Avis de réserve pour conserver une partie de la pinède de l’île Sainte-Thérèse

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Par Gilles Berube
Avis de réserve pour conserver une partie de la pinède de l’île Sainte-Thérèse
(Photo : Le Canada Français – Jessyca Viens-Gaboriau)

Le conseil municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu autorise la publication au Registre foncier d’un avis de réserve visant l’acquisition de quatre lots de la pinède de l’île Sainte-Thérèse.

La pinède de l’île Sainte-Thérèse est très caractéristique. C’est l’un des rares espaces boisés de l’agglomération peuplés de pins matures. Tous les cyclistes qui empruntent la piste du canal de Chambly la connaissent. Elle se trouve sur le site de l’ancien Camping Pin Vert, dans la portion entre le canal et la rue Baillargeon.

Il y a déjà une décennie que l’établissement a fermé ses portes et qu’un développement domiciliaire est prévu sur le site. Dès 2008, la partie de la pinède a été subdivisée en douze vastes lots, six face au canal et six le long de la rue Baillargeon. Le but est d’y construire des résidences de haut de gamme tout en facilitant le maintien du couvert boisé. Avant même leur subdivision, ces terrains avaient l’avantage d’être déjà desservis par les réseaux d’aqueduc et d’égouts sur les deux rues.

Éternel défenseur des arbres, Maxime Tremblay en réclame la conservation depuis des années. Le sujet est revenu dans l’actualité l’automne dernier quand la Ville a adopté de nouvelles dispositions réglementaires visant à protéger un plus grand nombre d’arbres. Malgré tout, la possibilité d’y construire des maisons y est maintenue. Lors d’u rencontre de consultation, en novembre, M. Tremblay a mis en évidence que les quatre lots à l’extrémité nord du développement représentent le plus d’intérêt.

Achat

La séance du conseil municipal du 28 mai s’était terminée sur ce sujet, alors que le conseil a adopté la version finale du règlement. À la toute fin de l’assemblée, la conseillère Maryline Charbonneau a proposé spontanément d’acheter les terrains. La proposition a été rejetée, les élus de la majorité considérant qu’ils manquaient d’information pour prendre une telle décision, notamment sur le prix d’achat.

Mme Charbonneau est revenue à la charge à l’assemblée du 18 juin en inscrivant le sujet à l’ordre du jour. Sa proposition a toutefois pris un autre sens. Elle se limite à émettre un avis de réserve sur la propriété. Par cette procédure, la Ville annonce son intention de s’approprier les quatre lots à des fins publiques.

Concrètement, cette procédure a un effet de gel essentiellement sur la valeur de l’immeuble. Elle évite la spéculation en attendant qu’une transaction soit conclue ou que la Ville entreprenne la procédure d’expropriation. Un avis de réserve est valide pendant deux ans et peut être renouvelé une fois. Selon Mme Charbonneau, ce délai permettra d’étudier le dossier plus à fond et d’éviter que les lots ne soient vendus et qu’une demande de permis de construction ne soit faite.

Coût

Sans surprise, les membres de l’Équipe Laplante ont voté en bloc. Par contre, les élus de la majorité étaient partagés. D’une part, ils auraient voulu avoir plus d’information avant de prendre une décision, notamment connaître le coût de ces acquisitions, et d’autre part, ils craignent justement que le prix ne soit trop élevé. L’automne dernier, on parlait d’environ 1,5 million. À la dernière séance du conseil, on évoquait plutôt un coût de 2,5 millions.

Ils craignent aussi d’éventuelles poursuites si la Ville renonce plus tard à l’avis de réserve. Actuellement, la Ville a des règlements d’emprunt totalisant 60 millions pour financer le plan de conservation. Environ 47 millions sont déjà engagés.

Quelques élus sont d’avis qu’il faut entreprendre une nouvelle réflexion sur le plan de conservation. Il faut tenir compte de ce qui reste à acquérir et de ce qu’il n’est pas prévu d’acheter, notamment les terrains de golf et la pinède. La décision du conseil devrait se prendre dans ce contexte. Malgré ces arguments, trois élus de la majorité ont finalement appuyé Mme Charbonneau.

On peut rappeler qu’à l’adoption du premier plan de conservation, en 2009, la ville avait émis des avis de réserve sur près d’une centaine de propriétés. Certains avaient été contestés en justice, mais la Ville a fini par les régler par des transactions de gré à gré.

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