Échangeur de l’autoroute 35: la CPTAQ rejette la demande de Saint-Alexandre

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Par Gilles Berube
Échangeur de l’autoroute 35: la CPTAQ rejette la demande de Saint-Alexandre

La Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) rejette la demande de la municipalité de Saint-Alexandre de déplacer l’échangeur de l’autoroute 35. Transports Québec ne voulant plus attendre, la municipalité se tourne vers le niveau politique.

La route 227 s’étend de Venise-en-Québec à Sainte-Madeleine. En traversant le territoire de Saint-Alexandre, elle emprunte le rang des Dussault, le chemin de la Grande-Ligne et le rang des Soixante, qui conduit à Mont-Saint-Grégoire. Avec l’achèvement de la 35, le ministère des Transports (MTQ) a proposé de prolonger le rang des Soixante au sud de la Grande-Ligne, jusqu’au croisement de l’autoroute. La route 227 ne passerait plus par la Grande-Ligne. En outre, l’échangeur serait à la porte du village de Saint-Alexandre. Cette solut9on implique l’expropriation de terres agricoles.

Devant le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE), le ministère a reçu l’appui des municipalités de Saint-Alexandre et de Saint-Sébastien. Par contre, l’opposition du milieu agricole et du milieu environnemental a été forte. Le BAPE a recommandé de situer l’échangeur au croisement du rang des Dussault. C’est la solution retenue par le gouvernement du Québec dans le décret ordonnant l’achèvement de l’autoroute. Le parcours de la route 227 reste inchangé.

Cette solution implique aussi l’expropriation de terres agricoles. C’est quand le MTQ a entrepris ces démarches d’expropriations que la population de Saint-Alexandre a pris conscience de l’impact de l’échangeur au rang des Dussault. Cette solution impliquera un détour pour se rendre au village ou sur le rang Sainte-Marie. Concrètement, les citoyens continueront d’utiliser la Grande-Ligne pour se rendre à Saint-Jean.

Demande Forte de l’appui d’une grande majorité de citoyens, la municipalité a donc demandé de revenir à la solution de l’axe du rang des Soixante. Il fallait obtenir l’accord de la CPTAQ. Le ministère des Transports voulait bien patienter, mais il ne voulait pas faire la démarche. La municipalité s’en est occupée en déposant une demande à l’automne 2010.

L’automne dernier, la Commission a émis son orientation préliminaire. Cette étape donne un aperçu de sa décision. Elle a annoncé son intention de refuser la demande. Saint-Alexandre a demandé une audience, qui s’est tenue en décembre. Tous les intéressés y étaient.

Le 12 juin, elle a rendu sa décision. C’est non. Elle estime que l’audience n’a pas permis d’apporter de nouveaux arguments même si la municipalité a détaillé sa position. Elle conclut que les pertes de sol agricole seraient trop importantes, même si la municipalité a démontré que l’axe du rang des Soixante entraînerait 0,6 hectare de plus que celui du rang des Dussault. C’est un terrain de football.

Elle ajoute qu’elle ne peut baser sa décision sur la qualité des sols. Pourtant, dans un de ses arguments, elle écrit que la demande de la municipalité entraînerait la perte «de belles terres à bon potentiel». Elle juge que Saint-Alexandre n’a pas démontré qu’un échangeur au rang des Soixante situé plus près du village, serait un facteur de développement économique. Elle semble mettre en doute la possibilité de rétrocéder à l’agriculture la portion du rang des Dussault qui serait abandonnée.

À la suite de la décision de la Commission, le ministère des Transports a rencontré la municipalité pour lui annoncer qu’il n’attend plus. Il veut que les autos roulent sur la 35 en 2014. En conséquence, il met en branle le processus pour construire l’échangeur au rang des Dussault. Il ne reste plus à la municipalité que de s’adresser au niveau politique pour demander du temps.

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