L’avenir des centres-villes après la COVID-19

Par Stéphanie MacFarlane
L’avenir des centres-villes après la COVID-19
Limiter l’expansion des territoires urbanisés aide aussi à protéger les centres-villes et assurer leur vitalité. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

La pandémie a mis à mal plusieurs centres-villes. Certains, comme celui de Montréal, sont désertés, alors que dans d’autres villes, par exemple Saint-Jean-sur-Richelieu, les aménagements ont été repensés pour aider les commerçants et divertir les citoyens. Préoccupé par l’avenir des centres-villes, l’organisme Vivre en ville a réuni virtuellement quatre panélistes provenant des milieux municipal, économique et événementiel pour connaître leur vision sur ces lieux communs.

L’ancien député fédéral et maintenant maire de Victoriaville, André Bellavance, était l’un des invités. À l’instar de Saint-Jean-sur-Richelieu, sa ville a amorcé des travaux pour revitaliser son centre-ville. Cela a permis de le rendre plus accessible et plus convivial.

«Notre élan a carrément été freiné par la pandémie. On voyait des commerces et des services de plus en plus intéressés à tout ce qu’on avait fait, et là, on est plutôt en mode survie», relate-t-il.

Victoriaville a mis en place des initiatives afin d’aider ses commerçants, notamment ses restaurateurs. Le maire Bellavance craint tout de même qu’une série de fermetures balaie le coeur de sa ville.

Des idées mieux adaptées
La crise a toutefois aidé à faire accepter des idées. «Quand on revitalisait le centre-ville, on caressait l’idée de le rendre piétonnier en partie ou de façon permanente. Ça ne s’est pas avéré. L’été dernier, on s’est dit qu’il fallait donner une chance aux commerçants. Une partie du centre-ville a été piétonnisée», raconte-t-il. Cela a permis à certains restaurateurs d’établir une terrasse directement dans la rue pour pouvoir accueillir suffisamment de clients et ainsi générer de l’argent.

La Ville risque de récidiver avec la piétonnisation. «Les sondages auprès de la population et des commerçants nous démontrent que ce sera certainement une avenue qui sera répétée», lance M. Bellavance.

Et Montréal?
Jean-François Grenier, directeur senior au Groupe Altus, une entreprise spécialisée dans l’immobilier commercial, s’est attardé au cas du centre-ville de Montréal. «Il représente 20 % de tous les emplois dans la région métropolitaine de recensement de Montréal. Dans l’arrondissement Ville-Marie, il y a 450 000 travailleurs. Dans l’ hyper-centre, où l’on retrouve les grandes tours, c’est 150 000 travailleurs», relate-t-il.

Or, 73 % de ces employés sont en télétravail à temps plein ou à temps partiel. Les touristes désertent aussi le centre-ville, ce qui a des conséquences. «Près de 60 % des dépenses dans les commerces de détail et les restaurants du centre-ville sont faites par des travailleurs et des touristes. Ils n’y sont plus», poursuit M. Grenier.

Il a confiance qu’une certaine normalité soit de retour d’ici un an. Il est toutefois conscient que certains télétravailleurs vont opter pour une formule hybride entre le travail à la maison et au bureau.

Bien réfléchir
Peu importe la situation vécue, Jacques Primeau, directeur général de l’équipe Spectra et ancien gérant de Rock et Belles Oreilles, déconseille de prendre des décisions sur les orientations futures des centres-villes en cette période de crise. Jeanne Robin, directrice principale de Vivre en ville, abonde dans le même sens.

«On est tous en état de choc. Ce n’est pas le moment de repenser nos centres-villes. Il y a des éléments favorables à leur survie et on peut miser là-dessus en sachant qu’on ne se trompe pas. Il ne faut pas raser nos centres-villes pour les adapter à la pandémie. Le risque de se tromper de façon monumentale est énorme», enchaîne-t-elle.

Jeanne Robin remarque que plusieurs municipalités mettent beaucoup d’effort pour revitaliser leur centre-ville et en faire un pôle économique. «Protéger le centre-ville et assurer sa vitalité commence par ce qu’on fait et ce qu’on ne fait pas ailleurs, dit-elle. Ça commence par limiter l’expansion à l’extérieur de nos territoires urbanisés.»

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