La fromagerie Au Gré des Champs prend de l’expansion

Par Stéphanie MacFarlane
La fromagerie Au Gré des Champs prend de l’expansion
Suzanne Dufresne, Daniel Gosselin et Marie-Pier Gosselin souhaitent développer l'offre agrotouristique de la fromagerie tout en conservant leur identité de producteurs de fromages fermiers au lait cru. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Après avoir construit une étable architecturale pour le bien-être de ses 55 vaches, la fromagerie Au Gré des Champs agrandit actuellement sa fabrique afin d’augmenter sa productivité. À terme, son plan de développement agrotouristique prévoit aussi de réaménager l’ancienne étable afin d’y installer sa boutique.

Si les travaux en cours visent à produire plus de fromage, il y a aussi un désir de moderniser les équipements. «Ça fait 21 ans qu’on travaille dans ces locaux. Depuis, on a développé de nouvelles sortes de fromage. Nos équipements et nos locaux ne sont pas nécessairement adaptés», témoigne Marie-Pier Gosselin, copropriétaire de la fromagerie avec son père et sa mère, Daniel Gosselin et Suzanne Dufresne.

Les entrepreneurs souhaitent aussi augmenter la production du fromage à pâte molle Le Pont Blanc. «Mais nos capacités d’affinage sont limitées», poursuit Marie-Pier Gosselin. Ainsi, des travaux sont en cours pour agrandir la fabrique à l’arrière du bâtiment actuel.

Travaux
En plus de gagner 1300 pieds carrés de superficie, un nouveau bassin de fabrication sera installé ainsi que de nouveaux équipements. «On fait plein d’améliorations. On améliore l’humidification et la ventilation, enchaîne Marie-Pier Gosselin. On a acquis de nouveaux équipements pour faciliter les tâches de nos employés pour que ce soit moins éreintant. On va être semi-automatisé.»

Le design est aussi conçu pour améliorer le bien-être des travailleurs, notamment en misant sur la lumière naturelle. La fromagerie certifiée biologique par Ecocert Canada n’échappe pas à la pénurie de main-d’œuvre qui frappe la région et la province. Son objectif est d’augmenter sa production de fromage avec le même personnel. L’équipe est composée de huit employés, dont quatre sont à temps plein.

En cours depuis la mi-octobre, les travaux devraient se terminer d’ici la fin du mois d’avril. La valeur de l’investissement n’a pas été chiffrée. Toutefois, la fromagerie Au Gré des Champs a obtenu une aide financière de 100 000$ du ministère de l’Agriculture dans le cadre du Programme d’appui aux fromageries.

Celui-ci a été lancé après la conclusion de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne afin d’aider les fromageries à devenir compétitives, explique Marie-Pier Gosselin.

Trois phases
Cette nouvelle phase de travaux fait partie d’un plan de développement agrotouristique que l’on pourrait dire être en trois phases. L’entreprise souhaite développer son offre tout en conservant son identité de producteur de fromages fermiers au lait cru.

La première étape a consisté à doter le cheptel de la famille Dufresne-Gosselin d’une étable pour le bien-être des animaux. Les 55 vaches, dont 32 sont en lactation, profitent désormais de cinq fois plus d’espace qu’auparavant. Elles vivent en liberté dans leur nouvel habitat. Ce mode de vie permet d’augmenter leur espérance de vie, mais aussi leur production laitière. La conception de l’étable a aussi été pensée pour accueillir les visiteurs.

Maintenant, la fabrique est agrandie et modernisée. Ensuite, il est prévu de déménager la boutique dans l’ancienne étable construite en 1960 par le grand-père de Marie-Pier Gosselin. Les ébauches actuelles prévoient que cette boutique pourra accueillir des groupes et un espace café, mais avec la COVID-19 il est possible que l’entreprise familiale révise ses plans. «On va réfléchir. On sait qu’il y a un engouement pour l’agrotourisme, que les gens sont intéressés à venir à la ferme», dit Marie-Pier Gosselin.

En 2019, la fromagerie Au Gré des Champs a fait construire cette étable pour son cheptel de 55 vaches, dont 32 sont en lactation.

L’agrandissement, qui a lieu à l’arrière de la fabrique, mise d’ailleurs sur une grande fenestration. «On a réfléchi en prévision du déménagement de la boutique, dans deux ou trois ans, afin que les gens puissent continuer à nous voir travailler», poursuit Mme Gosselin.

Architecture
Tout comme la nouvelle étable de 17 000 pieds carrés qui a été construite au coût de 1,5 M$, c’est la firme d’architectes montréalaise La Shed qui a élaboré le concept de l’agrandissement de la fabrique, de même que les esquisses pour la nouvelle boutique. «On veut quelque chose qui s’harmonise avec les bâtisses et l’environnement. C’est toute la logique en arrière de ça. On a de vieux bâtiments, d’autres construits en 2000 et la nouvelle étable», note Marie-Pier Gosselin.

D’ailleurs, l’architecture de la maison des vaches se distingue au Québec mais aussi à l’international. La Shed a remporté un des Grands prix hors-catégorie au 13e Grands prix du design. Le bâtiment et ses architectes ont également remporté le prix d’excellence en architecture, catégorie Bâtiments commerciaux et industries de l’Ordre des architectes du Québec, ex aequo avec la centrale électrique de l’Université McGill. Enfin, le design du bâtiment agricole a obtenu une nomination au prestigieux concours international d’architecture des AZ Awards dans la catégorie Bien social.

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires