Place aux cours d’éducation à la sexualité

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Par Marie-Josée Parent
Place aux cours d’éducation à la sexualité
«On est dans le développement de futurs citoyens. On les prépare à faire face au monde», rappelle Élizabeth Larouche-Côté, conseillère pédagogique à la Commission scolaire des Hautes-Rivières. (Photo : Jessyca Viens-Gaboriau)

Avec la grande réforme pédagogique des années 2000, les cours d’éducation à la sexualité sont disparus des écoles. Ils sont maintenant de retour et le contenu est enseigné présentement en classe.

Les enseignants ont reçu les formations à l’automne. Ils sont désormais en mesure de transmettre les connaissances aux enfants et aux adolescents. Les apprentissages devaient se faire en février et mars. Les élèves ont cinq à dix heures de matière par année scolaire.

Développé par le ministère de l’Éducation, le contenu des cours d’éducation à la sexualité couvre des sujets variés, notamment la connaissance du corps, l’image corporelle, les stéréotypes sexuels et les sentiments amoureux. Ils sont adaptés à l’âge et au niveau de développement des élèves. L’idée est de permettre aux jeunes de mieux se comprendre, d’établir des relations respectueuses entre eux et développer leur esprit critique.

Maternelle

L’enseignement commence dès la maternelle avec l’apprentissage des parties du corps et les étapes de la naissance. «On explique que les bébés sont conçus avec un ovule et un spermatozoïde, indique Élizabeth Côté-Larouche, conseillère pédagogique à la Commission scolaire des Hautes-Rivières. On ne peut plus dire que c’est seulement entre un homme et une femme. On doit tenir compte de la diversité des familles d’aujourd’hui.»

«On ne veut pas aller trop loin à cet âge, précise-t-elle. On ne répond pas à toutes les questions des enfants. Souvent, on leur demande ce qu’ils en pensent et on travaille à partir de leur réponse.»

Respect

Dès la première année, les élèves discuteront d’agressions sexuelles et de l’importance du dévoilement à un adulte. «On leur apprendra qu’il y a des parties du corps qui n’appartiennent qu’à eux. Il peut y avoir des exceptions, si on a besoin de l’aide de papa et maman pour se laver par exemple. On vient asseoir la base de la prévention», explique la bachelière en sexologie.

«On parlera aussi de la culture du secret, ajoute-t-elle. Un bon secret est agréable à garder et il a un dévoilement. Un mauvais secret n’a pas de fin.»

Du primaire au secondaire, il sera souvent question d’identité, de stéréotypes sexuels, de normes sociales et d’image corporelle. «C’est l’idée de parler du respect des différences, indique Élizabeth Larouche-Côté. On est dans le développement de futurs citoyens. On les prépare à faire face au monde.»

Sexualité

Bien que les connaissances évoluent et progressent d’une année à l’autre, le contenu des cours reste toujours pédagogique. «Il n’y aura jamais présentation d’une vidéo d’un acte sexuel ou encore une naissance», assure la conseillère.

À l’adolescence, il sera bien sûr question des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS). En Montérégie, les jeunes de 15 à 24 ans sont parmi les plus touchés, puisqu’ils ont des partenaires successifs et n’utilisent pas toujours le condom. Le phénomène est relié à la sous-estimation du risque de contracter une ITSS. C’est pourquoi on insistera en classe sur le développement de comportements sécuritaires.

La question des choix et du consentement sexuel sera également largement abordée. «On détruira les mythes. Ce n’est pas parce qu’une fille s’habille sexy dans un party et qu’elle suit un garçon dans une chambre qu’elle accepte une relation sexuelle», rappelle Élizabeth Larouche-Côté.

On sensibilisera alors les jeunes qui pourraient être témoins de ce genre de situations à agir, intervenir, voire dénoncer au besoin.

Obligatoire

Au primaire, les professeurs titulaires sont responsables de l’enseignement des cours d’éducation à la sexualité. Au secondaire, tous les enseignants peuvent être mis à contribution, bien que les cours concernent plus particulièrement les spécialistes en sciences et en univers social.

Les contenus définis par le Ministère sont obligatoires. Une demande d’exemption officielle doit être soumise pour retirer un élève d’une classe. Celle-ci sera acceptée s’il est prouvé que la matière peut faire du tort psychologique à l’enfant ou s’il y a atteinte aux droits fondamentaux.

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Jean-Léon Laffitte
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Jean-Léon Laffitte

Les parents, premiers éducateurs de leurs enfants, n’accepteront pas qu’on dise à leurs enfants des absurdités, comme par exemple que «On explique que les bébés sont conçus avec un ovule et un spermatozoïde, indique Élizabeth Côté-Larouche, conseillère pédagogique à la Commission scolaire des Hautes-Rivières. On ne peut plus dire que c’est seulement entre un homme et une femme. » Comme s’il ne devait pas toujours y avoir intervention d’un homme et d’une femme pour qu’il y ait un bébé. C’est de la pure désinformation à partir d’idéologies qui n’ont rien à voir avec le réel.

Tania Moisan
Invité
Tania Moisan

Je ne suis pas certaine de comprendre ce qui vous dérange. Pour votre info, il est également discuté de la fécondation in vitro et de l’adoption. Mais dans toute les situations, c’est la rencontre de l’ovule et du spermatozoïde qui donne un bébé. Que proposez-vous?

Melissa
Invité
Melissa

Chaque enfant a un développement psychologique différent et je trouve que cet aspect n’est pas respecté dans le programme . Apprendre à mon enfant de 7 ans qu’il peut avoir un plaisir aussi avec son penis je ne crois pas du tout que c’est pédagogique à cet âge là .