Un gros merci à la famille Desaulniers
Le téléphone sonne, il s’agit d’un interurbain. La sympathique voix d’un interlocuteur s’assure qu’il s’agit bien du bonhomme qui a écrit au sujet d’une sarcelle, dernièrement, dans le journal. Le hasard d’une lecture sur Internet lui a fait rencontrer une sarcelle de pin, sculptée par son père, une quarantaine d’années plus tôt.
Comment se fait-il que des gens de Louiseville lisent «par hasard» le journal hebdomadaire de Saint-Jean-sur-Richelieu? Il y a de ces mystères de la vie!
J’ai donc ainsi trouvé la réponse à ma question du 19 janvier dernier; les lettres B et D sculptées sous cette sarcelle sont celles de Bruno Desaulniers, aujourd’hui âgé de 88 ans. Cinq générations de Desaulniers se sont amusées à créer de petits oiseaux et, quelques fois, de très grands.
Le bois de pin a servi pour les appelants, canards, sarcelles et autres petites bêtes ailées de nos forêts et lacs québécois. Et puisqu’autrefois, les compagnies Hydro-Québec et Bell Canada ne badigeonnaient pas leurs poteaux avec des préservatifs goudronnés contre l’humidité, les membres de cette famille profitaient de ces belles pièces de cèdre pour sculpter des oies et des outardes aux ailes toutes grandes ouvertes.
Le tilleul a également servi à la création de beaux grands volatiles créés afin de servir de modèles dans l’éventualité où une commande de l’un de ces oiseaux tenterait un futur client ornithologue.
Évaluation
C’est ainsi que j’ai appris lors de ce coup de fil que la collection de toutes ces pièces ayant servi de modèles pour la production, les toutes premières créations de cette longue lignée de sculpteurs, avait déjà été évaluée afin d’en connaître la valeur marchande. Il va de soi que cet ensemble, aujourd’hui en vente à un plus large public, intéresse différents musées ou institutions culturelles du Québec.
Le fils de Bruno m’a donc laissé savoir que la sarcelle, dont je n’avais aucune idée de la valeur marchande, pouvait facilement se vendre autour de 300$. C’est qu’ils sont reconnus les oiseaux de la famille Desaulniers!
Malheureusement, et c’est le cas partout à travers le monde, les musées manquent toujours d’espace lorsqu’on leur offre une collection aussi importante, et comme la famille ne peut vraiment pas se résigner à séparer l’ensemble de ces pièces significatives de leur production familiale, il est évident qu’il sera difficile de trouver preneur.
Un écueil
Peut-être devront-ils contacter la CDOCA, c’est-à -dire la Canadian Decoy and Outdoor Collectibles Association, eux qui organisent annuellement une exposition de leurs plus beaux spécimens, des appelants tous plus anciens et plus remarquables les uns que les autres.
Quant à l’idée d’ouvrir un Musée de l’appelant Desaulniers, nous savons tous que le volet financement constitue l’écueil le plus important pour une telle organisation. Et comme au niveau national, par les temps qui courent, tous se concentrent plutôt sur la nécessité de couper dans les dépenses jugées non essentielles, je vous laisse finir les mots de cette phrase…
























