Le salaire minimum augmentera de 0,40$ l’heure en mai

Par Stéphanie MacFarlane
Le salaire minimum augmentera de 0,40$ l’heure en mai
Les travailleurs affectés à la cueillette de framboises ou de fraises bénéficieront également d’une hausse. Le salaire minimum sera fixé à 4,01$ du kilogramme pour les framboises et à 1,07$ du kilo pour les fraises. (Photo : Le Canada Français - Archives)

Le taux horaire du salaire minimum augmentera de 0,40$ pour s’établir à 13,50$. Cette hausse de 3,1% qui sera en vigueur à compter du 1er mai bénéficiera à 287 000 Québécois, dont 164 700 femmes.

Le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet, en a fait l’annonce peu avant Noël. Cette augmentation permettra d’atteindre, pour la période 2021-2022, la cible d’un ratio de 50% entre le taux général du salaire minimum et le salaire horaire moyen.

Outre le taux général, les salariés qui sont rémunérés au pourboire verront aussi leur salaire horaire augmenter. Celui-ci s’établira à 10,80$. Il s’agit d’une hausse de 0,35$. De plus, les travailleurs affectés à la cueillette de framboises ou de fraises bénéficieront d’une hausse. Le salaire minimum sera fixé à 4,01$ du kilogramme pour les framboises et à 1,07$ du kilo pour les fraises.

Réflexion
Le ministre Jean Boulet dit avoir opté pour cette augmentation du salaire minimum afin de le faire évoluer de manière équilibrée et raisonnable malgré le contexte actuel de la crise provoquée par la pandémie de COVID-19.

«Nous avons considéré les différents enjeux rencontrés cette année par les entreprises et les travailleurs dans la détermination de la hausse du salaire minimum que je propose. Cette augmentation permettrait aux travailleuses et travailleurs ainsi qu’aux entreprises de participer à l’enrichissement collectif. Elle augmentera ainsi le pouvoir d’achat des salariés et aura un effet sur la diminution de la pauvreté tout en respectant la capacité financière de payer des entreprises sans nuire à leur compétitivité», mentionne le ministre dans un communiqué de presse.

De son côté, le directeur général de la Chambre de commerce et de l’industrie du Haut-Richelieu (CCIHR), Michel Milot, est partagé. Il convient que les travailleurs œuvrant à ce taux horaire ont besoin de cette augmentation. Il fait remarquer qu’un employé travaillant 40 heures par semaine à ce salaire aura une rémunération annuelle d’environ 28 000$ en 2021.

«Ces travailleurs ne doivent pas être pénalisés, poursuit M. Milot. Depuis le début de la pandémie, ce sont les employés au salaire minimum qui sont au front dans nos commerces essentiels. Ce sont entre autres nos caissières, nos emballeurs et nos commis qui sont en première ligne. Cette augmentation est amplement méritée.»

Charges sociales
Michel Milot ajoute que la hausse du salaire minimum ne surviendra toutefois pas au bon moment pour les entreprises touchées par la COVID-19. «Avec ce qu’on vit en ce moment, il y a certains entrepreneurs qui ne seront pas capables d’absorber cette augmentation. Je crois que la facture sera refilée aux consommateurs», poursuit-il.

Rappelons que les employeurs déboursent plus que l’augmentation salariale consentie à leurs employés en raison des charges sociales qu’ils doivent verser aux gouvernements. Ces sommes représentent un pourcentage du salaire versé à leurs salariés. Les cotisations du Régime des rentes du Québec (RRQ), de l’Assurance-Emploi, du Régime québécois d’assurance parentale et celles liées à la santé et à la sécurité du travail figurent parmi ces frais.

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