Une carrière internationale marquée par la Formule 1

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Par Stéphanie MacFarlane
Une carrière internationale marquée par la Formule 1
Maxime Caron-Labonté a été le directeur des achats mondiaux de la nourriture et des breuvages pour la F1 Paddock Club de 2008 à 2010. Selon les Grands prix, le budget des achats variait entre 350 000 et 2 millions d'euros. (Photo : Le Canada Français - Jessyca Viens-Gaboriau)

Même s’il vient tout juste de souffler ses 36 bougies, Maxime Caron-Labonté a déjà une feuille de route bien remplie. Outre des études à l’étranger, celui qui est originaire de Saint-Jean-sur-Richelieu a travaillé pour la Formule 1 (F1) et a dirigé les opérations des restaurants les plus en vus du Quartier DIX30. Et depuis janvier dernier, il œuvre chez Sinopé Technologies afin de propulser vers l’international cette PME de l’internet des objets située dans le quartier industriel d’Iberville.

La restauration et le milieu des affaires coulent dans le sang de Maxime Caron-Labonté. Il avait deux ans quand son père, Claude Labonté, a ouvert son premier restaurant aux Halles St-Jean. Cet homme d’affaires, qui a fait l’objet d’un reportage dans nos pages en mai dernier, a développé les 60 bistros Van Houtte du Québec et a été le plus important franchisé de restaurants Burger King de la province, avant de lancer quatre restaurants et un service de traiteur au Quartier DIX30.

Dès l’adolescence, Maxime Caron-Labonté a découvert d’autres cultures. À 15 ans, il a pris la direction de Plattsburgh, aux États-Unis, où il a fait les trois dernières années de son secondaire dans le cadre d’un programme d’échange international qui comptait une soixantaine d’étudiants. «C’est là qu’a commencé ma relation avec les cultures et les relations internationales. J’étais dans une famille d’accueil. Je vivais chez le juge de la ville. La première année, il y avait une étudiante allemande et la dernière année, j’étais avec un étudiant coréen. Ça m’a donné des contacts. J’ai voyagé et je suis allé les visiter dans leur famille. Ça m’a ouvert les yeux sur des cultures différentes», raconte M. Caron-Labonté. Vivre dans une famille américaine durant trois ans lui a également appris un style de vie différent.

Autriche

À son retour au Québec à l’âge de 18 ans, il s’est tourné vers HEC Montréal où il a réalisé un baccalauréat en management et gestion internationale durant lequel il a eu la possibilité d’aller étudier en Autriche pendant une session.

Une fois son diplôme en poche, Maxime Caron-Labonté est retourné en Autriche pour faire une maîtrise en économie… en allemand. «À ce moment, j’avais un allemand de base. Durant mon échange étudiant, je n’avais pas vraiment appris la langue parce que tous les autres étudiants parlaient en anglais», dit-il.

Ainsi, parallèlement à ses études de deuxième cycle à l’université Johannes Kepler, il a suivi des cours pour apprendre l’allemand. «Ça a quand même bien été. J’ai travaillé très fort et j’ai gradué deux ans plus tard en juin 2007», mentionne celui qui est récemment devenu papa pour la première fois.

Maxime Caron-Labonté au circuit de la F1 de Yas Marina à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis.

Démarches

Une fois sa maîtrise en poche, Maxime Caron-Labonté a dû faire un choix: continuer sa vie en Autriche et y dénicher un emploi ou revenir au Québec.

Il a choisi la première option, même si ce n’était pas la plus simple. «Ça a été difficile. À ce moment, c’était l’ouverture des frontières de l’Union européenne avec l’Europe de l’Est et il y avait un mouvement négatif face à l’immigration. J’avais encore un visa étudiant et c’était un peu le jeu de l’œuf ou la poule… Pour avoir un emploi, ça prenait un visa de travail, mais pour avoir un visa de travail, ça prenait un emploi», relate M. Caron-Labonté.

Dans ses démarches, il a postulé sur tous les postes disponibles à l’entreprise Do & Co, qui détient notamment les droits de la Formula 1 Paddock, pour se faire voir. «C’est une entreprise mythique en Autriche. Elle a l’aura que le Canadien de Montréal et le Cirque du Soleil peuvent avoir ici. Ils m’ont appelé et je suis allé passer une entrevue, qui a très bien été», se souvient-il.

Malgré cela, il n’a pas eu d’emploi, puisqu’il n’avait pas le droit de travailler en Autriche. «Je suis retourné chez moi. Je leur ai écrit une lettre en disant que mon but était de travailler pour eux, que j’allais faire les efforts nécessaires et que j’allais réappliquer quand j’aurai un visa. Le lendemain, j’ai eu un appel et j’ai été engagé. Ils ont vu ma volonté.»

C’est comme ça qu’il est devenu le directeur des achats mondiaux de la nourriture et des breuvages pour la F1 Paddock Club. Dépendamment des Grands prix, le budget des achats variait entre 350 000 et 2 millions d’euros.

Formule 1

Ses nouvelles fonctions l’ont amené à voyager sur l’ensemble des circuits de la F1 en Europe, en Asie, en Océanie et en Amérique pendant les saisons 2008, 2009 et 2010. «La première année a été ardue parce qu’il fallait que je crée des contacts et que je négocie avec des cultures différentes. Tu ne négocies pas avec un Japonais de la même façon que tu négocies avec un Espagnol ou un Allemand. Et j’apprenais ça sur le terrain. La pression était énorme, mais je pense que mon internationalisation en bas âge m’a aidé», relate le trentenaire.

Ses fonctions l’amenaient à avoir un contact direct avec les marchands locaux. «J’allais dans les marchés voir les fruits, les légumes, les poissons. J’interagissais localement avec les entreprises de chacun des pays. Culturellement, j’ai grandi parce qu’ils m’apprenaient leur culture», dit-il.

«Au bout de la troisième année, je me suis dit que c’était assez, poursuit Maxime Caron-Labonté. Ça faisait trois ans que je faisais la même chose parce que c’était un cirque. Même si c’est un des cirques les plus prestigieux au monde, ça fait en sorte que tu voyages dans les mêmes endroits avec le même monde, les mêmes avions, les mêmes hôtels et les mêmes problématiques journalières. J’ai décidé de quitter pour revenir», souligne celui qui travaillait jour et nuit en raison du décalage horaire.

«Le seul moment de repos que j’avais, c’était dans l’avion parce qu’il n’y avait pas de cellulaire. Je roulais à trois cellulaires, se rappelle-t-il. C’était complètement fou!»

Retour

Maxime Caron-Labonté est revenu au Québec en 2010 après la saison de F1 et est devenu directeur des opérations des Restos DIX30, qui compte La Tomate blanche, L’Aurochs, Le Vestibule, le Café du théâtre et le Traiteur du Quartier. Il a développé les restaurants durant les huit dernières années avec son père.

En janvier dernier, il a troqué son rôle opérationnel pour un rôle stratégique au sein des Restos DIX30 afin de se joindre à l’équipe de Sinopé Technologies, propriété de François Houde, un ami de longue date de ses parents, et ainsi participer à la croissance et au développement de cette PME spécialisée dans l’internet des objets.

Il ne cache pas que les débuts ont été remplis de défis, lui qui n’avait jamais travaillé dans le secteur manufacturier ni dans les technologies et encore moins dans une entreprise complètement intégrée verticalement.

«C’est toujours positif de joindre une équipe qui a une expérience et un parcours différent. L’équipe t’en apprend. Et avec une vision et des connaissances différentes, il est possible d’avoir une influence positive sur le développement de l’entreprise», souligne celui qui habite maintenant à Boucherville.

À titre de directeur commercial, l’un des rôles de Maxime Caron-Labonté est de développer Sinopé Technologies à l’international, en commençant par l’Amérique du Nord.

L’entreprise fondée en 2010 effectue actuellement des démarches pour établir un bureau satellite à Vancouver. Sinopé Technologies réfléchit également à ramener une partie de l’assemblage de ses produits au Canada. Ceux-ci sont présentement assemblés en Chine, une situation qui la pénalise aux États-Unis où Donald Trump a imposé des tarifs douaniers de 25% sur les produits provenant du pays de Mao.

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