Un fauteuil d’autrefois de grande valeur

Par Mario Wilson
Un fauteuil d’autrefois de grande valeur
La valeur marchande de cette pièce exceptionnelle tourne facilement autour de 3000 à 3500$.

Dans l’édition du samedi 10 janvier dernier, à l’intérieur d’un cahier spécial du Journal de Montréal titré «Trésors dénichés chez les antiquaires», Véronique Harvey nous présente un tableau un peu sombre de l’état actuel du marché des antiquités.

Bien sûr le nombre d’antiquaires ayant pignon sur rue a fortement diminué, notamment sur la rue Notre-Dame, à Montréal, mais également tout près de chez nous, en plein centre-ville et dans les campagnes environnantes de Saint-Jean.

Les pièces communes, quoique parfois très anciennes, ne trouvent plus preneur. Le marché demeure très vivant pour les meubles et objets de décoration rares, raffinés ou simplement anecdotiques.  

Mentionnons, par exemple, une lettre manuscrite de Félix-Gabriel Marchand, une paire de lampes de la compagnie Moorcroft d’Angleterre ou encore un calice en argent de François Ranvoyzé.  

Convoitise

Les rabatteurs ne ramassent plus les chaises à fond de babiche, les cadres représentant un paysage imprimé ou un pot à eau de faïence anglaise. Les meubles qui ont une histoire, comme le fauteuil de la photo de cette semaine, sauront toujours attirer l’attention et la convoitise.

Ce divan à haut dossier saura à lui seul attirer l’attention chez son propriétaire, davantage encore depuis qu’Alain Chenard, rembourreur, lui a redonné toute son allure de jeunesse.

En vitrine dans sa boutique pendant à peine deux semaines, il n’en fallait pas plus pour attirer les curieux et les amateurs de vieux meubles qui passaient par là. L’artisan a répondu à des dizaines de questions au sujet de cet élégant fauteuil, propriété d’un client dorénavant très satisfait du résultat.

Provenance

Plusieurs artisans pourraient revendiquer la conception de ce fauteuil, à commencer par William Drum, de Québec, ou encore John Hilton ou Owen McGarvey, de Montréal.  

Pour les amoureux de notre région, on pourrait même avancer que ce sofa est l’œuvre de ce meublier-bourreur que fut François Gourdeau, de Québec. Ce dernier a appris le métier de son père qui fut concepteur de meubles, ici même, à Saint-Jean.

Il est cependant plus raisonnable de penser que ce fauteuil semble sorti des ateliers de Philippe Vallière (1832-1919) qui dirigea une fabrique de meubles à Québec de 1853 jusqu’à sa mort.

Valeur

La très élégante tête sculptée de ce sofa pourrait très bien avoir été conçue vers 1889, alors que Vallière embauche quelque 130 ouvriers, dont une cinquantaine de sculpteurs.

Ce fantastique meuble de noyer, dorénavant «à l’état neuf» constitue une preuve éloquente que les meubles âgés de plus de 130 ans, fabriqués à grande échelle, peuvent encore constituer une pièce de mobilier qui raconte d’elle-même une partie de l’histoire du meuble québécois.

Achetée il y a de nombreuses années chez une très regrettée antiquaire de Saint-Jean, la valeur marchande de cette pièce exceptionnelle tourne facilement autour de 3000 à 3500$. Vous aurez compris que le travail du maître rembourreur y est pour quelque chose!

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