Une saison satisfaisante dans les circonstances

Par Stéphanie MacFarlane
Une saison satisfaisante dans les circonstances
Les plages de Venise-en-Québec ont été bondées cet été. (Photo : Archives - Le Canada Français)

La COVID-19 et l’absence d’événements majeurs ont eu leurs effets sur le bilan estival des entreprises touristiques de la région. Malgré cela, Tourisme Haut-Richelieu dresse un constat somme toute positif pour plus de la moitié des attraits touristiques du secteur.

«C’est un bilan en dents de scie. Il y a beaucoup d’entreprises qui s’en sont bien tirées cet été et peu qui s’en sont mal tirées», résume Isabelle Charlebois, directrice générale de Tourisme Haut-Richelieu.

Cette dernière rappelle que 85 % des entreprises touristiques étaient ouvertes durant la saison estivale. Parmi les entreprises fermées, il y avait notamment les croisières. Le bilan dressé par Tourisme Haut-Richelieu va de la mi-juin à la mi-septembre 2020.

De plus, le comparatif se fait avec l’année 2019, une année record pour le tourisme dans le Haut-Richelieu, mais aussi au Québec, nuance Mme Charlebois.

«On compare avec des données qui étaient excellentes. Les campings, les auberges et les hébergements touristiques s’en sont bien tirés», indique Mme Charlebois.

Les plages de Venise-en-Québec ont été bondées cet été. À croire que les gens ont troqué les étendues de sable d’Old Orchard et d’Ogunquit pour celles de la baie Missisquoi. Tourisme Haut-Richelieu souligne que La cache du lac Champlain a vu son taux d’occupation augmenter de 5 % et celui des campings de 10 %. L’Auberge du lac Champlain a eu un très beau début de saison, mais un incendie majeur, survenu le 14 août, a mis abruptement fin à sa saison estivale.

Hôtels urbains

Les hôteliers situés en milieu urbain ne l’ont pas eu facile. «Les hôtels de Saint-Jean-sur-Richelieu, comme partout au Québec, ont des taux d’occupation d’environ 10 %. C’est assez dramatique considérant qu’habituellement le taux d’occupation moyen varie entre 50 et 75 % dépendamment des mois de l’année», poursuit Mme Charlebois.

Les difficultés vécues par les hôtels qui n’offrent pas de villégiature s’expliquent notamment par l’absence du tourisme d’affaires et l’annulation de tous les événements majeurs et des rassemblements. À titre d’exemple, l’International de montgolfières occupe généralement une grande part de l’hébergement en août.

«On supporte les hôteliers en faisant de la forfaitisation. On ne peut pas attirer des groupes, alors on travaille le tourisme individuel. On fait des forfaits parce que les gens ont le goût de sortir de la maison et de s’offrir de petits week-ends d’évasion», enchaîne Mme Charlebois.

D’après le bilan de Tourisme Haut-Richelieu, les restaurateurs ont connu une période satisfaisante de la mi-juin à la mi-septembre. Non seulement les salles à manger étaient ouvertes, mais plusieurs restaurants bénéficiaient d’une terrasse. La clientèle a aussi profité des commandes à emporter.

Plein air et agrotourisme

Le point marquant du bilan estival est l’attirance des visiteurs pour le plein air, le nautisme et l’agrotourisme. «Les données sont impressionnantes», clame Mme Charlebois.

Par exemple, le Centre d’interprétation du milieu écologique (CIME) du Haut-Richelieu n’a pas dérougi de l’été, le chiffre d’affaires d’Arbraska à Mont-Saint-Grégoire a augmenté de 10 %, tandis que les golfs ont connu un été record. Le nombre de parties de golf a bondi de 25 %.

Les producteurs agrotouristiques disent avoir accueilli moins de visiteurs, mais ceux-ci ont dépensé plus, faisant augmenter leur chiffre d’affaires.

Enfin, le téléchargement des circuits autonomes sur l’application Ondago a grimpé de 36 %, alors qu’aucune promotion n’avait été faite en ce sens. «Les gens recherchaient des circuits autonomes. On voit qu’ils ont un potentiel. On va les bonifier pour l’année prochaine. C’est une tendance qui va se maintenir», croit Mme Charlebois.

Visiteurs

La provenance des visiteurs est sensiblement la même que par les années passées. Seule différence ? Plus de résidents des Laurentides et des Cantons-de-l’Est ont été de passage dans le coin.

L’absence des événements majeurs comme l’International de montgolfières, la Boom de l’été et Mon Vieux-Saint-Jean la Nuit ont aussi eu des effets sur le tourisme local. L’annulation de tous les événements représente environ 500 000 visiteurs de moins pour la saison estivale. Cela se répercute notamment sur les nuitées, la création d’emplois, les artistes et les commerces locaux.

Et 2021 ?

L’évolution de la COVID-19 étant incertaine, Tourisme Haut-Richelieu s’attend à ce que l’été 2021 soit similaire à la saison estivale 2020. L’organisme aimerait toutefois voir plus d’entreprises être ouvertes.

«Les croisières vont rouvrir et on souhaite que les salles de spectacle soient ouvertes. On espère qu’il y ait des règles qui permettent aux événements de reprendre tranquillement. Est-ce qu’on peut espérer un été 2021 comme celui de 2019 ? Non. La reprise va être graduelle», est d’avis Isabelle Charlebois.

Mais avant de se rendre à l’été, il faut passer par l’hiver et le printemps. Pour la saison hivernale, Tourisme Haut-Richelieu fera la promotion des attraits de plein air. «C’est ce qu’on a de plus vendeur avec les attraits d’agrotourisme qui sont ouverts», souligne Mme Charlebois.

Une attention spéciale est aussi portée aux érablières. «On a une campagne de boîtes-cadeaux qui est en cours pour les supporter. On souhaite prolonger cette campagne pour le temps des sucres», indique-t-elle. Si les érablières ne peuvent accueillir de tablées ce printemps en raison des consignes sanitaires, Tourisme Haut-Richelieu les soutiendra dans la vente de leurs produits, conclut Mme Charlebois.

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