Des fleurs comestibles cultivées à Saint-Jean

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Par Stéphanie MacFarlane
Des fleurs comestibles cultivées à Saint-Jean
Mélanie Massicotte, propriétaire de Fleurs et feuilles gourmandes. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Roses, orange, jaunes, mauves, bleus, verts, rouges, les immenses bacs de bois de Mélanie Massicotte, propriétaire de Fleurs et feuilles gourmandes, regorgent de fleurs autant colorées que savoureuses. Les fleurs qu’elle produit sur le 3e rang à Saint-Jean-sur-Richelieu, toutes comestibles, sont cuisinées par plusieurs chefs de la grande région de Montréal.

Pensée, bégonia, hosta, coriandre, mélisse, ciboulette, cerfeuil, camomille, tagete, capucine, impatiente, œillet mignardise, bourrache, chrysanthème, pourpier doré, oxalys, centaurée bleuet, myosotis, Mélanie Massicotte fait pousser près d’une cinquantaine de variétés de fleurs, de verdures et de fleurs sauvages, dont certaines offrent également des feuilles comestibles. Les fleurs, qu’elle cultive selon les standards biologiques afin d’obtenir sa certification, se comptent par dizaines de milliers sur son terrain.

Cette mère de famille de 38 ans, qui a lancé son entreprise en mai 2018, a complété son diplôme d’études collégiales en gestion et technologies d’entreprise agricole à l’Institut de technologie agroalimentaire en mai dernier. Elle travaillait auparavant dans un concessionnaire de voitures de luxe.

Début
L’été passé, elle louait un lopin de terre à la ferme Cadet Roussel, à Mont-Saint-Grégoire, pour cultiver ses beautés fleuries. En novembre dernier, elle et son conjoint ont emménagé à leur résidence du 3e rang qui est dotée d’un terrain de trois hectares et de deux petits lacs.

Ce printemps, le couple a aménagé des espaces de plantation, notamment de grands bacs de bois sur pieds ainsi qu’un tunnel chenille d’environ 2000 pieds carrés. Celui-ci servira à prolonger la saison de récolte, tant au printemps qu’à l’automne.

L’an passé, elle comptait environ 1500 pieds carrés de cultures. Cette année, même si elle en compte un peu moins (environ 1000 pieds carrés), elle souligne qu’elle produit et vend plus de fleurs, puisque ses livraisons sont maintenant assurées par un livreur qu’elle partage avec la ferme Cadet Roussel. Elle a donc plus

de temps à consacrer à ses beautés fleuries.
En plus de prolonger sa saison, le tunnel chenille lui offre également une assurance récolte, puisqu’elle peut y cueillir ses fleurs en tout temps, même lors des jours de pluie. L’objectif est de le remplir, si les marmottes de son voisinage ne sabotent pas ses cultures!

Utilisation
La consommation de fleurs remonte à l’Antiquité. Si généralement elles sont déposées sur les plats en guise de décoration, il est possible de les cuisiner. Par exemple, les grandes feuilles des capucines peuvent servir à aromatiser un pesto, tandis que les fleurs du plant, qui ont étrangement le goût d’un radis, peuvent agrémenter une salade.

Selon leur propriété gustative, les fleurs peuvent être utilisées dans les gelées, donner du goût à un smoothie ou encore être frites, sautées dans l’huile ou cuites à la vapeur.

Celle qui est représentante des fermes de petite taille de l’UPA du Haut-Richelieu convient toutefois que la consommation de fleurs est encore marginale. «Souvent, les gens ont peur. Par exemple, au restaurant ou dans une soirée, s’il y a une fleur dans une assiette, elle est là pour être mangée. Ça peut être un bon moyen de s’initier», dit-elle.

Certains cultivars, qui ont de multiples propriétés médicinales, peuvent être utilisés en tisane ou même dans des produits de cosmétique.

Clientèle
Les chefs cuisiniers de la grande région de Montréal représentent la quasi-totalité de la clientèle de Fleurs et feuilles gourmandes. Mélanie Massicotte s’est également fixé comme objectif de développer le marché des chefs pâtissiers. «On peut colorer les crémages de gâteau avec les fleurs», illustre Mme Massicotte.

Elle vend également au grand public, notamment pour des occasions spéciales (mariage, baptême, etc.). Elle souhaite aussi développer un volet événementiel afin d’accueillir les clients à sa fermette. «J’aimerais ça avoir assez de fleurs pour que les gens viennent», mentionne-t-elle.

Enfin, dans sa salle de transformation qu’elle a aménagée au sous-sol de sa résidence, elle expérimente diverses techniques, notamment des fleurs séchées et d’autres cristallisées, pour développer des produits dérivés de fleurs afin d’assurer des ventes à l’année. Deux ruches, installées sur son terrain, lui permettent également de produire du miel. Et elle n’écarte pas l’idée d’établir des partenariats avec d’autres producteurs pour créer de nouveaux produits à base de fleurs.

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