Arbres coupés et projet domiciliaire de 250 M$ en péril à Saint-Luc

Par Stéphanie MacFarlane
Arbres coupés et projet domiciliaire de 250 M$ en péril à Saint-Luc
Des arbres qui séparent le terrain de l'ancien Camions André Boucher des résidences ont été émondés, mardi, par le promoteur. Un geste dénoncé par le conseiller du secteur Marco Savard. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Le Domaine des Légendes, un projet domiciliaire qui prévoyait initialement la création de 254 unités sur le terrain jadis occupé par Camions André Boucher, pourrait ne pas voir le jour. La Ville n’a pas autorisé la nouvelle mouture du projet qui comporterait maintenant 494 portes. Une décision qui déplaît au promoteur Luc Poirier. En plus d’émonder des arbres mardi, il aurait entamé des démarches pour revendre le terrain de 1,4 million de pieds carrés.

La phase 1 du Domaine des Légendes a été présentée lors d’une consultation publique virtuelle en novembre. Elle prévoyait la construction de 122 appartements, 31 jumelés, 24 maisons en rangées, 22 résidences unifamiliales et six quadruplex sur le terrain situé en arrière-lot du 371, boulevard Saint-Luc. Les répercussions sur la circulation locale et la saturation des services récréatifs et scolaires étaient les principales inquiétudes des 180 personnes qui ont participé à la réunion.

Avant les Fêtes, Luc Poirier a soumis un nouveau plan à la Ville. Selon la copie obtenue par <@Ri>Le Canada Français<@$p>, tous les véhicules accédant aux espaces de stationnement des logements emprunteraient désormais le boulevard Saint-Luc, alors qu’auparavant, il était prévu que 35% de ces voitures circulent par la rue des Fortifications.

Autre changement: le projet prévoit deux phases estimées à 250 M$. La première comporterait dorénavant 122 logements, 33 jumelés, 46 maisons de ville et 20 résidences unifamiliales. La seconde accueillerait huit immeubles totalisant 240 logements. Cela porte à 494 unités le nombre total d’unités prévues.

Préoccupations
La semaine passée, Luc Poirier a appris que son projet n’irait pas de l’avant. Il affirme ne pas avoir eu d’explications, trouvant aberrante la façon de faire. Le principal intéressé indique qu’il a défrayé plusieurs centaines de milliers de dollars dans ce projet, notamment pour réaliser diverses études et les plans.

Sa nouvelle version du plan n’a pas été acceptée par le Service de l’urbanisme, souligne le maire Alain Laplante. L’ajout de la phase 2 est une donnée qui a complètement changé le portrait, ajoute le conseiller municipal du secteur Marco Savard.

Le maire Laplante avise que la Ville ne dit pas non au projet, mais que des préoccupations importantes ont été soulevées par les citoyens, entre autres au sujet des besoins en services scolaires, qui sont saturés. Il semble que le manque de places dans les écoles de Saint-Luc était inconnu de la Ville jusqu’à novembre. «Les commentaires des citoyens ont amené l’Urbanisme à s’informer auprès du Centre de services scolaire qui a dit qu’il y a de la demande pour avoir une nouvelle école», poursuit M. Savard.

Acceptation sociale
Pour réaliser son projet, le promoteur doit obtenir un changement de zonage, et donc, l’approbation des résidents. «À partir du moment où les citoyens sont préoccupés, ils vont bloquer le changement de zonage et on ne sera pas plus avancé. L’idée est de trouver des solutions aux problématiques soulevées et s’assurer que le projet passe. Notre souhait est que le projet aille de l’avant», indique le maire.

En décembre, 120 citoyens ont signé une pétition pour participer à la prise de décision sur les projets du secteur qui auront un effet sur leur qualité de vie et leur environnement. La Ville prévoit organiser une nouvelle consultation publique à la fin du printemps.

Le promoteur Luc Poirier estime que son projet, évalué à 250 M$, représenterait environ 6,5 M$ en taxes de mutation et 2,5 M$ en taxes foncières récurrentes.

Émondage
Mardi, de l’émondage mécanique a été réalisé sur le terrain, notamment sur les feuillus situés dans la zone tampon, derrière la rue Jean-François-Chabot. Des arbres qui se trouvaient au centre auraient aussi été abattus. De l’«émondage agressif» jugé inacceptable et irrespectueux par le conseiller Marco Savard. «On comprend le mécontentement du promoteur, mais ce n’est pas une bonne démarche pour avoir la collaboration des gens du secteur. Il vient juste d’ajouter de l’huile sur le feu.»

La situation est connue de la Ville. «Elle est présentement évaluée, afin de s’assurer que l’abattage d’arbres est conforme à la réglementation en vigueur», précise Marie-Josée Parent, conseillère stratégies numériques et relations médias à la Ville.

Luc Poirier dit nettoyer le terrain puisqu’il l’a probablement revendu. L’étalement de pierres et la pose d’une clôture seraient envisagés. «J’attends l’offre d’achat. Ce serait une cour à « scrap » comme avant», dit-il, précisant que le terrain bénéficie encore de son droit acquis.

Le zonage actuel prévoit une occupation commerciale sur la partie avant du lot, et un usage résidentiel unifamilial pour la portion arrière. En 2017, la signature d’un protocole d’entente entre la Ville et Camions André Boucher devait mettre fin au droit acquis qui permettait la présence d’un centre de recyclage de pièces d’autos et de camions sur ce terrain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Mike
Mike
1 mois

la ville est en train de l’echaper solide ici, scrap versus nouveau developpement. Allo St Luc?!?!?