La culture de l’asperge réclame de la patience

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Par Marie-Josée Parent
La culture de l’asperge réclame de la patience
(Photo : Julien Saguez)

À la Bleuetière Jutras, l’asperge est la vedette du printemps. La famille Cantin est l’une des rares à la cultiver dans la région. Depuis la mi-mai, ce légume difficile à produire est offert à leur clientèle.

Lorsqu’ils ont acheté leur ferme du rang Versailles à Mont-Saint-Grégoire, en 2009, les nouveaux propriétaires ont repris les cultures déjà existantes. La framboise et le bleuet sont leurs attraits estivaux, l’asperge est la reine du début de la saison.

Son retard de quelques jours, en raison du printemps pluvieux et froid, a fait saliver les amateurs cette année. «Nous avons dû virer de bord les clients pendant une semaine. Habituellement, nous avons les asperges plus tôt. Elle a besoin de chaleur et de soleil pour sortir», explique Philippe Cantin, copropriétaire de la Bleuetière Jutras.

La saison étant relativement courte, les acheteurs s’empressent d’en profiter. Le légume québécois est le premier à se retrouver sur les tablettes au printemps, mais il a déjà disparu à la Saint-Jean-Baptiste. «Notre saison dure habituellement 45 jours», précise Philippe Cantin.

Récolte

Contrairement à d’autres productions maraîchères mécanisées, la récolte de l’asperge demeure plus artisanale. Il faut sortir la couper une à deux fois par jour.

«Lors des belles journées, elle peut grandir d’une dizaine de centimètres en moins de 24 heures, explique le cultivateur. On les coupe toujours lorsqu’elles ont neuf pouces.»

Pour s’éviter d’être continuellement en position accroupie, la famille a fabriqué un petit véhicule qu’elle a baptisé la récolteuse. Elle leur permet de tailler les légumes en position couchée. L’agriculteur est au-dessus du rang et il n’a qu’à tendre les bras pour couper les turions, soit la partie comestible du produit.

Patience

L’asperge est l’un des aliments chouchou des Québécois. Pourtant, les producteurs ne se bousculent pas pour en faire la culture.

Le légume est en fait l’un des plus exigeants à produire. Il faut attendre la troisième année avant d’effectuer la première récolte.

La manière courante d’établir une aspergeraie est de planter des griffes d’asperge la première année. Il s’agit des tiges souterraines qui portent les racines et les bourgeons. Le tout est ensuite remblayé et arrosé fréquemment.

Pendant les deux premières années, les turions ne sont pas récoltés. On laisse ainsi les griffes se développer, toutefois l’entretien ne doit pas être négligé. On se doit d’enlever les mauvaises herbes et fertiliser le sol.

Ce n’est qu’à la troisième année que le producteur commence à rentabiliser son investissement. «On récolte alors pendant une semaine. Il faut attendre six ans avant d’obtenir une pleine récolte», souligne Philippe Cantin.

Cela ne décourage pas la famille de Mont-Saint-Grégoire. Ceux qui ont actuellement cinq acres de culture en veulent une quinzaine dès l’an prochain. «Le marché est là. On mise beaucoup là-dessus pour commencer la saison», conclut le jeune agriculteur.

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