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L’euthanasie et ses différentes étapes

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L'euthanasie est à envisager lorsqu'un animal, au terme de sa vie, est souffrant et sans possibilité de soulagement.

Noël a beau être à nos portes, la maladie, les souffrances et la mort restent d’actualité. J’ai eu à pratiquer quelques euthanasies cette semaine qui m’ont brisé le cœur. Celle d’un beau Golden Retriever d’à peine 8 ans souffrant d’une tumeur maligne, un méningiome, au niveau des vertèbres cervicales.

Sa propriétaire lui avait offert tout le confort possible pour la fin de ses jours, allant de la complexe chimiothérapie aux simples tapis installés partout sur le plancher pour l’aider à marcher en évitant de glisser. Cette dernière dormait même sur le divan au rez-de-chaussée afin d’éviter à Chester de grimper l’escalier pour aller à l’étage rejoindre sa maîtresse. Une triste histoire vous dites, hein?

Et celle du minou de 13 ans, chatte de compagnie de monsieur et madame, qui refuse de manger à cause d’une autre tumeur maligne, cette fois à l’intérieur même de la bouche. La médication n’a ici rien changé à l’évolution fulgurante de la maladie. Madame qui me dit, les yeux dans l’eau, que cette chatte est leur trésor, qu’elle est vraiment toujours là, avec et pour eux. Et encore cette autre chatte atteinte d’insuffisance rénale, cette chatte qui a passé elle aussi 13 années de sa vie à tenir compagnie à une autre femme qui la suivait partout, du poste de travail à l’ordinateur jusqu’à la salle de bain! De belles histoires d’amour qui me sont racontées à la clinique presque tous les jours.

Euthanasie

Lorsque ma mère m’a proposé de vous parler d’euthanasie dans cette chronique, je lui ai répondu que le «timing» n’était pas très bon durant le temps des fêtes. De plus, ce qu’elle souhaitait apprendre concernait la technique comme telle, les étapes d’une euthanasie. Ce sujet lui est venu à l’esprit alors qu’une conversation de tour de table avec mes gentilles et nombreuses tantes les avait amenées à parler de ce sujet. L’une et l’autre avaient des techniques différentes à rapporter; laquelle devait être la bonne, laquelle devait être la meilleure?

Alors, avec d’abord les histoires vécues cette semaine et ensuite, la demande de ma mère, je vais vous détailler ici les étapes médicales menant à la mort d’un animal. Il faut savoir qu’il s’agit ici de ma technique et qu’il y a plusieurs façons de procéder, chaque vétérinaire ayant des préférences personnelles. Je vous recommande ainsi de consulter votre professionnel si vous souhaitez savoir comment ça se passe par chez vous.

Étapes

Il y a pour commencer l’administration ou non d’un tranquillisant. Si l’animal est déjà très détendu ou si vous souhaitez en finir au plus vite, cette étape peut être sautée. En effet, le calmant a besoin d’un bon cinq minutes pour faire effet. Si l’animal est à l’agonie ou très souffrant, on peut passer directement à l’euthanasie.

Cette injection aura souvent pour effet de calmer l’animal, c’est l’objectif, mais aussi de donner quelques minutes au propriétaire pour apprivoiser ce qui se passe et aider au vétérinaire, techniquement, à procéder à l’acte puisque l’animal risque de moins bouger.

Le terme euthanasie est synonyme d’une mort douce et sans souffrance. Il se doit d’en être ainsi puisque c’est ce à quoi vous vous attendez. Par voie intraveineuse, souvent dans la même veine que celle que vous utilisez pour donner du sang, un médicament sera administré en «overdose». Il s’agit d’un barbiturique qui aura pour effet d’arrêter l’activité cérébrale avant d’amener un arrêt cardio-respiratoire. Ainsi, l’animal euthanasié ne va pas manquer d’air, ne va pas paniquer. Il va s’endormir d’abord et mourir ensuite.

Au moment du décès, très rarement les yeux se fermeront. En outre, plusieurs animaux vont uriner ou déféquer, ce qui est tout à fait normal même si cela est parfois un peu gênant pour le propriétaire. Si ce dernier ne rapporte pas le corps pour l’enterrer, l’animal sera placé au congélateur en attendant qu’un responsable du service de crémation le récupère en vue d’une incinération de groupe, à moins qu’une demande particulière ne soit effectuée. Il est en effet possible de demander une incinération privée afin de récupérer les cendres et même d’assister à la crémation comme il est possible de le faire du côté des humains.

L’euthanasie est un beau cadeau à offrir lorsque notre compagnon, au terme de sa vie, est souffrant et sans possibilité de soulagement.

Vous pouvez rejoindre mon équipe de la Clinique vétérinaire Mont-Saint-Grégoire et moi-même par téléphone au 450-347-7070.

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Il y a présentement 3 commentaires pour cet article

  1. je vous remercie vous, les veterinaires consiencieux, car oui c’est exactement comme cela que ma Poupie est partie. Une chienne de 15 ans, ma fidèle compagne yorkshire croisé caniche. Elle est partie tout doucement j’y étais… jusqu’a la fin.

  2. Merci de votre témoignage. Et toutes mes sympathies.

  3. Merci Marie-Claude pour vos articles… Mon témoignage relie deux de vos articles.
    J’ai accompagné mon labrador souffrant de dysplasie de la hanche sévère, âgé de 9 ans 1/2, jusqu’à la fin. Il s’était plaint toute la nuit et je n’avais plus de Metacam. J’ai réalisé que je n’avais pas le droit de l’étirer comme ça. Mon vétérinaire était avec moi jusqu’à la fin et d’un respect…
    Plus récemment le labrador de mon mari, Cash, 9 ans, a été euthanasié à la suite d’une torsion gastrique survenue le soir, un petit peu moins de 2 heures après souper. Cash était un chien anxieux, nerveux, très vif, qu’on se faisait un devoir de garder à son poids santé. Il mangeait 2 fois par jour. Plus tôt dans l’année, en octobre, on lui avait diagnostiqué un souffle au coeur et de l’arythmie mais rien qui obligeait à médicamenter. On ne forcait plus sur l’exercice depuis quelques années, vu son âge, mais on le faisait marcher tous les jours pour le garder en forme. 1 ou 2 fois par semaine on l’amenait au champ et on le laissait aller à sa guise. C’est ce qui est arrivé le 23 décembre dernier. Mon mari l’a amené en camion et l’a laissé gambader 20 minutes et l’a ramené, à la maison, dans son camion. À peine 10 minutes après être à la maison, la torsion gastrique est apparue et j’ai immédiatement su que c’était ça. Le chien avait tous les symptômes. On s’est rendu d’urgence chez notre vétérinaire mais à cause de son arythmie cardiaque, on nous a dit que l’opérer était très risqué. On pouvait le faire, c’était cher, on s’en foutait, mais rien ne garantissait que notre chien serait sauvé… Nous avons dû prendre une décision rationnelle mais c’était dur…
    Mon mari le pleure encore. Il se sent tellement coupable de l’avoir amené au champ ce soir là. Notre vétérinaire nous a accompagné une fois de plus jusqu’à la fin. Nous avons même eu une petite salle juste pour nous et il nous a laissé le temps qu’il faut avec notre animal une fois l’euthanasie terminée. Votre article de cette semaine a ravivé notre plaie mais il importe d’aviser les autres propriétaires parce qu’on est jamais préparé à une torsion gastrique et nous, on sait maintenant que ça arrive comme ça, sans préavis.