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GUIDE 411

Quatre pays d’Europe en une seule journée

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Vue de la petite ville de Bruneck à partir d’un petit pont enjambant la rivière Rienz.

Sans oublier notre destination polonaise, après la nuit passée à Klausen au nord de l’Italie, nous décidons d’explorer les alentours. Nous prenons la route nationale vers Brixen (Bressanone en italien) et Bruneck (Brunico). Les paysages et les odeurs nous comblent. La vieille ville de Bruneck, 12 000 habitants, dominée par son château médiéval, offre aux très nombreux touristes présents un réseau de ruelles piétonnières et commerciales.

Vite, en une heure, nous avons le temps de nous rendre aux remparts du XIVe siècle, de visiter l’église Santa Ursula qui date elle du XVe siècle et d’admirer le magnifique cadran solaire d’une des portes d’entrée de la vieille ville.

C’est la période des vacances, on le sent, c’est beau, c’est gai comme un Italien. C’est détendu. Un petit café corsé, ristretto comme disent les Italiens, sur la terrasse au soleil et la conversation avec une charmante Brunicensi complètent la visite. Même si on a le goût de rester plus longtemps, nous nous arrachons de ce havre de paix pour reprendre l’autoroute en direction de Prague.

Rapidement, nous passons en Autriche et remarquons les installations de saut à ski qui dominent la ville d’Innsbruck. Nous passons sans nous arrêter dans cette ville de plus de 100 000 habitants et probablement autant sinon plus de touristes. Elle semble avoir poussé en hauteur en bordure de l’autoroute et encastrée dans le fond des montagnes.

Quelque temps après, la vitesse des véhicules nous fait réaliser que nous sommes en Allemagne où il n’y a pas de limite sur l’autoroute. Ça roule facilement à 150 km/h. C’est trop vite pour des Québécois habitués au pas de tortue; on s’en tient à 130 km/h, c’est bien assez vite.

En arrivant en République Tchèque, les paysages vallonnés et les champs de céréales nous rappellent les Basses-Laurentides et les Cantons-de-l’Est. Tout au long de la journée, météo parfaite, quel plaisir! Paysages enchanteurs, quel charme! Mais, un accident est si vite arrivé, quelle peur!
Grosse frousse

Nous roulons sur une autoroute à trois voies. Un routier avec son immense camion, sur la voie de droite, veut gagner quelques places en obliquant vers la voie du centre. Oukiroul se trouve dans la voie du centre, juste à sa gauche. Pauline, qui conduit, veut l’éviter, mais un véhicule est en train de la dépasser dans la troisième voie à sa gauche. Elle ne s’aperçoit pas qu’en avant, c’est le bouchon; à quelques dizaines de mètres, tout le trafic est arrêté.

Le miracle se produit : le camionneur retourne sur la voie de droite. Raymond crie comme un déchaîné, comme un désespéré: « Arrête, arrête! ». Pauline applique vigoureusement les freins et l’accident est évité. Nous demeurons silencieux pendant la durée du bouchon, 10 minutes, ce qui nous permet de ramener les battements du cœur et le souffle près de la normale. Plus de peur que de mal, surtout pour Raymond, et la vie continue.

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Autoroute 22 au nord de l’Italie, tout près de l’Autriche.

Gros malaise

À Prague, une fois l’hôtel trouvé, nous prenons naturellement l’ascenseur pour nous rendre à notre chambre. C’est inscrit quatre personnes, maximum 320 kg. On entre tous les deux et ça fait un peu moins que 200 kg. Un autre homme nous suit et demande s’il y a de la place. Nous répondons évidemment: oui. Mais, tout de suite, en le regardant, nous passons notre index par-dessus notre majeur. Sa tête touche presque le plafond; son cou a la grosseur des cuisses de Raymond; ses épaules vont d’un côté à l’autre de l’ascenseur. À trois, on est tassés, on ne peut plus bouger sans gêner l’autre. Nous dépassons assurément le poids autorisé. Le type, souriant, nous dit en anglais: «Si c’est trop lourd, on va descendre très vite». Il se trouve très drôle. Un peu crispés, nous sourions. Y a-t-il un mécanisme de sécurité en cas de dépassement du poids? On se ferme les yeux et oui, ça monte, mais peut-être pas aussi vite que d’habitude.

Deux fois dans la même journée, c’est énervant de penser que nous avons peut-être frôlé la catastrophe. Enfin, peut-être pas la catastrophe, mais nous avons le sentiment d’avoir passé une journée critique et nous décidons d’aller au bar le plus près pour goûter à notre première bière tchèque.

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