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Les maisons à vendre à plus de 500 000$ se multiplient

Par Stéphanie MacFarlane
Les maisons à vendre à plus de 500 000$ se multiplient
Large kitchen in suburban home with wood cabinetry (Photo : Deposit Photos)

Les prix des résidences unifamiliales à Saint-Jean-sur-Richelieu sont en hausse de plus de 30% depuis un an. Et cette tendance se maintient. Selon un recensement effectué par Le Canada Français sur le site Centris.ca, le prix demandé du tiers des maisons à vendre est supérieur à 500 000$ sur le territoire, ce qui représente un enjeu d’accessibilité pour certains acheteurs.

Le 14 octobre dernier, 156 propriétés de type unifamiliales étaient à vendre sur le territoire johannais. Le prix demandé de 52 d’entre elles était minimalement d’un demi-million de dollars.

Plus précisément, 29 maisons étaient affichées entre 500 000$ et 749 999$, 14 résidences se situaient entre 750 000$ et 999 999$ et neuf vendeurs demandaient plus de 1 M$. La maison la plus chère était affichée à 4 998 000$. Les autres se situaient plutôt entre 1 075 000$ et 2 500 000$.

Dans une tranche de prix plus accessibles, 24 résidences étaient affichées entre 400 000$ et 499 999$, 45 se situaient entre 300 000$ et 399 999$ et 31 maisons étaient à vendre entre 200 000$ et 299 999$. Quatre résidences étaient offertes à moins de 200 000$.

Maisons de prestige
Plusieurs maisons affichées à plus de 500 000$ se vendent en quelques jours, souligne Michel Benoit, courtier immobilier chez Proprio Direct. Et celles dont le prix demandé est supérieur à 1 M$ trouvent preneur plus rapidement qu’avant.

«Habituellement, il s’en vend une à deux par année à Saint-Jean. Là, il y en a plusieurs qui se sont vendues rapidement. C’est l’année où les maisons les plus chères se vendent», poursuit M. Benoit. Une résidence récemment affichée à 1,75 M$ a reçu des offres multiples et s’est vendue à plein prix, cite en exemple Julie Bessette, courtière immobilière chez Proprio Direct.

Mais ce sont pour les maisons affichées entre 200 000$ et 350 000$ que les offres multiples sont monnaie courante, notamment en raison de leur rareté sur le marché. Elles trouvent souvent preneurs en quelques jours seulement après avoir été inscrites. Récemment, M. Benoit a reçu 14 offres d’achat pour une résidence de cette gamme.

Hausse de 31%
À Saint-Jean-sur-Richelieu, le prix médian et le prix moyen de vente des maisons unifamiliales ont bondi de 31% en un an pour respectivement s’établir à 350 250$ et 385 517$, selon le baromètre du 3e trimestre 2020 publié par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ) d’après la base de données provinciale Centris. L’an passé, le prix médian était plutôt de 265 000$ et le prix moyen était 294 167$.

«Avant, pour un beau produit, on parlait de 350 000$ à 400 000$. Maintenant, à 350 000$, c’est un produit standard. Le prix moyen a tellement augmenté vite», témoigne Julie Bessette. «Actuellement, les maisons affichées entre 500 000$ et 550 000$ sont celles qui étaient affichées entre 350 000$ et 400 000$ il y a quelques années. Le prix moyen s’est déplacé de 100 000$», renchérit Michel Benoit.

Premiers acheteurs
Cette situation est loin d’être favorable pour les premiers acheteurs. «Pour eux, honnêtement, c’est difficile», lance Cédric Lebeau, courtier immobilier et président de RE/ MAX Évolution.

Il remarque que ceux qui souhaitent acquérir une résidence à Saint-Jean-sur-Richelieu vont augmenter leur budget en le faisant passer par exemple de 300 000$ à 350 000$. «Les taux d’intérêt sont actuellement très bas. Ça les aide. De plus, avec la COVID-19, certains vont prioriser l’achat d’une maison et donc, revoir leurs dépenses», dit M. Lebeau.

D’autres vont plutôt opter pour la «banlieue» de Saint-Jean-sur-Richelieu, soit Sainte-Anne-de-Sabrevois, Mont-Saint-Grégoire, Saint-Blaise-sur-Richelieu ou encore Saint-Alexandre. «Certains n’ont pas d’autres options que d’élargir leur choix parce qu’ils ne peuvent pas se permettre d’acheter à Saint-Jean. Ceux qui achètent par exemple à Sabrevois ou à Saint-Alexandre sont davantage des gens du coin», observe Julie Bessette.

Un plafond?
Aux yeux de Cédric Lebeau, le marché johannais est en mode rattrapage par rapport à la Rive-Sud et à l’île de Montréal où les prix sont plus élevés qu’ici. Il croit que le plafonnement des prix est loin d’être atteint. Il cite en exemple le prix des terrains résidentiels. «Il y a quelques années, on riait de voir que le pied carré se vendait 30$ au Quartier DIX30. Aujourd’hui, le pied carré se vend environ 32$ à Saint-Jean et il est rendu à 60$ au DIX30. Le monde se pousse vers chez nous. On s’est vite conformé», relate-t-il.

Les courtiers observent aussi l’arrivée de nombreuses familles de Montréal ou de la Rive-Sud. «On a beaucoup d’acheteurs de Montréal, Verdun, Longueuil et Laval. À l’époque, c’était les propriétés haut de gamme qui attiraient les gens de l’extérieur. Là, peu importe la gamme de prix, on a un gros pourcentage d’acheteurs provenant de l’extérieur», souligne Michel Benoit. «On est une aubaine pour eux comparé à leur marché. Ça fait augmenter nos prix», renchérit Julie Bessette.

«Beaucoup de gens de Montréal veulent un pied-à-terre, avoir un bel environnement et de l’espace pour le télétravail. La ville est intéressante et encore achetable. Réellement, c’est le temps d’investir à Saint-Jean», enchaîne Cédric Lebeau.

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