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GUIDE 411

Premier contact avec le paysage polonais

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Les magnifiques façades des maisons bordant le rynek de Wroclaw.

Bien que nous aimions voyager au hasard, nous essayons de ne pas rater certains points d’intérêt recommandés par les guides touristiques. De Prague en République tchèque, nous prenons donc la route E65, direction nord-est vers Jelenia Gora en Pologne.

Nous sommes attirés par la description d’une station thermale située près de la frontière polonaise. En passant par Jelenia Gora, ville recommandée pour «un court séjour agréable», on nous invite à continuer vers Cieplice, «ville d’eau, ville thermale», six kilomètres plus loin.

Depuis notre départ de Marseille en auto, nous avons traversé quatre frontières, Italie, Autriche, République tchèque et Pologne, sans faire aucun arrêt aux douanes parce que ces pays font partie de l’Union européenne. Pas de douanes, mais trois monnaies différentes: l’euro en France et en Italie, la couronne en République tchèque et le zloty en Pologne.

Compte tenu de la situation économique, on comprend que ces pays ne soient pas pressés d’adopter l’euro. Si vous utilisez la carte de crédit, vous n’aurez pas de difficulté à gérer ces changements de monnaie.

Déception

À notre grand étonnement, on ne trouve rien d’intéressant à Jelenia Gora. À Cieplice, tout semble fermé. Comme premier contact avec la Pologne, ça s’annonce déprimant. On observe le manque de couleurs et le crépi des maisons à demi arraché; plusieurs rues secondaires sont en terre battue; plusieurs habitations semblent dévastées.

Une forte impression de pauvreté se dégage de ces deux petites villes. Aucune trace de station thermale. On envoie le guide touristique au fond de la voiture. Qu’est-ce qu’on fait?

Sans nous arrêter, nous poursuivons vers Wroclaw. On verra bien. Une centaine de kilomètres plus loin, nous remarquons des troncs d’arbres coupés entassés le long de la route, très peu de maisons à l’extérieur des petits villages qui semblent aussi pauvres que Jelenia Gora avec leurs rues en terre.

Nous sommes toutefois frappés par la beauté du paysage vallonné, par les grosses églises catholiques, nombreuses et bien entretenues. Les vastes collines regorgent de céréales prêtes à la récolte. Partout, on voit cette poussière qui accompagne les machineries agricoles au travail dans les champs.

Wroclaw

Nous arrivons à Wroclaw, ville de 600 000 habitants, et demandons conseil à Germaine, notre GPS, compagne essentielle de voyage. Elle nous suggère quelques hôtels en centre-ville. Les cinq premiers hôtels visités, dont le Sofitel, proposent des prix new-yorkais. Pourtant, le coût de la vie en Pologne est censé être beaucoup moins élevé qu’en France ou qu’au Canada. Nous arrivons de Prague, une grande capitale touristique et y avions trouvé un hôtel très correct pour 100$ incluant le petit-déjeuner.

Au centre-ville, Pauline descend de la voiture pour chercher une chambre pendant que Raymond tourne dans les rues avec l’auto parce qu’il n’y a pas de place pour stationner au centre-ville. Finalement, le Best Western propose une chambre à 350 zlotys (115$) la nuit, incluant le stationnement et le petit-déjeuner. Elle accepte en disant qu’elle revient dans quelques minutes avec la voiture.

Le stationnement de l’hôtel se trouve à l’arrière, de l’autre côté du bâtiment. Il faut s’y rendre avec l’auto, évidemment. Sens uniques, rues en réparation, pont fermé, tout cela nous fait longer la rivière, traverser, revenir et tourner en rond sans réussir à accéder à l’entrée du stationnement. Germaine n’est pas informée des travaux et en perd toute son utilité. Une heure plus tard, nous y arrivons, un peu par hasard, par surprise.

Raymond entre le premier à l’hôtel et la dame de la réception lui dit qu’il n’y a plus de chambres disponibles; il est découragé. En voyant arriver Pauline derrière, elle se rétracte et confirme que oui, la chambre est réservée pour nous. C’était la dernière; elle était sur le point de la donner à quelqu’un d’autre. Ouf! Nous sommes arrivés à temps.

Petite douche, apéro, quelques cacahuètes – nous avons dans le coffre d’Oukiroul, notre petite glacière transportable, très utile. Nous partons ensuite découvrir la ville.

En sortant de l’hôtel, on se retrouve dans le centre-ville historique, appelé ici «rynek». C’est une très grande place entourée de maisons de trois ou quatre étages accolées les unes aux autres. Les façades colorées sont surmontées de frontons magnifiques. Au rez-de-chaussée, sont installés restos et terrasses. Ça ressemble un peu à la grand-place qu’on voit dans les villes de Belgique ou de Hollande.

Nous choisissons une terrasse pour notre premier repas en Pologne: bruschetta, tagliatelle carbonara, vin italien, eau San Pellegrino. Eh! bien, on mangera polonais une autre fois.

Au tout début du repas, Raymond demande à Pauline de changer de place avec lui. C’est qu’il se sent très mal à l’aise, inconfortable et incapable de ne pas regarder la jeune fille aux longs cheveux noirs, les yeux maquillés agressivement, les seins pigeonnants, la jupe courte, les grosses lèvres et les talons aiguilles. Elle n’arrête pas de parler en gesticulant, mains, tête et haut du corps. Bienvenue en Pologne!

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