Une année perdue… ou presque!

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Par Gilles Levesque
Une année perdue… ou presque!

Une année s’est écoulée depuis l’élection du nouveau conseil municipal de Saint-Jean-sur-Richelieu. Une année déplorable marquée par de nombreux rebondissements, des dérapages en série, de la désinformation, des engueulades et des attaques vicieuses qui ont mis à mal des réputations. Une année perdue… ou presque pour les citoyens et le milieu des affaires.

Myroslaw Smereka avait vu juste en affirmant sur les ondes de la Télévision du Haut-Richelieu que le maire Alain Laplante deviendrait roitelet. C’est le cas. Par son entêtement et son incapacité à rallier les gens autour de lui, il se retrouve aujourd’hui dans une situation difficile qui n’augure rien de bon pour le reste de son mandat. Rien de bon non plus pour la population qui a des attentes à l’égard de ses élus.

M. Laplante a beau répéter qu’il est le maire de Saint-Jean-sur-Richelieu au début des séances du conseil municipal, mais dans les faits, il ne l’est plus. La mairie est assumée par un groupe de neuf conseillers qu’il a réussi à s’aliéner. Plusieurs d’entre eux lui en veulent terriblement. Au point de s’en confesser publiquement. On voit d’ailleurs mal comment il serait possible que l’harmonie revienne à l’hôtel de ville. À l’évidence, ce n’est pas pour demain.

Par sa désinformation sur les médias sociaux, ses mises en scène qui frôlent le ridicule lors des périodes de questions et son mépris à l’égard de certains fonctionnaires de la Ville, dont le directeur général, M. Laplante a vu son petit royaume s’écrouler. Il est allé trop loin. Il lui aurait fallu ajuster le tir comme l’ont fait le maire de Laval et la mairesse de Longueuil pour se sortir du merdier dans lequel ils s’étaient retrouvés, mais M. Laplante a préféré s’en tenir à son plan de match. Lui seul a raison.

En quelques mois à peine, le maire Laplante a perdu son chef de cabinet et son comité exécutif. Perdu la confiance de bien des gens d’affaires qui ruminent en silence. Perdu aussi le respect de plusieurs confrères à la MRC du Haut-Richelieu. En terme poli, on le trouve haïssable!

Pour ne pas avoir su gérer les assemblées publiques avec rigueur et respect des autres, il a fallu l’intervention de la Commission municipale du Québec afin d’identifier des mesures pouvant ramener un peu de bon sens et de civilité autour de la table du conseil. Il a entre autres été suggéré de ne tenir qu’une assemblée par mois et de prévoir la période de questions à la fin de celle-ci. Ce n’est pas l’idéal, convenons-en, mais il fallait faire quelque chose pour que le cirque cesse.

Monsieur le maire a aussi joué avec les nerfs des policiers. Les nerfs d’un homme d’affaires qui lui a intenté une poursuite de 2,5 M$ pour avoir supposément tenu des propos qui lui ont été dommageables. La cour en décidera. Pire encore, la Commission municipale du Québec tiendra cinq jours d’audience en mars prochain pour entendre la plainte déposée contre lui par les neuf conseillers de la majorité. Jugée recevable, cette plainte est sérieuse.

Avouez que c’est beaucoup de faux pas en peu de temps. Selon nos informations, il y en aurait d’autres en développement.

Bien entendu, M. Laplante a aussi des qualités. Il en a démontré une lors de la campagne électorale en parvenant à déloger Michel Fecteau de la mairie. C’est un bon organisateur politique. C’est aussi un politicien qui privilégie la consultation. Même s’il était en faveur du saccage du bois Douglas, rappelons-le, il est clair que la protection de l’environnement lui tient à coeur. Malheureusement, cette préoccupation est si intense chez lui qu’il semble prêt à sacrifier le développement de la ville. C’est du moins ce qu’on entend et observe.

Difficile de savoir comment la population accueille cette première année de mandat plutôt rock & roll! M. Laplante a des supporteurs. Ça s’observe sur les médias sociaux où il est d’ailleurs très actif. Un peu moins toutefois depuis quelques mois. Le ton est aussi un peu plus civilisé. À l’exception peut-être de cet homme d’affaires dont les propos odieux ont été rapportés dans nos pages. Un cours sur la bienséance lui ferait du bien.

Les tweets de M. Laplante ont aussi eu pour effet de diaboliser quelques-uns des membres du groupe des neuf. Ce même groupe que le maire a laissé sciemment traiter de malveillant à l’hôtel de ville. Ces dérapages ont laissé des traces et semé des divisions dans la population.

Comment va se dérouler la deuxième année de ce mandat d’une durée de quatre ans? Bonne question. Elle devrait être à l’image de celle qui vient de se terminer, osons-nous présumer. À moins, bien entendu, que le maire Laplante, lassé d’être un simple roitelet, fasse acte de contrition pour tenter de ramener un semblant d’harmonie à l’hôtel de ville. En sera-t-il capable?

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