Déversement d’eaux usées: entrave sur le boulevard Saint-Luc

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Par Gilles Berube
Déversement d’eaux usées: entrave sur le boulevard Saint-Luc

Au cours des trois prochains jours, une entrave sera en place sur le boulevard Saint-Luc, entre le chemin Saint-André et la rue Savard. Cette mesure est attribuable au déversement d’eaux usées que doit faire la Ville de Saint-Jean-sur-Richelieu, du 3 au 6 mars.

D’ailleurs, d’ici vendredi, les citoyens de Saint-Jean sont invités à modérer leur consommation d’eau potable de façon à atténuer l’impact du déversement d’eaux usées que la Ville doit faire.

Rappelons que la Ville doit procéder à des travaux de modernisation et de réfection de sa station d’épuration des eaux usées. Le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques autorise la Ville à déverser ses eaux usées le temps de ces travaux. Il lui a donné une fenêtre de temps entre le 1er janvier et le 15 mars pour le faire. La Ville en profitera pour effectuer des travaux à des postes de pompage.

La Ville a choisi la semaine de relâche. Les statistiques à l’usine d’eau potable montrent que les périodes de consommation les plus faibles dans l’année sont les vacances de la construction, malgré le temps chaud, et la semaine de relâche scolaire. En outre, l’hiver correspond à une période où les activités aquatiques sont limitées et le temps froid ralentit le développement des bactéries.

Des gestes simples peuvent contribuer à limiter les impacts. Écourter le temps des douches, reporter la lessive ou l’utilisation du lave-vaisselle sont de bons moyens. Multipliés par 45 000 ménages, ça devient significatif.

Pompage

Les points de débordement se feront à l’usine d’épuration même, mais aussi aux postes de pompage de la rue Champlain, de la rue des Orchidées, dans le quartier Talon, de la rue Marie-Curie, dans le quartier du golf de la Mairie et de la rue Savard. Dans ces trois derniers cas, plutôt que de déverser les eaux sanitaires dans l’égout pluvial, elles seront pompées dans des citernes et transportée à l’usine d’épuration. Ce sera un va et vient constant pendant trois jours.

Dans le cas du poste de la rue Savard, l’popération entraîne une entrave à la circulation sur le boulevard Saint-Luc. Une voie de circulation sera fermée entre le chemin Saint-André et la rue Savard. L’arrêt d’autobus sera déplacé temporairement.

En raison du camionnage, le stationnement de la station d’épuration ne sera pas accessible durant la semaine de relâche pour les utilisateurs de la butte à glisser derrière la station. Ils devront utiliser le stationnement public au parc des Colibris derrière l’école Vision.

Alternative

Par ailleurs, le conseiller Justin Bessette reste convaincu que des mesures pourraient être prises pour atténuer les impacts de ce genre de déversement. Il suggère une unité de traitement mobile qui permettrait d’assainir les eaux usées, du moins partiellement, pendant ce genre de travaux. Ce genre de station pourrait être utilisé au besoin un peu partout au Québec.

Ça existe. La compagnie Bionest loue ce genre de systèmes pour des installations temporaires utilisées principalement dans des grands chantiers. Une unité modulaire installée dans un conteneur de 40 pieds a une capacité quotidienne de 12 mètres cubes, précise Léa-Jeanne Grenier, agronome et chargée de projet chez Bionest.

Les citoyens de Saint-Jean génèrent 50 000 mètres cubes par jour. En somme, il faudrait plus de 4000 conteneurs de ce genre pour traiter les eaux de Saint-Jean. La compagnie n’a pas solution pour un débit comme celui de l’usine de Saint-Jean.

M. Bessette convient qu’un système mobile temporaire ne pourrait épurer toutes les eaux de Saint-Jean. Il pense surtout à un système de dégrillage, sorte de filtre grossier qui retire les solides en suspension, comme les tampons, les condoms, les cotons-tiges ou même des sacs de plastiques. Ce serait ça de moins dans la rivière.

Traitement

Le Service des infrastructures et de la gestion des eaux a cherché des solutions en collaboration avec son consultant et les experts du ministère de l’Environnement. Sur la Rive-sud de Montréal, seule la Ville de Longueuil utilise un procédé physico-chimique comme celui de la station de Saint-Jean. Son usine est située à l’île Charron et elle n’a pas la capacité de traiter les eaux usées de Saint-Jean.

Les autres municipalités de la région utilisent des étangs aérés. À titre de comparaison, il faut moins de trois heures pour traiter un litre d’eau à l’usine de Saint-Jean. Dans des étangs aérés, c’est 21 jours. L’usine traite un volume d’environ 2100 mètres cubes à l’heure, l’équivalent de 100 citernes-remorques. Il faudrait 7200 citernes pour entreposer les eaux usées de la Ville pendant 72 heures.

2100 mètres cubes, c’est 2 100 000 de litres à l’heure ou un peu moins de 600 litres à la seconde. Ces temps-ci, le débit du Richelieu est de 350 à 360 mètres cubes à la seconde, soit 360 000 litres. Le taux de dilution du déversement sera d’un pour 600. C’est comme diluer un demi-dé à coudre de vin dans un litre d’eau.

M. Bessette croit aussi possible de transporter une partie des eaux usées dans plusieurs usines des alentours. Il nomme Chambly, Brossard, La Prairie. Ces temps-ci de l’année, les bassins des usines sont à 60% de leur capacité, affirme le conseiller. Si on en transporte une partie, ça fait ça de moins à la rivière.

Rappelons qu’avant la mise en service de l’usine d’épuration, en 1998, la totalité des eaux usées de l’agglomération était rejetée en continu dans le Richelieu.

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