Situation sous contrôle au centre de prévention du suicide

Par Marie-Pier Gagnon
Situation sous contrôle au centre de prévention du suicide
Directrice générale par intérim du Centre de crise et de prévention du suicide du Haut-Richelieu – Rouville, Myriam Lafond n’a noté aucune augmentation du nombre d’appels depuis le début de la pandémie. (Photo : Le Canada Français - Archives)

Prendre soin de soi. De sa santé mentale. À maintes reprises, les différents paliers gouvernementaux ont lancé ce message à la population au cours des dernières semaines. Et ça semble porter fruit. Au Centre de crise et de prévention du suicide Haut-Richelieu – Rouville (CCPSHRR), aucune hausse significative du nombre d’appels n’a été enregistrée depuis le début de la pandémie.

«Nous avons remarqué un déplacement des moments d’appel vers les soirs et les fins de semaine, mais en terme de chiffres, nous n’avons pas d’augmentation», confirme la directrice générale par intérim du centre de crise, Myriam Lafond. Quotidiennement, ce sont donc 80 interventions que le personnel réalise, incluant les suivis.

La pandémie amène son lot de questionnements et d’inquiétudes, mais c’est l’isolement qui demeure le principal sujet, voire l’unique sujet, des appels reçus. Il n’existe par ailleurs aucun portrait type de la clientèle faisant appel aux services de l’organisme qui gère entre autres la ligne 1 866 APPELLE et un service d’hébergement de crise qui demeure accessible pendant la pandémie.

Saine anxiété

Hommes et femmes de tous les milieux sont touchés par les effets de la crise sanitaire actuelle. « On les accueille et on normalise. Les gens ont raison de sentir comme ça. L’anxiété est saine et normale. Il faut essayer de voir les choses sur lesquelles on a du contrôle et accepter que ça se peut qu’on vive une mauvaise journée », rappelle la directrice générale.

L’organisme du Vieux-Saint-Jean précise demeurer à l’affût de la situation. « Si la crise dure dans le temps, c’est là qu’on pourrait voir une augmentation des besoins. On se tient prêt à mettre des effectifs supplémentaires », mentionne Mme Lafond tout en précisant que chaque membre de l’équipe s’assure de respecter les mesures de distanciation sociale afin de demeurer en santé.

D’autres services gratuits

Outre la ligne 1 866 APPELLE, les personnes ressentant du stress, de l’anxiété ou une déprime en lien avec la Covid-19 ont accès à plusieurs outils gratuits sur le site du gouvernement du Québec. Des guides destinés aux adultes ainsi qu’aux enfants y sont publiés, alors qu’on y présente également une liste de symptômes qui peuvent s’expliquer par la situation actuelle.

Sommeil perturbé, diminution de l’appétit, sentiment d’impuissance, vision négative des choses, difficultés de concentration et agressivité sont quelques exemples des effets que peuvent avoir les mesures de distanciation sociale sur l’état moral et physique des gens. « Idéalement, il faut intervenir avant de vivre une très grosse crise », rappelle la directrice générale du CCPSHRR.

Autre ligne d’écoute

L’Association québécoise pour la réadaptation psychosociale (ADRP) a par ailleurs annoncé, à la fin mars, la mise en place d’une nouvelle ligne d’écoute et de soutien destinée à toute la population, mais en particulier aux gens vivant un trouble de santé mentale. Celle-ci a de particulier de mettre en valeur le travail de pairs aidants ayant déjà connu ou connaissant des difficultés liées à leur santé mentale.

« Parler de ce que l’on vit en toute confidentialité et se sentir compris prend une importance vitale pour certaines personnes, qu’elles aient un diagnostic de maladie mentale ou pas », souligne par voie de communiqué la chargée de projet de la ligne Pairs Aidants J’Écoute !, Laurence Caron. Le service a d’ailleurs été mis en place afin de compléter l’offre d’aide actuelle tout en répondant au besoin de la population.

Pour faire appel à ce service, il suffit de composer le 1 800 425-9301 entre 11 et 21 heures.

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