Adapter les soins de santé au vieillissement
On sent depuis plusieurs années déjà que le vieillissement de la population cause un certain nombre d’inquiétudes à bien des niveaux. Il est vrai qu’un changement aussi important dans la structure de la population ne peut faire autrement que de nécessiter un remaniement dans l’utilisation des ressources.
Un nouveau rapport sur l’impact du vieillissement sur le système de santé est sorti cette semaine, afin de proposer des pistes de solution destinées à adapter ce système à la nouvelle réalité.
L’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS), dans son rapport Les soins de santé au Canada 2011, dépeint une vision assez modérée de l’impact du vieillissement sur les coûts liés au système de santé. Durant la période à l’étude, c’est-à -dire de 1998 à 2008, l’impact du vieillissement sur l’augmentation des dépenses publiques liées aux hôpitaux, aux médecins et aux médicaments aurait été «stable et modeste», tandis qu’il se serait davantage fait sentir au niveau des soins de longue durée.
Toutefois, le rapport démontre bien que, toutes proportions gardées, les personnes âgées séjournent plus régulièrement et plus longtemps que les plus jeunes à l’hôpital, et que ces hospitalisations résultent souvent de conditions qui pourraient être traitées à l’extérieur du milieu hospitalier. Ainsi, il y a lieu de penser qu’une restructuration de l’accès aux soins pourrait permettre une meilleure allocation des ressources.
Selon le rapport de l’ICIS, le vieillissement de la population ne constituerait pas une menace à la viabilité du système de santé canadien. Toutefois, il est bien évident que des modifications doivent être faites de manière à pouvoir continuer de donner les soins correctement à tous ceux qui en ont besoin, peu importe leur âge.
Soins intégrés
Ainsi, l’une des pistes proposées par l’ICIS pour améliorer le portrait de la dispensation des soins aux aînés est l’amélioration de l’intégration des soins. Notre système actuel est conçu surtout pour prendre en charge des «épisodes» durant lesquels les patients ont besoin de soins.
Or, avec la prévalence élevée des maladies chroniques chez les aînés, il faudrait trouver des solutions pour qu’il y ait un suivi plus adéquat d’un épisode à l’autre, et d’un lieu de consultation à l’autre. Bref, il faudrait cesser d’entrevoir les soins à court terme et plutôt les envisager de façon plus globale et continue.
Cette façon de voir les soins de santé aurait certainement un impact important sur l’efficacité des interventions et, ultimement, sur la réduction de la facture. Des exemples de projets menés à l’étranger permettent de constater, par exemple, que des soins intégrés réduisent de façon significative le nombre et la durée des hospitalisations.
Le rapport de l’ICIS mentionne aussi la pertinence d’insister davantage sur la prévention en matière de santé. En favorisant l’adoption de bonnes habitudes de vie, on se trouve à travailler en amont pour prévenir l’apparition des maladies qui coûtent cher au réseau.
Notre système de santé est une immense machine. Effectuer des changements dans une organisation aussi complexe est certainement un défi de taille. Le vieillissement qui s’accélère sera sans doute l’occasion pour les décideurs de revoir les mécanismes de dispensation et d’accès aux soins pour faire un peu plus – ou surtout un peu mieux – avec chaque dollar investi en santé.
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