Le Haut-Richelieu se retrouve en zone rouge

Par Stéphanie MacFarlane
Le Haut-Richelieu se retrouve en zone rouge
(Photo : Archives - Jessyca Viens-Gaboriau)

Toute la Montérégie passe en zone rouge à compter de vendredi, annonce la Direction de santé publique de la Montérégie. Cela inclut le Haut-Richelieu qui avait été épargné jusqu’à maintenant des mesures les plus sévères annoncées par le gouvernement du Québec.

La liste des restrictions en vigueur pour l’alerte maximale au coronavirus est sans équivoque. Le passage en zone rouge est justifié, affirme Dre Julie Loslier, directrice de santé publique de la Montérégie.

En termes de progression de la maladie, la Montérégie affiche le pire bilan en ce moment. «Les taux d’infection ont augmenté dangereusement dans l’ensemble des MRC au courant des derniers jours. La zone rouge est une décision de protection. C’est la meilleure décision actuellement», dit-elle.

Aucun visiteur n’est permis à domicile, ni au chalet. Il est fortement déconseillé de se déplacer d’une région à l’autre. Les rassemblements dans des lieux publics sont interdits, sauf dans les lieux de culte et pour des funérailles. Dans ces deux cas, 25 personnes maximum y sont admises et elles doivent toutes signer le registre des présences.

Les visites à des fins humanitaires sont permises dans les CHSLD et les résidences pour aînés. Les proches aidants doivent se présenter un à la fois dans ces établissements, pour un maximum de deux personnes par jour en centre d’hébergement.

Personnes seules
Les personnes vivant seules bénéficient d’une exception. Idéalement, leur unique visiteur devrait toujours être le même. Les proches aidants sont également permis à la maison, de même que les personnes offrant un service, du soutien ou de la main-d’œuvre pour des travaux prévus.

Les salles à manger des restaurants, les bars, les brasseries et les tavernes devront fermer leurs portes. Les restaurateurs pourront uniquement compter sur les mets pour emporter et les commandes à l’auto. Les microbrasseries devront quant à elles fermer leur service de consommation sur place.

Les entreprises, commerces et boutiques demeureront ouverts, y compris les services professionnels et de santé en cabinet privé. Les soins personnels et esthétiques sont maintenus. Dans les saunas et les spas, seuls les soins personnels sont dispensés.

Entraînement
Toutes les salles d’entraînement doivent fermer leurs portes en zone rouge. Aucune compétition n’est permise, pas plus que les activités sportives ou de loisirs organisés. Les activités individuelles ou en duo sont autorisées, de même que l’entraînement individuel. Les installations sportives intérieures sont ouvertes pour la pratique libre, mais les vestiaires sont fermés.

Antoine L’Estage, copropriétaire du Crunch Fitness, souligne qu’il s’attendait à devoir fermer son centre situé au Carrefour Richelieu. Ses trois autres salles situées à Montréal et à Chambly ont cessé leurs opérations le 8 octobre. «On croit qu’on fait partie de la solution pour combattre le virus parce que les gens en meilleure forme physique ont un meilleur système immunitaire et une meilleure santé mentale, mais on doit se plier. On n’a pas le choix», indique M. L’Estage.

Ce dernier, qui souhaite remercier ses clients pour leur fidélité, souligne que la survie de son entreprise n’est pas menacée par la fermeture temporaire en raison de la COVID-19.

Spectacles
Les salles de spectacle, les cinémas, les théâtres et les musées seront fermés à compter de vendredi. Les bibliothèques offriront seulement le prêt au comptoir.

À la SPEC du Haut-Richelieu, qui opère le Théâtre des Deux Rives et le Cabaret-Théâtre, la directrice des communications, Isabelle Laramée, indique que le diffuseur est présentement en train de regarder si les artistes qui devaient présenter les quatre spectacles prévus entre le 16 et le 28 octobre acceptent de ne se produire qu’en virtuel. Les spectateurs qui avaient acheté un billet en salle auront la possibilité de voir le spectacle en virtuel ou d’être remboursés. Les activités du ciné-club sont pour leur part suspendues.

Le diffuseur avait lancé sa programmation automnale il y a quelques semaines. Malgré les précautions déployées pour assurer la sécurité des visiteurs, les ventes étaient très timides. «C’est très difficile de vendre des billets alors que le gouvernement table de rester chez soi, explique la directrice des communications. Il y a un double discours. Nous avons l’impression de ramer contre le vent.»

Écoles
Dans les écoles primaires, à partir du lundi 19 octobre, le groupe-classe doit rester le même, y compris à l’heure du dîner, mais sans mesures de distanciation sociale. Les élèves de différentes classes doivent rester à deux mètres les uns des autres dans les aires communes.

Le personnel scolaire doit porter un masque en tout temps. Les activités parascolaires sont suspendues et les visiteurs dans l’école sont réduits au minimum.
Les élèves du secondaire devront quant à eux porter un masque en tout temps à l’intérieur de l’école et sur le terrain de celle-ci. Le personnel devra faire de même. En quatrième et cinquième secondaire, les élèves fréquenteront l’école une journée sur deux. Les activités parascolaires sont suspendues et les visiteurs réduits au minimum.

Le port du masque sera obligatoire en tout temps pour les élèves et le personnel dans les centres d’éducation pour adultes et de formation professionnelle. La formation à distance doit être privilégiée pour les programmes s’y prêtant le mieux. La présence en classe est recommandée pour les élèves à risque de décrochage ou à besoins particuliers.

Restauration
Les salles à manger des restaurants fermeront jeudi soir à minuit. Seule la vente des mets à emporter sera permise. Steve Trépanier, propriétaire du restaurant Le Steak Frites de Saint-Jean, n’est pas surpris de l’annonce.

Depuis mardi midi, le téléphone ne dérougit pas, raconte-t-il. Le restaurant avait déjà de nombreuses réservations pour la prochaine fin de semaine et les clients ont voulu les devancer. Beaucoup de clients fidèles veulent aussi venir nous encourager avant la fermeture, mentionne-t-il.
Contrairement au printemps, Steak Frites n’offrira pas de mets à emporter. Il ferme complètement ses portes. M. Trépanier a l’impression que les restaurants n’ouvriront pas avant le mois de janvier.

En début de semaine, ses frigidaires étaient pleins. Jusqu’à jeudi soir, minuit, le restaurant va rouler à plein, dit-il. Au cours des deux dernières semaines, il s’est fait de nombreux nouveaux clients qui ont découvert le restaurant et ont promis de revenir. «Nous avons été chanceux de profiter de deux semaines d’extra», dit-il en restant optimiste. Pour le personnel, c’est décourageant et stressant, mais on veut les aider, ajoute-t-il.

Chambre de commerce
Michel Milot, directeur général de la Chambre de commerce et de l’industrie du Haut-Richelieu, est sans mot. «J’ai été entrepreneur il n’y a pas si longtemps et c’est encore dans mon cœur. Je pense aux restaurants, aux bars, aux gyms, la survie n’est pas évidente. Il faut s’assurer que les gens aillent chercher les aides disponibles.»

Il ajoute entendre deux sons de cloche différents. «Il y a ceux qui ont bien performé durant la première vague et qui n’ont pas vu une grande différence dans leur chiffre d’affaires et il y en a d’autres qui ont clairement dit qu’ils ne seraient pas capables de passer à travers une deuxième vague», poursuit M. Milot.

Et après?
Qu’arrivera-t-il à la fin du mois, après un effort de 28 jours? «Il faut être conscient qu’on ne reviendra pas en arrière après 28 jours, laisse tomber Dre Julie Loslier. Certaines permissions pourraient être accordées selon le niveau de risque. Jusqu’au vaccin, il faut s’attendre à faire certains compromis.»
Avec la collaboration de Louise Bédard, Karine Guillet et Stéphanie Mac Farlane

 

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