Un magasinage des Fêtes bien différent cette année

Par Stéphanie MacFarlane
Un magasinage des Fêtes bien différent cette année
(Photo : Le Canada Français - Julien Saguez)

Achalandage dilué, emplettes plus ciblées, moins de lèche-vitrine et davantage d’achats en ligne. À l’image de 2020 qui s’achève, le magasinage du temps des Fêtes est bien différent des années précédentes. Cela n’empêche pas la majorité des commerçants interviewés par Le Canada Français de réaliser de bonnes affaires malgré tout.

Au magasin Sports Experts du Carrefour Richelieu, Maxyme Héroux remarque que, contrairement aux années passées, les clients font moins de lèche-vitrine. «Les gens ont une liste. Ils veulent trouver et acheter. Ils sont beaucoup plus précis sur ce qu’ils veulent», relate-t-elle.

Cette dernière ajoute ressentir la vague d’achat local qui a pris de l’ampleur avec l’arrivée de la pandémie. «On a beaucoup de gens qui nous disent qu’ils n’ont pas le goût de sortir de la ville», poursuit-elle.

Malgré tout, la situation sanitaire actuelle n’est pas un obstacle pour fréquenter les commerces. «Les gens magasinent quand même. Ça n’a pas freiné le magasinage de Noël. Notre volume d’affaires se compare aux années passées», note Maxyme Héroux.

Épée de Damoclès
Compte tenu de la situation, Réjean Dostie, propriétaire de la Librairie au Carrefour, se dit privilégié. «Pour nous, ça va bien depuis la réouverture. On tire notre épingle du jeu. On est chanceux parce qu’on œuvre dans les loisirs individuels comme les livres et les jeux. Ça a la cote», mentionne le libraire.
Lors du passage du Canada Français le 10 décembre dernier, M. Dostie craignait toutefois une nouvelle fermeture forcée par le gouvernement. «On est aux aguets. On a une épée de Damoclès au-dessus de nos têtes.»

Il remarque que les commandes téléphoniques et numériques sont plus nombreuses. Il observe aussi que ses clients sont très disciplinés lorsqu’ils se présentent dans son magasin et il les en remercie.

Moins d’achalandage, mais plus d’achats
À la boutique Tristan du Carrefour Richelieu, la gérante Line Synotte constate que l’achalandage a diminué dans le centre d’achats. Elle mentionne toutefois que si ses clientes magasinent moins, elles achètent plus.

«C’est rare qu’une cliente reparte les mains vides», dit-elle. M. Synotte souligne aussi que certaines se procurent tout de même de nouveaux vêtements pour le temps des Fêtes. «J’essaie de dire aux clientes que même si elles ne célèbrent qu’avec leur petite famille le 24 et le 25 décembre, c’est Noël quand même et de laisser le pyjama de côté», lance-t-elle.

Achalandage différent
Une particularité du magasinage du temps des Fêtes de 2020 est l’achalandage qui est fort différent. «Les heures ne sont pas les mêmes. Les gens profitent d’une journée de congé ou de leur heure de dîner pour venir en magasin. On sent que le soir, ils veulent décompresser. C’est similaire la fin de semaine, mais le flot est continuel plutôt que d’être concentré sur une période», mentionne Mme Héroux.

Même son de cloche au Canadian Tire. «L’achalandage est pas mal semblable aux dernières années, mais il y a moins de monde en même temps. C’est occupé de façon régulière toute la journée. Il n’y a pas de gros rush», souligne le directeur du magasin de Saint-Jean-sur-Richelieu, Jean-Pierre Hamel.

Cela facilite la gestion de l’affluence en magasin, surtout depuis que Québec a resserré les règles dans les commerces afin de limiter les risques de propagation et faciliter l’application des règles sanitaires. La capacité maximale est fixée à une personne par 20 mètres carrés. À titre d’exemple, cette limite est de 48 clients au Sports Experts, 18 à la Librairie au Carrefour, 20 au Petit Cocon et de 325 personnes au Canadian Tire.

Budget
Certains consommateurs ont débuté leurs emplettes de Noël plus tôt qu’à l’habitude. Au Canadian Tire, ça a commencé dès les premiers jours d’octobre, note Jean-Pierre Hamel. Les achats du temps des Fêtes ont aussi été faits plus précocement à la boutique Le Petit Cocon. Les clients ont rapidement demandé des emballages de Noël et des idées de cadeaux. «On a été pris de court. On a dû s’organiser», lance la propriétaire Dominik Cadieux.

Elle mentionne que sa boutique connaît son meilleur temps des Fêtes depuis son existence. «C’est mon plus gros mois de novembre et mon plus gros mois de décembre», souligne-t-elle.

D’après un sondage mené par le Conseil canadien du commerce de détail (CCCD), les Québécois sont moins susceptibles que le reste des Canadiens d’établir un budget ferme cette année (53% contre 64%). Il s’agit d’une diminution par rapport à l’an dernier (67%).

Une particularité que remarque Dominik Cadieux, la propriétaire de la boutique Le Petit Cocon dans le Vieux-Saint-Jean. «Je sens que les gens ont moins un budget à suivre cette année. Ils ne sortent pas, ne vont pas au restaurant, n’achètent pas de linge», dit-elle.

Quelques statistiques
Selon le CCCD, les Québécois prévoient dépenser moins que le reste des Canadiens, soit 532$ contre 743$. L’an dernier, les Canadiens prévoyaient dépenser 792$ comparativement à 824$ en 2018. Les dépenses envisagées en alcool et en nourriture pour les Québécois représentent 21% du budget en comparaison à 19% pour le reste du Canada.

 

 

 

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