Une dernière capsule portant sur l’archéologie

Une dernière capsule portant sur l’archéologie
Travaux de construction du «cribwork de 1930» en amont de l’écluse n°9 du canal de Chambly. Ces travaux ont entraîné la démolition de l’entrepôt et du quai de la Singer. La photo montre le mur de soutènement en pierres sèches et l’un des rangs de pieux du quai. (Photo : Parcs Canada 156/00/ic-270)
Écrit par André Miller (Archéologue)

Le Canada Français a publié, en collaboration avec Parcs Canada, une série d’articles sur l’histoire fascinante du canal de Chambly dans le cadre de la commémoration du 175e   anniversaire. En ce mois de l’archéologie et en cette journée internationale des peuples autochtones, ce dernier article nous présente une autre capsule de l’histoire du canal de Chambly ainsi que l’occupation humaine précédant sa construction.

L’importante voie de circulation que représente la rivière Richelieu démontrerait pourquoi le secteur de Saint-Jean-sur-Richelieu possède un fort potentiel paléo-historique. Bien évidemment, les possibles vestiges archéologiques de cette période sont enfouis profondément. Aussi, ils sont certainement grandement affectés par le développement et l’urbanisation de la région.

Malgré tout, de telles occupations ont été documentées le long des rives du Richelieu et de ses affluents comme la rivière L’Acadie. Plus précisément, la présence et l’installation de groupes autochtones ont été dévoilées dans le secteur Les Rapides, se trouvant au nord de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Histoire

Les plus anciennes occupations recensées remontent à la période de l’Archaïque, qui s’étend de 6000 à 3000 ans avant aujourd’hui, et ont été mises en lumière à la Pointe-du-Gouvernement, située à une vingtaine de kilomètres au sud de Saint-Jean-sur-Richelieu.

Ensuite, dès cette époque jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, l’occupation de la vallée du Richelieu, au sud de Chambly, se limite aux groupes autochtones, aux garnisons militaires des différentes fortifications ainsi qu’aux quelques familles établies autour de ces dernières.

C’est notamment le cas du premier fort Saint-Jean (1666) qui marque le début du développement du secteur de Saint-Jean-sur-Richelieu. Au niveau archéologique, il est possible qu’une portion de l’un des bastions de la fortification du XVIIe siècle ait été mise au jour en 2009 au cours de l’école de fouille tenue par l’Université Laval.

Malgré la présence de l’ouvrage militaire, le secteur ne connaît pas de véritable développement avant la deuxième moitié du XVIIIe siècle. Cela expliquerait que les gens ont circulé afin de contourner les rapides du Richelieu et ils se sont arrêtés temporairement dans ce secteur.

Canal de Chambly

Avec la construction du canal de Chambly, c’est une toute autre histoire qui s’inscrit dans le paysage de Saint-Jean. Les récentes interventions archéologiques dans ce secteur démontrent de façon éloquente son évolution physique et structurale.

Du secteur de la marina jusqu’à l’écluse n°9, les travaux de réhabilitation du canal, de l’écluse n°9 et de ses espaces attenants ont permis de documenter le tissu archéologique, dont de nombreux vestiges d’origine du canal et de ses composantes, qui ont survécu à l’usure du temps et au pic des démolisseurs.

Entre l’automne 2016 et le printemps 2017, des travaux de remplacement et de réfection ont eu lieu sur le mur de soutè- nement ouest du canal de Chambly, entre les rues Saint-Georges et Frontenac, et ont fait l’objet d’une surveillance archéologique. Les résultats de cette intervention ont permis de mieux comprendre l’évolution de ce secteur.

Celle-ci résulte d’aménagements effectués entre 1850 et 1916, par l’apport de remblais. Cette reconfiguration de la berge semble s’être concrétisée lors de travaux tels que l’aménagement du pont ferroviaire de la Champlain and St-Lawrence Railroad et les réfections apportées au cours des décennies suivantes au secteur portuaire de Saint-Jean.

Ressources archéologique

Quant au secteur situé à proximité de l’écluse n°9, différentes interventions archéologiques effectuées entre 1997 et 2017  ont permis de mettre en lumière de nombreuses ressources archéologiques. Notons la découverte des piliers du quai de la Singer Manufacturing & Co., construit en 1904, qui témoigne des fonctions économiques multiples de la voie navigable.

Ces travaux ont aussi permis l’identification de la nature des pierres – du granit – ayant servi de soutènement à la berge ouest du canal entre 1887 et 1930 . Les informations recueillies accroissent nos connaissances sur cette portion de la voie navigable, élément majeur du développement du Haut-Richelieu.

Tout récemment, la création de l’espace public, le Parc des Éclusiers, a confirmé la présence de ressources archéologiques dans ce même secteur. Certains éléments observés, par exemple la structure de bois associée aux caissons – «cribwork de 1930» – rappellent les résultats des interventions antérieures effectuées par les archéologues de Parcs Canada.

Aujourd’hui, le fait d’avoir préservé l’intégrité commémorative du canal de Chambly a fortement contribué à ce que le potentiel archéologique de l’ensemble du secteur de Saint-Jean-sur-Richelieu demeure élevé.

Pour en savoir plus sur le lieu historique national du Canal-de-Chambly, sur sa programmation et son histoire, visitez le parcscanada.gc.ca/canalchambly.

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