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Onze ans de prison pour l'ex-douanière McClelland


Publié le 27 juin 2017

La douanière McClelland durant le procès.

©Photo TC Media Jessyca Viens Gaboriau

L'ex-douanière Stefanie McClelland écope de 11 ans de pénitencier pour importation de 182 KG de cocaïne et abus de confiance.

L'accusée a reçu avec calme la décision du juge André Vincent, de la Cour supérieure, mardi matin. Toutefois son père s'est effrondré au terme du prononcé de la sentence.

La Couronne réclamait une sentence dissuasive de 15 ans de prison alors que la défense avait plaidé des facteurs atténuants pour recommander cinq ans de détention.

La femme de 40 ans, de Lacolle, était détenue depuis le 19 mai alors que le jury la trouvait coupable. Elle a depuis porter le verdict de culpabilité en appel.

Cocaïne

Les événements remontent au 2 décembre 2014 alors que l'ancienne douanière était en devoir à la guérite Nexus du poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle.

Gregory Singh, accompagné de sa copine Ariane Desgroseillers Lafrance, s'était présenté à la guérite de l'accusée pour entrer au Canada.

Singh était au volant d'une BMW de location dont le coffre arrière était rempli de gros sacs de voyage contenant 182 kg de cocaïne. La valeur de la drogue a été estimée netre 6 et 10 millions de dollars.

L'auto ainsi que les deux passagers étaient ciblés par la GRC. Un avis de guet avait été émis. Malgré le fait que les deux jeunes gens ne soient pas inscrits au programme Nexus, ils avaient bifurqué à la dernière minute pour emprunter la voie réservée aux membres.

Comme ils n'avaient pas de carte Nexus, ils ont dû présenter leur passeport qui n'a toutefois par été vérifié par la douanière à l'aide du système de données de la douane.

Après son arrestation, la douanière a soutenu qu'elle n'avait pas regardé l'écran de l'ordinateur installé dans la guérite et qui l'avertissait de l'avis de guet. L'accusée a témoigné que ce n'est qu'après avoir laissé partir les deux voyageurs qu'elle a constaté l'avis de guet. Elle a plaidé l'erreur d'inattention et qu'elle ne savait pas ce que contenait la BMW.

Elle a témoigné aussi qu'elle a paniqué en constatant son erreur. Interrogée à savoir pourquoi elle n'avait pas sonné l'alarme, contacté ses collègues ou encore appelé la police, elle a dit avoir jugé que la BMW était rendue trop loin pour être rattrapée.

Les policiers de la GRC qui surveillaient toute la scène ont intercepté l'auto 11 kilomètres plus loin, sur l'autoroute 15.

Relation

Au début de l'année 2011, la douanière avait fait la connaissance de Soninder Dhingra avec qui elle a eu une relation amoureuse qui a pris fin. Elle est toutefois demeurée amie avec lui et ils échangeaient souvent des messages textes. Ce dernier lui a fourni un téléphone cellulaire qu'elle devait utiliser uniquement pour communiquer avec lui.

À différentes reprises au cours de l'année 2011, elle a reconnu avoir enfreint la loi en effectuant des recherches à des fins personnelles sur Dhingra dans les banques de données de l'Agence des services frontaliers du Canada. Elle était au début d'une relation avec Dhingra et elle voulait voir s'il y avait quelque chose à son sujet, a-t-elle justifié.

La journée du passage de la drogue à la frontière, Dhingra et la douanière ont échangé 104 messages dont on ne connaîit cependant pas la teneur. À 14 heures, l'accusée a pris son service à la guérite Nexus. Dhingra a communiqué avec elle pour savoir si elle était au travail et à quelle guérite. Elle a dit qu'elle s'attendait à le voir arriver comme cela s'était déjà produit une dizaine de fois auparavant alors qu'il arrivait des États-Unis. Il ne s'est jamais présenté.

C'est plutôt la BMW conduite par Singh qui était en contact avec Dhingra qui est arrivé à la frontière.