Le Haut-Richelieu veut devenir une zone d’innovation

Par Stéphanie MacFarlane
Le Haut-Richelieu veut devenir une zone d’innovation
Sur la photo : Réal Ryan, Patrick Alarie, Steve Hétu, Michel Milot, Yvan Berthelot, Marco Savard, Véronique Tougas, Paul-Émile Lévesque, Jean-Marc Sheitoyan, Aliénor Lougerstay et Bachar Elzein. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

La communauté d’affaires et le milieu politique du Haut-Richelieu s’unissent pour déposer en septembre un plan d’affaires au ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI). L’objectif ? Que la région soit sélectionnée afin de devenir une zone d’innovation en matière de sécurité civile et publique. Le Haut-Richelieu souhaite aussi y inclure son projet de parc d’affaires et d’innovation régional (PAIR).

Les zones d’innovation que mettra en place le MEI auront le rôle d’attirer des talents, des entrepreneurs, des grands donneurs d’ordre ainsi que des chercheurs autour d’une thématique précise. Ces zones devront aussi offrir un environnement diversifié propice à la qualité de vie et au bien-être. Le gouvernement devrait annoncer la première zone cet automne.

Dans le Haut-Richelieu, un collectif souhaite mettre en place un pôle d’innovation autour du créneau de la sécurité civile et publique. NexDev | Développement économique Haut-Richelieu a été mandaté pour porter le dossier. Sa gouvernance a été récemment revue par la MRC afin de lui octroyer la gestion du développement économique du Haut-Richelieu. NexDev pourra compter sur InnoSécur, un organisme à but non lucratif dont la mission est l’innovation durable en matière de sécurité des communautés, des personnes et des biens.

Zone d’innovation

Selon le projet présenté, la zone d’innovation du Haut-Richelieu comprendrait certaines activités aéroportuaires, la gestion des opérations de l’incubateur, l’implantation d’un guichet unique de services économiques, une zone franche en milieu périurbain et la poursuite de l’implantation d’un guichet douanier.

Le projet vise aussi à s’associer avec les milieux scolaires, incluant l’université. « C’est un projet ambitieux qui sera créateur de richesse et qui sera un modèle de développement durable. Pour nous, il en est de la survie économique du Haut-Richelieu », mentionne Yvan Berthelot, maire suppléant de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Les données, quant aux retombées économiques, aux emplois créés, aux investissements potentiels et aux nouvelles entreprises, ne sont pas encore quantifiées, mais le seront. Soulignons que la mise en place d’une zone d’innovation ne s’accompagne pas d’argent sonnant, mais plutôt d’un accompagnement. Québec jouera un rôle de facilitateur, par exemple, pour amener une université à y établir un campus ou une chaire de recherche.

Partenaires

Une rencontre a été récemment tenue pour présenter le projet de zone d’innovation. Le milieu politique était représenté par Yvan Berthelot, Réal Ryan, préfet de la MRC du Haut-Richelieu et Marco Savard, conseiller municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu et vice-président de NexDev.

Patrick Alarie, président de NexDev et de Batterie Natech, Bachar Elzein et Aliénor Lougerstay, président et contrôleuse financière de Reaction Dynamics, Paul-Émile Lévesque, du Groupe de développement aéroport, Véronique Tougas, présidente de Cambli, vice-présidente de NexDev et administratrice d’InnoSécur, Jean-Marc Sheitoyan, chef de la stratégie chez Mawashi Science et Technologie, Laurent Aubut, directeur par intérim d’InnoSécur, Steve Hétu, président-directeur général de la Corporation du Fort Saint-Jean et président d’InnoSécur ainsi que Michel Milot, directeur général de la Chambre de commerce et de l’industrie du Haut-Richelieu représentaient le milieu des affaires.

Joane Saulnier, directrice générale de la MRC du Haut-Richelieu et François Vaillancourt, directeur général de la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu étaient également présents.

PAIR

Tous souhaitent travailler ensemble pour doter le Haut-Richelieu d’une zone d’innovation. Celle proposée par le groupe comprendrait aussi la mise en place du PAIR. « Le PAIR est toujours là pour nous. C’est un incontournable. On veut le réaliser. L’avenir de la région passe par la création de cette zone d’innovation au carrefour des autoroutes 10 et 35, surtout avec les conditions gagnantes : le REM et le parachèvement de l’autoroute 35 », ajoute Yvan Berthelot.

La MRC du Haut-Richelieu a récemment demandé au gouvernement du Québec d’adopter un décret afin d’exclure de la zone agricole permanente la terre située le long de l’autoroute 35 dans le secteur Saint-Luc. Ce lot avait déjà été identifié pour y aménager le PAIR et a fait l’objet de diverses décisions.

Béton

Le député de Saint-Jean, Louis Lemieux, n’était pas présent à la rencontre associant la communauté d’affaires et le milieu politique. Il souhaite que le Haut-Richelieu devienne une zone d’innovation, mais considère que le projet du PAIR n’y a pas sa place, du moins, pas pour l’instant.

« Une zone d’innovation ne nécessite pas du béton. C’est un magma d’intérêts sur la même thématique qui devient éventuellement un quartier, si quartier il y a. J’appuie la zone d’innovation sans réserve, mais en ce qui me concerne, le PAIR, c’est mettre la charrue devant les boeufs », dit Louis Lemieux. Ce dernier ajoute que « la demande de décret est dans le tiroir du premier ministre. Je ne suis pas en train de travailler pour aller chercher un décret à Québec. Je travaille pour obtenir une zone d’innovation pour la région. Le PAIR et la zone d’innovation ne sont pas incompatibles, mais dans cet ordre, c’est la charrue devant les boeufs », poursuit M. Lemieux.

Et la suite?

Suspendu par la Commission municipale du Québec, le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu, Alain Laplante, était absent de la rencontre. Ouvertement contre le PAIR qui nécessiterait un dézonage de terres agricoles, il reprendra ses fonctions en août.

« On parle de la zone d’innovation depuis un an. M. Laplante est au courant. Les résolutions ont été passées par le régional, incluant la Ville. M. Laplante aura le choix de dire s’il est contre. S’il l’est, il devra dire pourquoi », réagit Réal Ryan. « La machine est en marche. On veut que ça se fasse respectueusement. On va écouter les gens et les informer. L’invitation est lancée à M. le maire de faire partie de la relance économique », renchérit M. Berthelot.

Dans une lettre ouverte publiée en page B-5 du Canada Français du 30 juillet 2020, l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie soutient que la MRC du Haut-Richelieu doit renoncer à son projet de dézonage de terres agricoles.

L’écosystème d’innovation vue par des entrepreneurs

Des entrepreneurs de la région ont eu l’occasion de visiter un écosystème d’innovation en Israël dans le cadre d’une mission économique. La zone d’innovation que le groupe souhaite mettre en place s’inspire de cette vision et a été adaptée aux réalités du Haut-Richelieu.

« Travailler dans un écosystème d’innovation est probablement la façon la plus efficace pour les entreprises d’y arriver, surtout dans un contexte où il faut se renouveler », expose Véronique Tougas, présidente de Cambli, vice-présidente de NexDev et administratrice d’InnoSécur.

Un écosystème permet de « faire travailler le terrain et les besoins avec les centres de recherche et les entreprises. Quand on connecte ces pôles-là, ça aide à innover. Quand les entreprises travaillent ensemble, elles peuvent développer plus de solutions et de produits et aller au marché plus rapidement », poursuit Mme Tougas. Une opinion partagée par Bachar Elzein, président de Reaction Dynamics et Jean-Marc Sheitoyan, chef de la stratégie chez Mawashi Science et Technologie.

L’innovation permet aussi de s’ouvrir à l’international. « C’est la clé qui va faire qu’on va être concurrentiel à long terme et être capable de se détourner de cette dépendance qu’on a envers les États-Unis et d’aller vers les marchés internationaux », ajoute Véronique Tougas.

Main-d’oeuvre

L’innovation permettra également d’attirer de la main-d’oeuvre qualifiée. « J’aimerais qu’on puisse attirer des talents, des gens qui sont hautement éduqués et qualifiés et qui auraient envie de s’établir dans la région pour y travailler et y vivre. On est dans une économie du savoir et de l’information », poursuit M. Sheitoyan.

Les trois manufacturiers sont d’avis qu’en plus de contribuer à l’essor des entreprises, la zone d’innovation permettra à la communauté de s’enrichir grâce aux retombées économiques, mais aussi par la culture d’innovation qui sera inculquée.

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Tristan Jobin
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Tristan Jobin

C’est un reportage ou une infopub de promotion? Absolument désolant de la part du Journal mais pas surprenant du tout. Allez donc mettre cet article sur le Facebook du CF pour avoir les commentaires des citoyens.

Hype Rodes
Invité
Hype Rodes

Bin, voyons donc !
On utilise des termes ecologiques pour qualifier la destruction des terres agricole, pour remplacer la terre par du béton… c’est ratoureux comme front page !

On devrait s’occuper des infrasctructures et commerces existants, mais aussi protéger les (rares) milieux naturels qui restent dans notre ville, et le mettre en valeur au lieu de partir des projets qui vont graisser la patte aux « p’tits amis » d’une couple d’élus sans scrupules.

Je ne crois pas que les citoyens de cette ville veulent prioriser ce genre de projet…

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[…] Le Haut-Richelieu veut devenir une zone d’innovation | canadafrancais.com, 30 juillet 2020 Dans une lettre ouverte publiée en page B-5 du Canada Français du 30 juillet 2020, l’Union des producteurs agricoles de la Montérégie soutient que la MRC du Haut-Richelieu doit renoncer à son projet de dézonage de terres agricoles. […]