Travaux de désamiantage sur le site de Carpettes Lanart

Par Stéphanie MacFarlane
Travaux de désamiantage sur le site de Carpettes Lanart
Le propriétaire de Carpettes Lanart indique que les travaux de décontamination devraient durer entre quatre et six semaines. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Une véritable course contre la montre est enclenchée dans le quartier Saint-Gérard. Les travaux de désamiantage des décombres du bâtiment de Carpettes Lanart, ravagé par un violent incendie ce printemps, sont enclenchés. L’objectif ? Avoir terminé le 26 août afin de permettre aux 800 élèves de l’école St. Johns de retourner en classe à la rentrée scolaire.

Depuis quelques jours, des bâches orange ont été installées afin de ceinturer tout le site du 375, rue Saint-Louis. L’endroit avait été le théâtre d’un important incendie le 19 avril. L’imposant bâtiment s’était rapidement effondré. Le brasier n’était pas passé inaperçu des Johannais puisqu’un imposant panache de fumée dense et noire était visible des kilomètres à la ronde. La lutte contre l’incendie a duré plus de 30 heures.

L’entreprise Delsan AIM, située à Laval, a été mandatée pour procéder au désamiantage et à la démolition des vestiges. L’entrepreneur compte à son actif de nombreux projets d’envergure, dont la démolition et la décontamination de l’aéroport de Mirabel. « Les travaux doivent durer entre quatre et six semaines. L’idée est de terminer avant le 26 août, avant que l’école recommence. Après, il ne restera que le métal à transporter », expose Derek Galbraith, propriétaire de Carpettes Lanart. Selon l’échéancier partagé par M. Galbraith, cette ultime étape serait complétée le 1er septembre. Ce dernier maintient son objectif de reconstruire rapidement un bâtiment afin de reprendre la production de tapis en mai 2021.

Enquête

Derek Galbraith mentionne que l’entreprise Delsan AIM est spécialisée dans ce genre de travaux et que la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) est partie prenante. « L’entrepreneur connaît toutes les mesures à prendre. Tout ce qui rentre et sort du site est lavé. Les travailleurs utilisent de l’eau pour que l’amiante ne bouge pas », enchaîne Derek Galbraith.

Il ajoute que son assureur a permis l’accès au site il y a environ trois semaines. L’enquête de l’assurance a conclu à un incendie accidentel dont l’origine est indéterminée, poursuit M. Galbraith. De son côté, la Sûreté du Québec considère qu’il s’agit d’un incendie d’origine suspecte et poursuit son enquête. La porte-parole Ingrid Asselin mentionne que le corps de police est en attente de résultats d’analyses.

Rentrée scolaire

M. Galbraith indique être en contact avec la direction de l’école St. Johns. Il compte l’aviser si les travaux accusent du retard. La directrice de l’établissement scolaire de la rue Saint-Michel, Colleen Lauzier, a publié un message sur la page Facebook de l’école le 24 juin dans lequel elle précise qu’elle travaille avec les différents acteurs impliqués dans le dossier pour préparer la rentrée scolaire. « Tous les efforts sont faits pour que nous retournions à l’école à la fin de l’été », écrit-elle. Le Canada Français a tenté de s’entretenir avec Mme Lauzier, mais sans succès : l’école est fermée jusqu’au 17 août.

De l’école St. Johns, sur la rue Saint-Michel, on voit bien les décombres de l’usine de production de tapis. L’établissement n’a pas pu accueillir des étudiants lors de la reprise des cours.

De son côté, la Direction de santé publique (DSP) de la Montérégie, par l’entremise de sa porte-parole Chantal Vallée, indique être en pourparlers avec le Centre de services scolaire Riverside au sujet de la rentrée scolaire. Rappelons qu’en mai, la DSP de la Montérégie a recommandé la fermeture de l’école St. Johns au moins jusqu’à la fin de l’année scolaire 2019-2020. La DSP motivait sa décision notamment en raison de la grande proximité de l’institution scolaire avec Carpettes Lanart et la découverte de débris de l’incendie contenant de l’amiante dans la cour et sur le toit de l’école.

Environnement

La Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu et le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) sont également en communication avec le propriétaire des lieux.

Le MELCC a inspecté le site le 13 mai et le 30 juin. Des demandes concernant la gestion des matières dangereuses résiduelles (MDR) présentes sur les lieux ont aussi été communiquées aux représentants de l’entreprise le 24 avril et le 14 mai.

« Une lettre a été acheminée à l’entreprise le 11 juin, demandant de prendre sans délai les mesures requises afin d’éviter tout risque de porter atteinte à la qualité de l’environnement, de récupérer les MDR sur le site et d’en disposer vers un lieu autorisé », poursuit Sophie Gauthier, porte-parole régionale du MELCC. Elle précise qu’il n’y aurait actuellement pas de risque de contamination provenant des MDR.

Les travaux de désamiantage des décombres du bâtiment de Carpettes Lanart qui a été ravagé par un violent incendie, le 19 avril dernier, sur la rue Saint-Louis, sont en cours depuis lundi. Les travaux de décontamination doivent durer entre quatre et six semaines de façon à ce que l’école St. Johns puisse accueillir ses 800 étudiants, le 26 août prochain. Une cinquantaine de résidents du secteur doivent pour leur part prendre certaines précautions en raison de la présence d’amiante dans les ruines de l’usine de tapis qui sera reconstruite.

Une cinquantaine de résidents doivent prendre des précautions

D’ici à ce que les travaux de désamiantage soient complétés chez Carpettes Lanart, une cinquantaine de résidents du secteur doivent prendre certaines précautions en raison de la présence d’amiante dans les décombres de l’usine. Les risques associés sont toutefois qualifiés de « faibles » par la Direction de la santé publique (DSP) de la Montérégie.

Le 22 juin, une cinquantaine de résidents des rues Saint-Michel, Dorchester et Toupin ont reçu un document d’une page de la DSP, notamment parce que des débris d’incendie ont été trouvés dans le secteur.

« La Direction de santé publique a décidé de communiquer avec les résidents des rues voisines par précaution, bien que les risques à la santé soient jugés faibles, parce que nous ne [savions] pas quand les travaux auraient lieu sur le site de Carpettes Lanart. La Direction de santé publique n’est pas inquiète pour la santé des résidents du secteur », indique Chantal Vallée, porte-parole du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Centre. Mme Vallée précise aussi que d’ici la démolition du bâtiment, il n’est pas impossible que des matériaux relâchent des fibres d’amiante dans l’environnement.

Nettoyage

L’amiante est reconnu comme une matière cancérigène et représente un risque pour la santé s’il se retrouve en suspension dans l’air par les activités, par exemple le balayage ou les courants d’air. L’exposition doit donc être réduite au minimum. La DSP mentionne que l’amiante présent dans la poussière déposée au sol ou sur une surface ne représente pas de risque pour la santé.

Même si elle juge le « risque faible » pour la santé, la DSP recommande aux résidents concernés de changer les filtres à air dans les maisons pourvues d’un échangeur d’air et de nettoyer, à l’aide d’un linge humide, les surfaces extérieures où il semble y avoir accumulation de poussière.

« Le linge humide a pour objectif de limiter l’accumulation et la dispersion dans l’air de la poussière. Ce nettoyage devrait être répété régulièrement, en fonction de l’accumulation de poussière, jusqu’à ce que les travaux de démolition et de nettoyage sur le site soient terminés », écrit la DSP dans la lettre adressée aux citoyens.

Emballage St-Jean

Chantal Vallée souligne également que des interventions ont été réalisées auprès d’Emballage St-Jean. L’entreprise est située près de Carpettes Lanart et se trouvait dans la trajectoire du panache de l’incendie.

« Il y a eu des échanges avec des représentants de la direction de l’entreprise et des travailleurs sur les mesures à prendre pour évaluer la situation et le nettoyage à faire à la suite de l’incendie par mesure de précaution. Les mesures déjà mises en place par Emballage St-Jean étaient rassurantes », souligne Mme Vallée.

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