouveaux de commerces. Le bilan est une continuité malgré la crise», constate-t-elle.

«Et beaucoup d’entrepreneurs se sont repositionnés dans le marché, ont pris leur place et ont montré leur dynamisme. C’est certain que le message d’achat local vient soutenir nos entrepreneurs locaux. Certains commerçants ont même connu une croissance. Ils ont tiré leur épingle du jeu et saisi des opportunités», enchaîne Mme Latour.

Emplois
Dans son bilan annuel, la division Développement économique dévoile habituellement le nombre d’emplois. Or, l’exercice n’a pas été effectué en 2020. «Beaucoup d’entreprises ont réduit leur personnel de façon temporaire et leur coût pour maintenir leur rentabilité. On est dans une période de flottement qui n’est pas représentative. C’était trop difficile d’aller chercher des données précises», note Sophie Latour.

En 2020, deux bâtisses commerciales totalisant des investissements de 3,5 M$ ont été construites. Les rénovations commerciales ont été populaires. Plus de 9,6 M$ ont été investis l’an dernier. Enfin, 33 bâtiments, allant de condos commerciaux à de très grandes surfaces, ont changé de propriétaires. La valeur des transactions totalise 66 M$.

Et 2021?
L’année en cours pourrait cependant causer des soubresauts dans le prochain bilan commercial. La crise de la COVID-19 se poursuit et les programmes d’aide des gouvernements fédéral et provincial sont encore disponibles, mais pour combien de temps?

«L’année 2021, dépendamment du moment où la relance va se faire, pourrait amener plus de changements. Mais pour l’instant, on voit sur le terrain que le premier trimestre est la continuité de 2020. Pour le commerce de détail, il y a une nouvelle normalité qui s’est installée et qui fonctionne», indique Sophie Latour. Elle croit d’ailleurs que certaines nouveautés liées à la crise perdureront, notamment la cueillette de commandes numériques en magasin.

 

 

 

 

 

 

 

 

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