Les logements pour aînés toujours en demande

Par Stéphanie MacFarlane
Les logements pour aînés toujours en demande
(Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Malgré l’ajout de centaines de logements destinés aux aînés, la demande pour vivre en résidence pour personnes âgées (RPA) demeure vigoureuse à Saint-Jean-sur-Richelieu, selon les résultats de l’Enquête sur les résidences pour personnes âgées de 2020 récemment publiés par la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Le taux d’inoccupation a d’ailleurs diminué, ce qui a tiré vers le haut le prix moyen des loyers.

À Saint-Jean-sur-Richelieu, le taux d’inoccupation pour les places standards qui requièrent moins de 90 minutes de soins par jour est passé de 8,2 % à 7 %. Or, le nombre de logements en sol johannais a augmenté, passant de 1710 en 2019 à 1953 cette année. « Si le taux d’inoccupation a baissé malgré l’ajout de nouvelles unités, c’est que la demande a été plus rapide que l’offre », indique Francis Cortellino, économiste à la SCHL.

Sans l’arrivée des nouveaux joueurs comme Sélection St-Jean et le Quartier par Excellence dans l’écosystème des RPA en sol johannais, Francis Cortellino n’exclut pas qu’il aurait pu y avoir des effets néfastes sur le taux d’inoccupation. Il souligne aussi que la situation peut s’expliquer par une demande latente.

Quant au loyer mensuel moyen, il est passé de 1694 $ à 1796 $ en un an, soit légèrement plus bas qu’en 2018 où le loyer mensuel moyen était de 1835 $ alors que le taux d’inoccupation était de 5,5 %. En 2020, une chambre individuelle coûte en moyenne 1569 $ par mois, un studio 1737 $, un appartement d’une chambre 1757 $ et un appartement de deux chambres 2185 $.

Sur le terrain

Tant à la Résidence les Trois Violettes qu’à la Résidence Samuel de Champlain, le taux d’inoccupation se situe actuellement à 5 %. Et les deux dirigeants interrogés par Le Canada Français croient que leurs unités vacantes ne le seraient pas s’il n’y avait pas la COVID-19. « Les gens attendent. J’ai trois personnes prêtes à rentrer, mais elles attendent de ne pas être obligées de s’isoler 14 jours dans leur logement à leur arrivée », mentionne Suzanne Lamarre, directrice générale de la Résidence les Trois Violettes, où la clientèle autonome a un âge moyen de 88 ans.

Louis Daigneault

À la Résidence Samuel de Champlain, il y a neuf unités qui sont libres. Cela représente un taux d’inoccupation de 5 %. « C’est quand même beaucoup parce qu’historiquement, c’était plus bas que ça. Les gens ne veulent pas signer de bail s’ils n’ont pas visité », souligne Louis Daigneault, le directeur général de l’endroit.

« Le bon côté, c’est que maintenant, les locataires vont avoir le choix des logements », ajoute M. Daigneault. Or, auparavant, l’offre était plus limitée, précise-t-il. La moyenne d’âge de sa clientèle autonome est de 85 ans.

Le Canada Français a tenté d’obtenir les commentaires de Sélection St-Jean et du Quartier par Excellence, mais sans succès.

Hausse

Depuis 2018, le nombre d’unités destinées aux personnes âgées est passé de 1525 à 1953, soit une augmentation de 428 (+28 %). L’an prochain, les résultats devraient aussi inclure la phase 2 du Quartier par Excellence, qui compte 167 unités et qui a ouvert ses portes en mars 2020. Celles-ci ne sont pas encore comptabilisées. La SCHL a relevé ses données en février 2020.

Malgré l’augmentation de l’offre sur le territoire, Francis Cortellino ne peut dire si elle sera suffisante pour accueillir les baby-boomers, dont les premiers célèbrent leur 75e anniversaire en 2020. « La grande question à laquelle il est difficile de répondre, c’est si les baby-boomers vont vouloir aller vivre dans les RPA et s’ils y vont, est-ce que ça va être plus tard en âge que les cohortes précédentes ? Il va falloir suivre l’évolution du marché des RPA pour les cinq à dix prochaines années », expose M. Cortellino.

Suzanne Lamarre

« D’un point de vue démographique, même si les RPA sont moins populaires chez les baby-boomers, ils sont tellement nombreux qu’en nombre de clients potentiels, ça ne fera pas une grande différence », ajoute-t-il.

Et la COVID-19 ?

Une nouvelle variable s’impose en 2020 : la COVID-19. Si la majeure partie des décès des aînés sont survenus en CHSLD, les RPA ont aussi été frappées par la crise. En date du 26 juin, 958 décès (17,6 %) avaient été déclarés en RPA au Québec, dont 189 en Montérégie. Francis Cortellino mentionne qu’il est trop tôt pour prédire comment l’industrie va s’adapter. « L’an prochain, on va suivre les résultats. Ce sera un facteur parmi les autres à surveiller », conclut-il.

L’enquête de la SCHL comprend 14 résidences de Saint-Jean-sur-Richelieu. La SCHL inclut les résidences qui ont au moins une unité non subventionnée, ont ouvert leurs portes depuis au moins un an, comptent dix unités locatives et plus, offrent sur place un service de repas, ne comptent pas exclusivement des résidents qui reçoivent des soins de longue durée et comptent au moins 50 % de locataires âgés de 65 ans ou plus.

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