Les meubles de nos voisins canadiens

Par Mario Wilson
Les meubles de nos voisins canadiens

La semaine dernière, je devais poursuivre la présentation de la suite des magnifiques meubles du Dr Phaneuf, mais je n’ai pu résister à cette belle figurine de la compagnie Lladro.

Nous en sommes donc à ce vaisselier de la compagnie ontarienne Malcolm Furniture, de Listowel et Kincardine, deux villes où furent en production les usines de la compagnie, de 1905 à 1973, année de la faillite de cette institution.

L’écossais Andrew Malcolm et son ami de la même région du nord de l’Angleterre, John Watson, traversèrent plusieurs crises économiques et de grandes difficultés d’exploitation pendant ces nombreuses années de production. Leur recherche constante d’amélioration de la qualité de leurs produits d’ébénisterie les a conduits à une renommée telle que l’histoire du mobilier ontarien ne peut passer outre l’épopée de ces deux hommes.

Marché

Je n’ai pu m’empêcher de penser à ces quelques membres de la famille Farrar venus du Vermont, conquérir le marché de la céramique canadienne en établissant ici même, à Saint-Jean les nombreuses poteries dont l’histoire de notre ville ne peut désormais se dissocier.

Pour ce jeune immigrant, convenons qu’une carrière qui débute par un travail de bureau (il était comptable) et qui se poursuit par l’acquisition d’une usine de meubles, constitue un parcours bien peu commun. À bien des égards, la carrière professionnelle de John Molson (brasseur montréalais de la bière du même nom), un autre écossais important dans l’histoire du Canada, ressemble à celle du jeune Andrew Malcolm.

Il n’est pas rare de trouver chez les antiquaires de chez nous des meubles provenant de ces usines ontariennes, mais dont la qualité d’exécution nous laisse croire qu’ils sont d’origine américaine. Nous n’avons rien à envier à la production de nos voisins du sud. Je ne serais même pas étonné que de grandes usines de meubles au Massachusetts au ailleurs aux États-Unis, aient comme fondateur un Ontarien ou même un propriétaire canadien de l’est du pays. En effet, la Nouvelle-Écosse a aussi une renommée très enviable lorsqu’il s’agit de nommer de grands ébénistes qui ont fait la notoriété de cette province des Maritimes.

Valeur

Il ne faut donc pas s’en étonner, les prix de ces ensembles de salle à manger, de salon ou de chambre à coucher, décrochent facilement des valeurs très élevées chez les revendeurs.

Bien entendu, les prix demandés sont très certainement moindres chez nos voisins de l’Ontario, étant donné la grande quantité de pièces qu’il est encore possible d’y dénicher. Quoi qu’il en soit, le choix pour des hommes comme le Dr Georges Phaneuf d’acheter des meubles canadiens demeure encore aujourd’hui judicieux.

Sur le marché des antiquités canadiennes, cet ensemble de salle à manger comprenant une table, un vaisselier, un buffet bas et 6 ou 8 chaises dont deux à bras, dites «capitaine», se vend autour de 3000$.

L’ensemble a beau être remarquable par sa qualité de fabrication, sa place dans notre histoire nationale et sa propriété ancienne par un homme important de chez nous, il ne trouvera, malgré tout, pas sa place dans la nouvelle résidence de ses propriétaires actuels. Qui sait quelle sera son histoire à partir de sa revente dans quelques semaines?

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